Accueil |

Fraternité Saint-Pie X

Sommaire
1 Organisation
2 Points de contestation
3 Relations avec l'Église catholique
4 La Fraternité et la politique
5 Articles connexes
6 Liens externes

Organisation

La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) est une société de vie commune sans vÅ“ux, fondée par monseigneur Marcel Lefebvre en novembre 1970, dans le diocèse de Fribourg, suite au Concile Vatican II dont il contestait les conclusions.

Elle possède six séminaires, dont le plus célèbre, à  Écà´ne, a été fondé en 1974. Ils rassemblent près de 200 séminaristes. Elle possède également plus de 150 prieurés dans une trentaine de pays, desservis par près de 450 prêtres. En France, les implantations les plus connues sont l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, dans le Ve arrondissement de Paris, et l'église Saint-Éloi de Bordeaux. Ces deux établissements font l'objet de contestations juridiques mais sont tolérées, de fait, par les municipalités concernées.

Points de contestation

Liturgie

La FSSPX célèbre exclusivement la messe selon le rite de Pie V (en latin) et rejette le rite de Paul VI (messe en langue vernaculaire), qui selon elle dénature le sacrement de l'Eucharistie. La FFSSPX stigmatise, outre l'abandon du latin comme langue liturgique quasi-exclusive, la modification du canon de la messe et l'abandon de la lecture du prologue de l'Évangile selon Jean. Pour elle, la modification de la liturgie traditionnelle est emblématique des modifications apportées par le concile Vatican II. Mgr Lefebvre écrit ainsi dans une déclaration du 21 novembre 1974 :

« On ne peut modifier profondément la lex orandi sans modifier la lex credendi. à€ messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecà´tiste, toutes choses opposées à  l'orthodoxie et au magistère de toujours. »

Selon lui, la nouvelle liturgie banalise le sacrifice accompli par le prêtre, et transforme la messe en simple repas de commémoration, à  la manière des protestants.

L'attachement à  la « messe de toujours » explique une partie non négligeable des effectifs des « lefebvristes ». Parmi ceux-ci se trouvent de nombreuses personnes à¢gées, choquées par le changement subit de liturgie au lendemain du concile, ainsi que par une communication mal gérée par l'Église catholique. Celle-ci a laissé croire que le rite de Pie V était désormais interdit. Cela a conduit à  un amalgame entre « messe en latin » et lefebvrisme qui a profité surtout au mouvement traditionnaliste.

Doctrine

La FSSPX refuse l'aggiornamento et ce qu'elle nomme les mesures libérales du concile Vatican II, comme :

Sur ce dernier point en particulier, la Fraternité s'est signalée par des prises de position négationnistes de la part de certains membres de la hiérarchie. Ainsi, en 1989, Mgr Richard Williamson, l'un des quatre évêques du mouvement (cf. infra), a déclaré dans une église de Sherbrooke, au Québec, que l'Holocauste était une invention des Juifs pour faire accepter la création de l'État d'Israà«l.

Relations avec l'Église catholique

Les partisans de la FFSPX prétendent par ailleurs rester hors de tout schisme, par leur soumission au pape, et aux évêques de chaque diocèse.

Pourtant Mgr Lefebvre s'est régulièrement dressé contre le pape. Il critiqua sévèrement la visite d'une synagogue par Jean-Paul II, ou les rencontres inter-religieuses auxquelles il a participé. à€ l'occasion de la rencontre d'Assise (prière pour la paix rassemblant les représentants d'un très grand nombre de religions), en 1986, il affirma ainsi, lors d'une conférence spirituelle à  Écà´ne, que le pape était inspiré par le diable et les francs-maçons. Il a même été frappé en 1976 d'une suspense a divinis (censure canonique interdisant de dire la messe et d'ordonner de nouveaux prêtres).

Le schisme

Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre ordonne quatre évêques, sans mandat pontifical et malgré le désaccord de Rome — l'accord de principe pour des ordinations a été donnée, mais le choix des candidats a été désapprouvé.

Le cardinal Gantin, préfet de la Sacrée congrégation des évêques, déclare le 1er juillet 1988 que Mgr Lefebvre a « posé un acte schismatique ». à€ l'appui de sa déclaration, il cite les canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique (1983) :

« L'apostat de la foi, l'hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latঠsententià¦. »

« L'Évêque qui, sans mandat pontifical, consacre quelqu'un Évêque, et de même celui qui reçoit la consécration de cet Évêque encourent l'excommunication latঠsententiঠréservée au Siège Apostolique. »

Il déclare donc excommuniés Mgr Lefebvre lui-même, Mgr de Castro-Mayer, évêque co-célebrant, et les quatre nouveaux évêques. Le lendemain, Jean-Paul II rappelle aux fidèles que ceux qui « adhèrent formellement » au schisme encourent l'excommunication eux aussi.

Conséquences

L'annonce du schisme entre la FSSPX et l'Église catholique a entraîné beaucoup de remous au sein de la communauté anti-conciliaire. Les réponses principales peuvent se résumer ainsi :

Absence de schisme

Les tenants de cette position contestent l'existence du schisme et donc de l'excommunication. Selon eux, il y a eu certes désobéissance à  Rome, mais pas de volonté de se séparer de l'Église. Mgr Lefebvre aurait passé outre l'interdiction pontificale, mais uniquement à  cause de l'urgence de sauver des à¢mes. L'acte de Mgr Lefebvre ne mérite donc qu'une peine canonique simple, comme une suspense, mais pas l'excommunication. La FFSPX, malgré le malentendu, reste donc fidèle au pape, et donc non schismatique.

Ralliement

Le Vatican a poursuivi des négociations assidues avec les partisans de Mgr Lefebvre. Elles ont abouti à  une partition au sein de ceux-ci : une partie des dissidents a réintégré le giron de l'Église catholique romaine sous le nom de Fraternité Saint-Pierre. Les points de contestation sont demeurés identiques mais leur influence est grande.

Sedevacantisme

Les partisans du sedevacantisme représentent la partie extrême (et minoritaire) des partisans de la FSSPX. Ils prétendent également qu'il n'y a pas schisme, mais pour des raisons bien différentes de celles exposées ci-dessus : selon eux, l'Église conciliaire a rejeté les bases de la foi chrétienne et de la Tradition, elle est donc hérétique et schismatique depuis le concile Vatican II. Les peines qu'elle impose, comme l'excommunication, sont nulles et non avenues. Le siège pontifical est considéré comme vacant depuis le concile et Jean-Paul II ne dispose d'aucune autorité légitime sur les catholiques.

La Fraternité et la politique

Nombre de membres de l'organisation sont proches de l'extrême-droite dans les différents pays o๠la FFSPX est présente. Mgr Lefebvre a ainsi, en 1985, dans un entretien accordé au journal Présent, appelé à  voter en faveur de Jean-Marie Le Pen. L'abbé Philippe Laguérie, doyen de la Fraternité en Aquitaine et curé de la paroisse Saint-Éloi (Bordeaux), appartenant à  la FSSPX, a reconnu en 1991 le Front National comme « le parti le moins éloigné du droit naturel », notamment en raison de son refus de l'avortement.

Articles connexes

Liens externes