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Exégèse

L'exégèse (exégesis en grec : « mener hors de ») est une étude approfondie et critique de n'importe quel texte, particulièrement d'une écriture sainte, tel la Bible, l' Ancien et le Nouveau Testament, le Talmud, le Midrash, le Coran, etc. Un exégète est une personne qualifiée pour ce type de travail.

L'exégèse signifie pour entrer dans le sens, l'herméneutique d'un texte donné. Il s'oppose à  l'eisegèse, qui signifie lire pour sa propre interprétation un texte donné. En général, l'exégèse suppose une tentative de regarder le texte de façon objective, alors que l'eiségèse consiste en une lecture plus subjective.

Les exégèses les plus connues sont celles des livres chrétiens, juifs et musulmans. Bien entendu, des analyses sont pratiquées sur les livres d'autres religions .

Sommaire
1 Christianisme
2 Judaà¯sme
3 Islam
4 Les diverses phases de l'éxégèse
5 Voir aussi
6 Lire aussi
7 Coran

Christianisme

Dans le christianisme, l'exégèse traditionnelle se retrouve dans la patristique et fonctionne selon la méthode scolastique. Voir Revue Thomiste.

catholicisme

Parmi les centres catholiques de l'exégèse biblique le plus remarquable est probablement l'École Biblique et Archéologique de Jérusalem fondée autour de 1873 avec Marie-Joseph Lagrange o.p. avec beaucoup de difficultés menant à  la crise moderniste. Il dut alors arrêter ses activités autour du Nouveau Testament et se cantonner à  l'Ancien. Cette activité reprendra après Vatican II - et le Collegium Biblicum de Rome qui fonctionne d'une manière plus canonique.

Protestantisme

Depuis plus de 100 ans, l'exègèse naît dans les universités allemandes telles queTà¼bingen et aux États-Unis, dans les Divinity School (Chicago, Harvard et Yale sont devenues célèbres). De nos jours, beaucoup d'universités laà¯ques telles que l'EPHESS (École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales, France) sont impliquées dans l'exégèse biblique, l'histoire de la constitution de la Septante ou de la Bible hébraà¯que. De même les Universités de Genève et Lausanne ont acquis une notoriété certaine.

Judaà¯sme

Exégèse traditionnelle

Des formes juives traditionnelles d'exégèse se trouvent dans la littérature du Midrash. Des commentateurs rabbiniques, sont connus comme meforshim (commentateurs en hébreu).

Le Midrash expose l'exégèse traditionnelle du Pentateuque ; les paragraphes liés à  la loi, sont également objet d'analyse. La Halakah est un exégèse de la loi écrite. La Haggadah est une exégèse des parties du Pentateuque non liée à  la loi, tenant au récit.

Le Mikra est l'étude exégétique des prophètes et de l'hagiographies. La Masorah se rapproche de la critique textuelle quoique s'intéressant exclusivement à  la syntaxe et à  la quelité de la copie. Le Talmud, commentaire par excellence, d'études exégétiques et un recueil de jurisprudence traditionnels. Il fait également l'objet d'études et d'analyses.

Exégèse historico-critique

L'exégèse juive ne s'arrête pas avec la rédaction du Talmud, mais continue pendant le Moyen-à‚ge et la Renaissance.

Lire

Concernant le
Talmud Voir aussi :

Islam

Exégèse traditionnelle

Voir aussi :

Exégèse historico-critque

Elle débute à  peine, malgré de nombreuses années d'études dites
orientalistes.

En ce qui concerne l'étude historico-critique du Coran, le meilleures recherches sont essentiellement faites par des non-musulmans pour la bonne raison qu'ils n'encourrent pas de sanction. Toutefois, après avoir montré les emprunts du Coran au Roman d'Alexandre, Youssef Seddik affirme que toutes les hadiths sont apocryphes.

Toutefois, si le Dr. Gerd Puin parvient à  étudier les microfilms du Manuscrit de Sanaa (une version du Coran plus ancienne que le texte actuel) à  Sarrebruck, un autre chercheur allemand publie sous pseudonyme le résultat de ses recherches pour assurer sa sécurité physique : Christoph Luxenberg, qui vient de publier Die Syro- Aramà¤ische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlà¼sselung der Koransprache, disponible, actuellement, exclusivement en allemand (recension en anglais dans Hugoye: Journal of Syriac Studies ).

Les diverses phases de l'éxégèse

Critique textuelle

La critique textuelle est une branche de la philologie qui examine les copies existantes des manuscrits d'une œuvre littéraire antique ou médiéval pour produire un texte qui est aussi étroitement que possible proche de l'original. L'original s'appelle l'autographe. Elle nécessite des compétences affirmées en langues anciennes et en paléographie et en épigraphie.

Avant l'invention de l'imprimerie, les œuvres littéraires étaient copiées à  la main. à€ chaque recopie d'un manuscrit est copié, des erreurs étaient introduites par le scribe humain. La difficulté dans la critique textuelle vient de la difficulté à  distinguer pour chaque leçon la variante de l'originale voire de la fautive.

La tà¢che du critique textuel consiste donc à  répertorier les variantes et à  établir un texte critique tel qu'il représente l'original en expliquant au mieux l'état de tous les témoins existants.

Critique textuelle du Nouveau Testament

Pour des raisons de cohérence inter-wiki, la méthodologie de critique textuelle est décrite dans un article à  part. Le Nouveau Testament s'est transmis en de nombreux manuscrits (environ 5.000 grecs et 10.000 latins), plus que n'importe quel autre œuvre antique. Le nombre énorme de témoins présente des difficultés uniques, principalement en rendant la stemmatique impraticable quoique l'informatique commence d'offrir des solutions. En conséquence, les critiques textuels du Nouveau Testament ont adopté l'éclectisme après avoir recollé des témoins dans trois groupes principaux, les texte-types.

Après Westcott et Hort, les critiques textuels du Nouveau Testament ont conclu que le texte-type Byzantin est tardif, basé sur l'Alexandrin et les textes-types occidentaux. Parmi les autres types, l'Alexandrin est considéré plus pur que l'Occidental. Ainsi la pratique de la critique textuelle du nouveau testament doit suivre la lecture des textes alexandrins à  moins que ceux de l'Occidental soient nettement supérieures. Cependant, les témoins les plus anciens du Nouveau Testament sont des copies écrites 200 ans après l'original.

Critique de sources

En fonction des motifs du récit, la critique de sources détermine les emprunts divers à  des littératures voisines. Elle détermine le milieu de production du texte qui est souvent celui du ou des auteurs.

Critique de forme (Formgeschiscte)

La critique de forme est un Untermethode des critiques méthode de l'exégèse de Bible. La critique de forme examine le texte biblique en regard de sa catégorie de texte.

Par exemple, pour un texte à  contenu historique mettant en jeu deux peuples, elle regarde ce que disent les chroniques des autres peuples concernant le même évènement. Par exemple, le massacre des innocents est rapporté par l'un des synoptiques mais pas documenté dans les chroniques romaines qui n'auraient pas supporté de tels agissements de la part d'un de leurs sujets fut-il roi, sans rapporter le massacre et destituer le roi pour prendre le pays en administration directe. On doit donc porter un autre regard sur ce récit et le rapprocher d'un autre massacre d'enfants rapporté dans l'Ancien Testament, celui des premiers nés des fils d'Israà«l par Pharaon. On comprend alors le regard porté par le rédacteur sur le souverain reignant en Syrie-Palestine au tournant du premier siècle. On comprend aussi que le nouveau-né qu'on voulait atteindre par ce supposé massacre doit être considéré comme un nouveau Moà¯se.

Voir Rudolf Bultmann

Exégèse littéraire

Elle considère le texte tel qu'il nous est parvenu et tà¢che d'en dégager l'herméneutique. La plupart du temps, elle mène à  l'exégèse canonique mais Raymond E. Brown (décédé en 1997) dans un ouvrage posthume Croire en la Bible à  l'heure de l'exégèse développe un point de vue plus original. Il ferraille contre l'objection traditionnelle que la théologie, l'exégèse, ça sert rien qu'à  perdre la foi. Les biblistes mettraient-ils la foi en péril ? Sont-ils quelque part des ennemis de l'Église Catholique Romaine ou de toute église établie ? L'auteur entend répondre à  un certain nombre de soupçons émis par les fondamentalistes chrétiens de tous bord.

En lien avec la constitution Dei Verbum, R. E.Brown développe sa réflexion en insistant sur le travail des auteurs humains des Écritures, et sur le sens que pouvaient prendre pour eux ces textes, sens parfois différent de celui que lui attribue un lecteur contemporain. Selon lui, « il n'est pas mauvais que s'établisse une relation de tension entre ce que voulait dire l'Écriture pour ses auteurs et ce qu'elle en est venue à  vouloir dire aujourd'hui dans l'Église » (entendre catholique romaine).

Voir aussi

Lire aussi

Bible

Coran