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Bioéthique

La bioéthique est une partie de l'éthique. En tant que telle, elle est une recherche de normes morales applicables à  la recherche biologique et à  tout ce qui concerne les manipulations techniques du vivant.

Le terme « éthique ,» provient de êthos qui signifie en grec « manière d'être Â».

Sommaire
1 La bioéthique et les biotechnologies
2 Bioéthique et Nature
3 Voir aussi
4 Liens externes

La bioéthique et les biotechnologies

La bioéthique est devenue un sujet d'actualité, suite aux manipulations génétiques effectuées sur les plantes alimentaires, au clonage et à  l'utilisation d'embryonss humains.

Les domaines couverts par la bioéthique sont par exemple :

Techniques de procréation assistées

La procréation médicale assistée a été le premier domaine d'application de la bioéthique, avec la crainte de dérives eugénistes. Ainsi, en France, le Comité consultatif d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a été crée après la pemière naissance par fivette en 1982. Les principales questions qui se posent sont:

Certain groupes de pressions anti-avortement veulent y adjoindre la question du diagnostic prénatal. Ils font remarquer que la découverte d'une anomalie grave, comme par exemple la trisomie 21, conduit le plus souvent à  une interruption volontaire de grossesse.

Génie génétique

Si la transgénèse pose le problème de la bioéthique, les réactions les plus fréquentes face au génie génétique sont largement fonction de l'objectif final, plus que de l'organisme concerné, tout du moins lorsque cet organisme n'est pas d'origine humaine.

Ainsi, le génie génétique ayant des buts médicaux et pharmaceutiques (fabrication de vaccins, thérapie génique, diagnostic prénatal) est-il mieux perçu que les manipulations ayant des buts alimentaires ou ludiques (OGM, clonage d'animaux familiers) qui soulèvent beaucoup plus de problèmes.

Le développement de la génétique est si rapide que la plupart des mutations à  l'origine d'affections monogéniques sont connues, et il est probable qu'on connaîtra rapidement un très grand nombre de gènes de prédisposition à  d'autres maladies. Il faut donc s'attendre a l'apparition de tests de prédisposition génétiques pour un nombre de plus en plus grands de maladies. Si ces tests sont des alliés précieux en matière de santé publique et de préventions des risques, il font craindre l'apparition de discriminations, par exemple pour l'accès à  l'assurance ou au marché du travail. Le film d'anticipation Bienvenue à  Gattaca illustre les méfaits d'une telle dérive sociale.

Les manipulations humaines (profil génétique, clonage reproductif, amélioration) sont de plus en plus débattues par la communauté scientifique.

Dons d'organes

Face au progrès de la transplantation, le législateur a du définir comment la pénurie d'organes doit être géré. Une autre problématique importante est le dons d'organe entre donneurs vivants.

Le dons de cellules souches et le clonage thérapeutique sont également sujets à  controverse.

Brevetage du vivant

Le problème du brevetage du vivant consiste à  savoir si une séquence de gène est brevetable et si les applications de sa découverte, médicaments, tests, etc, le sont également. C'est un enjeux de première importance pour les entreprises qui ont dépensé des milliards dans le décodage du génà´me humain, mais également pour les éventuels progrès de la connaissance induits par la découverte de ces gènes.

En outre, la question des brevets de médicaments pose le problème de l'accès au soin pour les plus pauvres.

Une législation mal adaptée pourrait conduire à  la biopiraterie.

Biothechnologies et législation

Les attitudes face au débat de la bioéthique sont très variées : certains n'y percevant pas le moindre enjeu moral, dèslors que la sécurité de l'espèce humaine est assurée ; d'autres percevant les évolutions actuelles comme une ultime transgression vis-à -vis de la nature humaine.

Sur le plan politique, il s'agit d'arbitrer et de contrà´ler la recherche sur le vivant et l'exploitation commerciales de ses résultats. Le but de ce contrà´le est de s'assurer que les pratiques induites par ces avancées technologiques resteront moralement acceptable par la société.

En pratique il est très difficile de restreindre la recherche par la loi: rien n'empêche une équipe à  s'installer dans un pays plus permissif. Le risque pour les pays prohibitionniste étant de perdre des compétences dans des technologies intéressant leur avenir. C'est un argument mis en avant par les partisans des OGM qui agitent le spectre d'un retard technologique de l'Europe dans ce domaine. Ce risque est d'autant plus grand que le jeu des brevets peut verrouiller des pans entiers de la recherche.

Bioéthique et Nature

La bioéthique pose également la question de la relation de l'homme avec la nature, et de la maîtrise croissante de l'homme sur son environnement.

Des ouvrages tels que la Bible ou le Coran ne fixent pas de limites morales quant au comportement que l'homme devrait adopter face aux autres espèces.

Gn 2:15- Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder.

Aujourd'hui, l'homme aurait acquis le pouvoir technique de créer du nouveau dans la nature et dans l'espèce humaine. Ce pouvoir direct des individus sur le génome, pour satisfaire leurs intérêts, est un mécanisme entèrement nouveau dans l'évolution de la vie telle que nous la connaissons (Théories de l'évolution).La question se pose des bénéfices et des risques impliqués.

Il est difficile de définir les règles morales reliant l'homme et les autres espèces vivantes. Certaines personnes perçoivent la vivisection comme moralement inacceptable. Mais d'autres activités (xénogreffes) sont encore peu évoquées.

De nombreuses personnes, redoutent une appropriation de la nature par l'homme et réclament la (re)définition des règles morales actuelles.

La vision la plus traditionnaliste demeure assez anthropocentriste et pose comme exigence la minimisation de l'impact de l'homme sur son environnement, de façon à  pouvoir le conserver intact et propre à  la vie humaine. Cette vue est celle couramment suivie en France.

Une vision différente cherche à  replacer l'homme au sein de la biosphère. Elle repose sur le concept d'écologie profonde et soutient que l'homme n'a pas plus de droits que les autres espèces vivantes et doit respecter la nature, fut-ce à  ses dépents. Il est à  noter cependant, que les activités du vivant contribuent à  modifier son environnement, comme l'ont fait par exemple, les premières plantes qui ont colonisé la planète, en modifiant la composition de l'atmosphère terrestre par leurs rejets d'oxygène et de dioxyde de carbone.

La science en elle-même n'a pas pour tà¢che de définir les valeurs humaines. Elle doit donc être confrontée aux autres sciences, et l'homme doit aborder la question du sens et des conséquences des progrès scientifiques. La bioéthique est la recherche des réponses à  ces questions ; en cherchant à  définir les frontières du possible et du légitime, elle demeure dans la tradition des réflexions éthiques de notre passé.

Voir aussi

James Lovelock
biotechnologies
OGM
médecine prédictive
relation médecin-patient
séquençage du génà´me humain

Liens externes

Le secrétariat d'État à  la Santé et à  l'Action sociale
http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/bioethiq/

Le dossier " Lois de bioéthique " de l'Assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/dossiers/bioethique.asp

Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé
http://www.ccne-ethique.org

L'Académie de médecine
http://ww.academie-medecine.fr/actualites/avis.asp