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Histoire de la philosophie

L'histoire de la philosophie est une discipline philosophique à  part entière. Elle occupe une grande place dans l'enseignement universitaire français. Cette importance lui a été accordée au début du XIXe siècle par Victor Cousin, philosophe et ministre de l'instruction publique en 1840.

Sommaire
1 La tradition continentale et la philosophie analytique
2 Plusieurs points de vue
3 Problématique de cette discipline
4 Perspectives contemporaines
5 Bibliographie

La tradition continentale et la philosophie analytique

La légitimité et la place d'une telle discipline sont problématiques, si l'on se souvient que la philosophie est censée poser des questions fondamentales, que l'on pourrait qualifier d' intemporelles : il ne semble pas nécessaire d'étudier l'histoire de la philosophie, et il suffirait d'étudier simplement les questions qui se posent à  nous aujourd'hui.

La philosophie continentale (expression qui désigne les philosophes français et allemands, et plus spécialement ceux qui se réclament de la phénoménologie) privilégie la tradition des auteurs, notamment par un travail d'interprétation qui constitue bien souvent l'essentiel de la formation universitaire. Pour avoir un point de comparaison, il faut savoir que les philosophes anglo-saxons sont plutà´t formés d'après des problèmes philosophiques précis (langage, corps et esprit, etc.) et n'ont pas toujours une très grande connaissance des auteurs considérés comme des classiques.

On peut très schématiquement dire qu'une opposition s'est constituée entre une philosophie assez relativiste (post-modernisme par exemple), qui ne croit plus en la vérité (qui serait une illusion, ou l'instrument d'un pouvoir religieux ou politique), et dont l'activité principale est surtout d'élucider l'histoire de la pensée (hypothétique fin de la métaphysique par exemple) ; et une philosophie plus ou moins logique, poussée vers une sorte de néo-scolastique par sa tendance rationaliste ; ce dernier courant de pensée oscille entre réalisme et nominalisme, et les problèmes philosophiques qu'elle se pose la rattachent particulièrement à  des auteurs comme Aristote (cf. par exemple Anscombe) ou Guillaume d'Ockham.

On voit donc que les problèmes posés par le devenir de la pensée ne sont pas du tout résolus.

Plusieurs points de vue

Dès le début de l'Antiquité se pose la question de l'histoire de la philosophie. Deux points de vue opposés peuvent être dégagés :

Marche vers la vérité

Pour Aristote, la philosophie, malgré ses errances, marche toujours vers la vérité, car la réalité nous contraint à  corriger les erreurs de nos devanciers. Aristote examine donc les pensées des premiers philosophes (voir Métaphysique, livre A), mais il les déforme pour mettre en valeur son propre système. Cette pratique peu scrupuleuse restera la règle au moins jusqu'au XVIIIe siècle. La cohérence de la philosophie au point de vue de son histoire est donc particulièrement suspecte, car c'est une cohérence fabriquée après coup.

Relativisme philosophique

Si l'on prend conscience de la diversité des systèmes et de leurs différences souvent irréductibles, il semble que l'on soit contraint de discréditer toute pensée et que l'on soit réduit au relativisme le plus extrême. Cet argument fut utilisé très tà´t par les premiers sceptiques ; le raisonnement est que l'on ne saurait décider dogmatiquement quel philosophe a raison, car il y en a toujours un autre qui a soutenu, qui soutient ou qui soutiendra le contraire. D'o๠l'on devrait conclure que tous se trompent et qu'il n'y a pas de vérité dans le devenir historique de l'humanité. Cet argument porterait également contre tous les dogmes religieux. La simplicité du raisonnement et sa clarté paraissent irréprochables. L'argumentation est pourtant fallacieux, comme on le verra plus loin avec la philosophie de l'histoire de Hegel

Problématique de cette discipline

Peut-on penser un devenir de la pensée qui ne soit pas autodestructeur ? La philosophie et l'histoire peuvent-elles être pensées ensemble sans que l'une ou l'autre ne disparaisse ? Faut-il choisir entre une philosophie éternelle de type platonicienne et un relativisme historique sceptique ou nihiliste ?

Une telle mise en question est dirigée contre le concept de vérité, et non contre la cohérence et l'élaboration d'un discours (de type philosophique ou religieux), ou d'une théorie (de type scientifique). Par exemple, un système logique peut être cohérent ; mais selon quel critère peut-il être dit vrai ?

Perspectives contemporaines

Diverses réponses ont été apportées à  ces questions :

Pour comprendre l'histoire de la philosophie, il faut commencer par rappeler comment cette discipline s'est constituée.

Pour Hegel, le relativisme est un prétexte ordinaire, qui permet de négliger le sérieux du travail philosophique. Selon lui, Le raisonnement sceptique est faux : "Une seule philosophie peut donc être vraie. Or, comme les philosophies sont diverses, on en conclut que les autres sont nécessairement erronées." Ce qui est remarquable, c'est que ce raisonnement suppose qu'il y a une vérité unique, autrement dit, son point de départ nie sa conclusion. Aussi, la thèse que "la philosophie est la science objective de la vérité" est-elle paradoxalement admise par le relativiste.

Bibliographie