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Dieu

                 

Sommaire
1 Introduction
2 Définition
3 du Dieu des monothéismes
4 Citations le concernant
5 Voir aussi

Introduction

Dieu est un mot hérité du latin deus, lui même issu d'une racine indo-européenne Dyeus Pitar, « Père Ciel brillant ».

  1. Parmi les religions monothéistes les trois religions dites du Livre, désignent par le terme Dieu un être supérieur immatériel et doué de la perfection absolue.
  2. Les religions polythéistes vénèrent des dieux, dont les rà´les dans l'univers sont variables selon les croyances.
  3. En philosophie, Dieu est l'àŠtre par excellence ; on parle aussi en métaphysique de cause première. Il reçoit traditionnellement les attributs suivants : pour l'existence : infinité, immuabilité et perfection ; pour la volonté et l'entendement : toute-puissance, omniscience, sagesse, justice et bonté.
  4. Les agnostiques n'entretiennent aucune certitude à  ce sujet.
  5. Les athées estiment que l'existence des dieux ou de Dieu relève d'une invention humaine à  but social sans fondement réel.

Définition

Les deux conceptions énoncées ci-dessous sont d'auteurs modernes de confession religieuse différentes mais relevant du
monothéisme. On notera leurs convergences. Pour le concept « Dieu » dans les religions polythéistes, on consultera l'article Dieux ou Noms de Dieu.

Définition de John Hick

John Hick, God Has Many Names, Birmingham University Press, 1988, p. 102, traduction Mulot
Au premier cercle, nous rencontrons un problème de terminologie auquel aucune solution satisfaisante ne peut être proposée. Comment devons-nous nommer cette réalité transcendante à  laquelle nous supposons que la religion constitue la réponse humaine ? On peut pencher initialement pour le rejet de « Dieu », parce que trop théiste - si l'on retient que l'éventail des religions inclut les plus grandes traditions non-théistes comme les théistes - et considérer des alternatives telles que « Le Transcendant », « Le Divin », « Le Dharma », « l'Absolu », « Le Tao », « L'Etre en soi-même », « Brahman », « L'ultime réalité divine ».

Le fait est que nous ne disposons pas d'un terme parfaitement libre vis à  vis d'une quelconque tradition ou susceptible de les transcender. C'est pourquoi on en vient à  utiliser le terme fourni par l'une de ces traditions, toutefois l'utilisant (ou ayant conscience de mal l'utiliser) d'une façon qui force ses frontières. Comme chrétien, je serais assez d'accord pour utiliser « Dieu » mais je ne l'utiliserais pas dans son sens absolument théiste. C'est donc un danger pour l'auteur comme pour le lecteur de passer sans l'avoir remarqué et de régresser au sens strict et standard de ce terme ; tous deux doivent demeurer vigilants contre cela. Je parlerai donc de Dieu dans ce qui suit, avec cette restriction importante que c'est une question ouverte de savoir à  ce moment du propos, si Dieu est personnel. Nous serons conduits, je le présume, à  distinguer Dieu de « Dieu comme il est conçu et perçu par les hommes ». Dieu n'est ni une personne ni un objet mais la réalité transcendante telle qu'elle est conçue et expérimentée par diverses mentalités humaines, notamment soit de façon personnelle, soit de façon non-personnelle.
La conception générale de cette distinction, d'une part, la Déité dans toute sa profondeur infinie, au delà  de la conscience et de l'expérience humaine et d'autre part, la Déité comme une expérience finie dans l'expérience humaine, est ancienne et très répandue. Peut-être la forme la plus explicite de cette distinction est celle entre Nirguna Brahman, Brahman sans attributs, au delà  du champ de langage humain et Saguna Brahman, avec des attributs, connus dans l'expérience religieuse humaine comme Ishvara, le créateur personnel et prince de l'univers. Chez le mystique occidental Maître Eckhart () est distinguée la Déité (Deitas) et Dieu (Deus) ; et Rudolf Otto, dans son étude « Eckhart et Shankara » dit : « Ici même se rencontre la plus extraordinaire analogie entre Eckhart et Shankara : loin au dessus de Dieu et du Seigneur personnel se trouve la Déité, entretenant une relation identique à  celle que tient Brahman envers Ishvara ». Les Écritures Taoà¯stes, Tao Te Ching, commencent par affirmer que « Le Tao qu'on peut exprimer n'est pas le Tao éternel ». Les mystiques de la Kabbale juive distinguent entre En Soph, l'absolue divine réalité, au delà  de toute description humaine et le Dieu de la Bible ; chez les Soufis, Al Hacq, le Réel semble être un concept similaire, comme l'abyssale Déité soutenant la personnalité d'Allah. Plus récemment, Paul Tillich a parlé du « Dieu au delà  du Dieu du théisme » et dit que "Dieu est le symbole de Dieu ». Whitehead et les théologiens du Process qui l'ont suivi distinguent entre la nature primordiale et la nature conséquente de Dieu, la première étant la nature de Dieu soi-même, l'autre étant constituée de son inclusion dans le monde et la réponse du monde.

Définition de Marc-Alain Ouaknine

Marc-Alain Ouaknine, Dieu et l'art de pêcher à  la ligne, Bayard, 2002, p. 12
« Dieu en cent pages. Voilà , j'ai accepté le défi. Mon premier mouvement est d'offrir à  l'éditeur cent pages vides. Non par jeu mais par respect. La seule chose qu'on puisse vraiment dire sur Dieu, c'est rien. Ne rien dire ! Théologie négative radicale.
Ne rien dire mais le dire bien!
Je renonce à  cette possibilité. Non parce que cela aurait pu être interprété comme une facilité, mais parce que l'idée n'est pas originale. Je retrouve un livre sur les rayons de ma bibliothèque : "tout ce que les hommes savent sur les femmes". 200 pages blanches !
Lucide ! »

du Dieu des monothéismes

« Or il y a un danger d'idolà¢trie dans tout théisme. Tout théisme qui s'exprime est une idolà¢trie, car l'expression le signifie et, par là , le fige ; sauf si, d'une certaine façon, son discours se nie lui-même et devient donc athée. Autrement dit, les paradoxes du langage et de ses significations sont tels que le seul discours sur Dieu qui ne soit pas idolà¢tre ne peut être qu'un discours athée. Ou encore, que dans tout discours, le seul Dieu qui ne soit pas une idole est un Dieu qui ne soit pas un Dieu. » (Henri Atlan, Niveaux de signification et athéisme de l'écriture, La Bible au présent, Idées/Gallimard, 1982).
On en vient donc à  ne pas le représenter, même par respect, au moyen d'un objet, d'un symbole ou d'une idée revient à  nier toute connaissance possible de Dieu. Cela ne nie peut-être pas l'expérience mystique, l'extase, etc.

Il n'est pas inutile de se demander s'il y a une notion de « Dieu » véritablement commune aux « monothéismes ». Au delà  des élans Å“cuméniques et du rêve de la philosophia perennis, demeurent des différences irréconciliables. Y-a-t'il quelque chose de commun, par exemple, entre Celui qu'on nomme à  tout bout de phrase, au besoin pour en faire la marque du futur dans le langage parlé et Celui dont on repousse sans cesse dans le sacré les périphrases qui le désigne ? D'ailleurs, Thomas d'Aquin ne disait-il pas De Deo nihil scimus ?

On peut également se demander quel sens aurait cette question avant les débats unitariens du XVIe siècle européen o๠le mot monothéisme apparaît dans son acception moderne et qui naît d'une manÅ“uvre théologique pour isoler radicalement les judaà¯sme, christianisme et islam du reste de l'Humanité « idà´latre », « polythéiste », bref, paà¯enne qui, dépourvue de toute vérité primordiale, peut être objet de colonisation voire d'évangélisation.

On peut penser du mot Dieu ce que Claude Lévi-Strauss disait de mana : Dieu ne serait ni une catégorie ontologique ni un substantif ; il s'agirait d'une catégorie linguistique qui a une fonction sémantique. Sa valeur symbolique de zéro pourrait recevoir divers sens et rendre possible des concepts comme Allah, YHWH Elohim, Dieu, Ahura Mazda, etc.

De ce que l'on s'entend à  mettre sous le symbole algébrique de Dieu dépend forcément dieu: les dieux sont toujours des non-Dieu. Si tel est le cas, il y a autant de listes possibles de non-dieu selon lesquelles le « dieu de l'autre est toujours un faux dieu » que de version de Dieu.

Inutile de souligner aussi que la valeur de vérité de chacune de ces listes n'intéresse que le théologien et ses préjugés mais non l'étude scientifique de la religion. Chacun peut dire — en mimant ou non le langage neutre de la science — que Jésus ou Simon le Magicien est ou n'est pas Dieu ; les deux énoncés n'en demeurent pas moins d'ordre théologique, i.e. non scientifique. Deux options arbitraires, en quelque sorte, car indécidables

Citations le concernant

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes