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Hérésie

    

Une hérésie (du grec hairesis, choix, préférence pour une doctrine) est d'abord une école de pensée. Le jardin d'Épicure était une telle haieresis. La traduction latine en est secta, secte. L'Antiquité n'attache pas de valeur péjorative à  ces termes. Par la suite, l'association de certaines de ces doctrines au pouvoir politique (avec Constantin par exemple) va faire naître la notion d'orthodoxie et, par voie de conséquence, d'hétérodoxie.

Sommaire
1 Dans le Judaà¯sme
2 Dans l'Islam
3 Dans le Christianisme
4 Articles connexes

Dans le Judaà¯sme

Le concept d'hérésie s'attache aux nombreux faux Messies qui parsèment son histoire. La plus importante d'entre elles est celle de Sabbata௠Tsevi, contemporain des parents de Baruch Spinoza, lequel fut déclaré Herem, i.e. hérétique par la communauté d'Amsterdam. Toutefois, cette condamnation tient plus à  l'histoire de ladite communauté, essentiellement composée de marranes venue du Portugal qu'à  l'hétérodoxie des positions de Spinoza, au moins jusqu'à  son exclusion.

Au XVIIIe siècle, cette hérésie fit la révolution dans les communautés juives d'Europe o๠prédominaient les Marranes, comme Amsterdam ou Venise. Elle atteignit donc plus les communautés sépharades que les communautés askhénazes.

Voir Messies[en]

Toutefois la divergence d'interprétation est admise voir encouragée comme en témoignent les discussions enregistrées dans le Talmud. Après une longue discussion, destinée à  passer tous les cas en revue, la décision de jurisprudence est votée ; l'avis minoritaire est préservé pour le cas o๠il pourrait se révéler utile.

Voir responsae.

D'une façon générale, une hérésie, dans le judaà¯sme aboutit à  une scission, sans véritable conséquence pour les minoritaires qui sont toujours considérés comme appartenant au judaà¯sme, sauf dans les congrégations ultra-orthodoxes contemporaines.

la onzième bénédiction

à  suivre

Dans l'Islam

introduction

« Les interprétations du Coran sont multiples et souvent contradictoires. Jamais les commentateurs et les interprètes du Saint Livre ne sont parvenus à  l'unanimité sur les lectures possibles. Car le Coran, se prête à  des interprétations toujours neuves. De nombreuses interprétations qui ont été presque " sacralisées " par la Tradition sont, en réalité, des productions de l'époque moyenà¢geuse. Et les interprétations qui s'appuient sur les hadiths demandent à  ce que soit vérifiée l'authenticité de ceux-ci, certains entrant en contradiction avec le texte même du Coran. Le penseur indien Asghar Ali Engineer plaide pour que chaque génération se voit reconnu le droit d'interpréter le Coran avec son propre éclairage, à  la lumière de ses propres expériences. 0+ (Ali Ashgar Engineer, « à€ propos de la méthodologie d'interprétation du Coran », Études Musulmanes, 2003)

Kà¢fir

La Charte de Yathrib connue sous le nom Constitution de Médine quoique les mots al Medîna n'y apparaissent pas, définit le kà¢fir ou récalcitrant.

Il est exclu des garanties de sécurité et d'assistance prévue par ce pacte. Entre autres, il ne peut exercer la vengeance selon la loi du talion.

Un affidé ne tue pas un autre affidé pour venger un kà¢fir

La raison invoquée est que le kà¢fir ne se fie ni en Dieu, ni en son prophète.

Voir article spécialisé : Apostasie (Islam)

Exception à  la règle

« Ceux des juifs qui nous suivent ont droit à  l'assistance en parité : on ne les lèse pas et on ne s'allie pas contre eux »

Formule identique en Coran IX:71-73

Plus loin dans la charte :

« Aux juifs, leur loi religieuse (dîn) et aux affidés leur loi religieuse qu'il s'agisse de leurs alliés ou d'eux-mêmes »

Toutefois, le document ne désigne jamais ces juifs alliés de leur nom propre de tribu, mais seulement par leur relation aux tribus affidées et manifestes une vigilance méticuleuse à  leur égard. Au VIIIe siècle, les juifs de Yathrib faisaient l'objet de discussions et polémiques plutà´t que d'un accord tranquille.

un hérétique célèbre Hussein ibn Mansur Al Hallaj dont la vie et la passion sont contées par Louis Massignon

Zandaqua

Le terme zandaqua désigne aussi bien, en Perse, Seront condamnés sous ce chef d'accusation : et quelques ulémas dont :

Fitna

  1. la Fitna signifie la beauté avec désordre et confusion
  2. la fitna, c'est l'innovation
  3. la fitna est ce qui est condamnable.

En conséquence, il est recommandé de ne pas juger ce qu'Allah a révélé depuis la fermeture des portes de l'ijtihad (*) afin d'éviter d'égarer le croyant. Récemment, ces dispositions ont conduit un caricaturiste marocain à  être condamné par un tribunal religieux excessif.

(*) fermée au IXe siècle dans le sunnisme, ré-ouverte au XVIIe siècle dans le chiisme

Lire aussi condamner le rire est une dérive totalitaire

On se trouve donc devant une aporie car chaque croyant doit s'approprier personnellement le texte du Coran

« Le questionnement des sciences humaines comme les diverses utilisations idéologiques qui sont faites du texte coranique, invitent à  une réflexion sur la manière dont le croyant s'approprie la Parole de Dieu. Trop souvent, celle-ci est considérée comme un texte « figé », « passif », alors qu'une foi vivante doit susciter un véritable dialogue entre le lecteur ( ou l'auditeur ) et le texte. C'est ce que rappelle Rachid Benzine dans un article que vient de publier la revue Islam, et que nous vous proposons avec l'accord des responsables de cette publication. » (Rachid Benzine (*), Lire le Coran Autrement)
(*)Rachid Benzine, théologien musulman, qui connu une certaine notoriété en lançant avec le père Christian Delome, le dialogue islamo-catholique aux Minguettes. Actuellement rédacteur an chef de la revue Internet Études Musulmanes

La Foi bahà¡'à­e sur une base hétérodoxe musulmane, né en 1817 régulièrement persécutée par l'Islam au titre d'hérésie.

Dans le Christianisme

à€ partir de l'édit de Constantin Ier en 313, et plus particulièrement à  partir du concile de Nicomédie 317 érigé en tribunal, destiné à  imposer à  Arius une première confession de foi sous peine d'excommunication. Le dogme désigne donc l'hérétique plus que le croyant.

Plus tard, avec le Ier concile de Nicée, est hérétique une doctrine divergente à  l'enseignement officiel d'une Église et à  ses dogmes.

On peut généraliser en disant qu'une hérésie est toute doctrine contraire à  des conceptions jugées établies sans qu'elles nécessitent la moindre preuve : le pouvoir de condamner en tient lieu.

L'hérésie (quasi-synonyme d'hétérodoxie) est l'occasion de créer une orthodoxie. Dans le contexte du développement des hétérodoxies des IIè et IIIè siècles, une hétérodoxie devient une hérésie à  partir du moment o๠un concile la condamne.

Dans le catholicisme romain

La bulle Gratia Divina (1656) définit l'hérésie comme « la croyance, l'enseignement ou la défense d'opinions, dogmes, propos, idées contraires aux enseignements de la sainte Bible, des saints Évangiles, de la Tradition et du magistère. » L'Inquisition, tribunal d'exception chargé de la combattre, est l'Å“uvre du pape Grégoire IX (1231).

Articles connexes