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Croisade

       

Les croisades furent des campagnes militaires prêchées par le Pape, qui se sont déroulées pendant les XIe, XIIe, et XIIIe siècles. Elles trouvèrent leur origine dans la volonté des catholiques de reprendre Jérusalem aux musulmans, mais elles furent également une des manifestations de l'expansion de l'Europe occidentale. Plus tard des croisades furent lancées contre les autres nations paà¯ennes de l'Europe, telle que la Lituanie, et contre les hérétiques (les croisades contre les Hussites, 1418-1437). La Reconquista est formellement une croisade.

Sommaire
1 Le contexte historique
2 Réputation et évaluation
3 La première croisade
4 La deuxième croisade
5 La troisième croisade
6 La quatrième croisade
7 La croisade des Albigeois
8 La croisade des enfants
9 La cinquième croisade
10 La sixième croisade
11 La septième croisade
12 La huitième croisade
13 La neuvième croisade
14 Voir aussi

Le contexte historique

La conquête de la Palestine par les musulmans n'affecta pas beaucoup le pèlerinage vers les lieux saints chrétiens, tels que Jérusalem, Bethléem, et Nazareth. Cependant, en 1009 le calife fatimide du Caire, Hakim, fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à  l'empire byzantin de le rebà¢tir, et le pèlerinage fut à  nouveau autorisé.

La défaite décisive de l'empire byzantin face aux Seldjoukides lors de la bataille de Manzikert en 1071 conduisit les Byzantins à  demander l'aide de l'Occident.

Réputation et évaluation

En Europe occidentale, les croisades ont été considérées traditionnellement comme des efforts héroà¯ques, mais tous les historiens ne sont pas d'accord sur cette vision des choses. Dans le monde musulman, les croisades sont considérées comme des attaques cruelles et sauvages des chrétiens contre l'Islam. Actuellement, certains discours des intégristes islamiques utilisent le mot croisade dans ce contexte-ci quant aux actions de l'Ouest contre eux. L'orthodoxie voit aussi les croisades comme des attaques par l'Ouest, à  cause du sac de Constantinople durant la quatrième croisade en 1204.

Il y a une concordance intéressante entre les termes croisade et jihad. à€ l'Ouest le terme croisade a des connotations positives (par exemple un politique pourrait utiliser la formule croisade contre les drogues) alors que le terme jihad a des connotations négatives, associé à  une guerre sainte fanatique. Dans le monde musulman le terme jihad a des connotations positives qui incluent un sens de lutte personnelle et spirituelle, alors que le terme croisade a les connotations négatives décrites ci-dessus. Donc, pour traduire correctement les nuances de sens, l'emploi de jihad en langue arabe devrait être traduit en français par croisade, alors que le terme arabe pour croisade devrait être traduit par jihad en français.

En réalité beaucoup des actions des croisés furent moins que héroà¯ques. Ils commirent des atrocités non seulement contre les musulmans mais aussi contre les juifs et les chrétiens. Par exemple la quatrième croisade n'arriva jamais jusqu'à  la Palestine, mais au lieu de cela elle mit à  sac Constantinople, la capitale de l'empire byzantin chrétien. Beaucoup de reliques et d'objets volés à  Constantinople sont encore au Vatican, à  Venise, et ailleurs. Cette croisade-ci aggrava les rancunes entre l'orthodoxisme et le catholicisme. L'empire byzantin recouvrit finalement Constantinople en 1261, mais sa puissance ne fut pas retrouvée, et l'empire fut vaincu par l'empire ottoman en 1453.

La première croisade

En 1095, l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène demanda à  l'Occident de l'aider à  défendre son empire contre les Seljuks. Cette demande rejoignait les préoccupations du pape Urbain II (pontificat de 1088 à  1099) qui au cours d'un prêche public le 27 novembre 1095, dixième jour du Concile de Clermont, appela aux armes toute la chrétienté, un appel à  la défense de la foi menacée par la nouvelle invasion muslmane et la prise de possession de l'Asie mineure par les Turcs : de Nicée dont l'Islam avait pris le contrà´le 14 ans plus tà´t, on pouvait à  tout instant surprendre Constantinople. Le cri de « Dieu le veut ! » (« Dieu li volt ! ») devint le cri de ralliement général et le pape demanda aux soldats de se marquer du signe de la croix. Cette guerre serait considérée comme pénitence pour les croisés, une indulgence plénière. Les croisés marchèrent vers Jérusalem, en mettant à  sac plusieurs villes chrétiennes sur la route. En 1099, ils s'emparèrent de Jérusalem, et tous les habitants encore dans la ville furent massacrés. à€ la suite de la première croisade, plusieurs petits états furent créés, notamment le Royaume de Jérusalem.

La croisade de 1101

Une croisade mineure fut envoyée en 1101 pour défendre le nouveau Royaume de Jérusalem. Les croisés furent décimés en cours de route.

La deuxième croisade

Après une période de paix avec les musulmans, Bernard de Clairvaux lança une nouvelle croisade quand la ville d'Edesse fut capturée par les Turcs. Les armées françaises et allemandes marchèrent sur l'Asie Mineure en 1147, mais elles échouèrent à  vaincre les Turcs. En 1149, les chefs des deux armées retournèrent chez eux sans succès en Asie.

La troisième croisade

En 1187, Saladin reprit Jérusalem. Le pape Grégoire VIII lança une autre croisade, qui fut menée par plusieurs des chefs les plus importants d'Europe : Richard CÅ“ur-de-Lion, Philippe Auguste et Frédéric Ier Barberousse, empereur romain germanique. Frédéric se noya dans les eaux du Sélef (Asie Mineure) en 1190, laissant une alliance instable entre les Anglais et les Français. Philippe retourna chez lui en 1191 après que les croisés eurent repris Acre aux musulmans, tandis que Richard partit l'année suivante après avoir signé un traité avec Saladin.

La quatrième croisade

La quatrième croisade fut appelée par le pape Innocent III en 1202, mais elle est détournée par les Vénitiens qui la financent et qui la dirigent contre l'empire byzantin orthodoxe, afin d'accroître leur possessions dans le secteur. Profitant des troubles internes de l'empire, les croisés s'allièrent avec Alexis IV, le fils de l'empereur byzantin déposé Isaac II, pour mettre en place un état fantoche, l'empire latin de Constantinople. La croisade se conclut avec le sac de Constantinople en 1204.

L'esprit originel des croisades était désormais mort, et les croisades successives peuvent être considérées comme la volonté du Pape de dominer le pouvoir séculier en détournant sa puissance militaire vers la Palestine et la Syrie.

La croisade des Albigeois

La croisade des Albigeois fut lancée en 1209 pour l'élimination des Cathares, hérétiques du sud de la France.

La croisade des enfants

Un enthousiasme renouvelé pour une vraie croisade conduisit à  la croisade des enfants en 1212, qui fut interprétée par le pape Innocent III comme un reproche contre les adultes d'Europe. Aucun des enfants n'arriva en Syrie ; ils furent vendus comme esclaves ou bien moururent de faim pendant le voyage.

La cinquième croisade

Le pape Innocent III prêcha une autre croisade au quatrième concile de Latran en 1215. Les armées de la Hongrie, de l'Autriche, et de la Bavière prirent Damiette à  l'Égypte en 1219, mais le légat du pape Pelagius les persuada d'attaquer le Caire, tandis qu'une inondation du Nil les força à  capituler devant les Égyptiens.

La sixième croisade

En 1228, l'empereur romain germanique Frédéric II, bien qu'opposé au pape - il fut excommunié en 1227 et 1239 - embarqua à  Brindisi pour la Syrie. Fin diplomate, il gagna Jérusalem (dont il se fit proclamer roi), Nazareth, et Bethléem. Il sera démis par le pape Innocent IV au concile de Lyon.

La septième croisade

Les Templiers attaquèrent l'Égypte en 1243, et en 1244 les Korasmiens reprirent Jérusalem.

Louis IX de France fit une croisade sans succès contre Chypre, l'Égypte, et la Syrie en 1248-1254. Il partit d'Aigues-Mortes en France.

La huitième croisade

La huitième croisade fut menée aussi par Louis IX, contre Tunis en 1270  il s'embarqua également à  Aigues-Mortes. Louis IX mourut au cours de cette croisade.

La neuvième croisade

Édouard Ier d'Angleterre entreprit une autre croisade en 1271, mais il ne rencontra pas le succès et retourna chez lui l'année suivante. Avec la chute de la Principauté d'Antioche (1268), du Comté de Tripoli (1289), et d'Acre (1291), l'occupation chrétienne en Syrie prit fin.

Voir aussi