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Histoire de la Principauté de Liège

Sommaire
1 La naissance d'une ville : l'assassinat de Saint Lambert
2 Liège dans l'Église impériale
3 Notger et la naissance d'une principauté épiscopale
4 De Baldéric II à  Otbert
5 De Frédéric de Namur à  Albert de Cuyck
6 La Principauté en mutation : l'essor des communes et des métiers
7 Lien externe :

La naissance d'une ville : l'assassinat de Saint Lambert

La ville de Liège naît dans le sang. L'évêque de Maastricht, Lambert possède une maison de campagne dans le petit village de Liège, probablement une villa romaine, réaménagée. Le 17 septembre d'une année inconnue (696, 700 ou 705), il est assassiné par les hommes d'un certain Dodon, membre d'une famille rivale. Son corps est transporté à  Maastricht.

Bien vite, la maison de Lambert devient miraculeuse, et est le but d'un important pélerinage. En 714, son successeur, saint Hubert, ramène les reliques de Lambert à  Liège et lui consacre une église. Une ville naît tout autour. En 722, Hubert décide de s'installer à  Liège. Mais rien n'indique qu'il ait voulu en faire le nouveau centre du diocèse. Toujours est-il que cela en sera la conséquence.

Vers 742, Charlemagne naît dans les environ de Liège (palais de Herstal?) ou d'Aix-la-Chapelle.

En 817, la Charte de Walcaud, évêque de Liège, nous apprend que l'évêque possédait déjà  des biens à  Tongres, Maastricht, Huy, Dinant, Ciney et l'abbaye de Saint-Hubert.

En 820, les Normands ravagent pour la première fois la région.

En 843, au traité de Verdun, Liège est lotharingiennne.

Liège dans l'Église impériale

Entre 923 et 925, la Lotharingie, dont dépendait Liège, fut rattachée définitivement au Saint Empire, par l'entremise de l'aristocratie lotharingienne. Celle-ci représentait un danger tant pour l'église de Liège qu'elle désirait contrà´ler que pour l'empereur.

Otton et son frère Brunon, archevêque de Cologne firent donc alliance avec l'épiscopat liégeois, afin de maintenir la Lotharingie dans le giron germanique. à€ part Baldéric Ier, les évêques (Hugues, Farabert, Rathier, Eracles et Notger) furent tous évêque par la volonté d'Otton ou de son frère.

En 936, Otton devient roi de Germanie. c'est lui qui choisit les évêques. C'est ce qu'on appelle l'église impériale. Celle-ci est instaurée à  Liège et dure jusqu'en 1209.

Le jour de Noà«l 953, Liège connaît sa première émeute. L'aristocratie lotharingienne, menée par Régnier III de Hainaut et de son frère Raoul, prend la ville. ils installent Baldéric sur le siège épiscopal. L'évêque Rathier renonce à  ses fonction épiscopales en 955.

En 954, les Hongrois ravagent la région.

En 959, la Lotharingie est divisée : la Basse Lotharingie ou Lothier et La Haute Lotharingie ou Lorraine. Liège dépend donc du Lothier. Elle en est un des trois sièges épiscopaux, avec Cambrai et Utrecht.

C'est aussi en 959 qu'Eracle est élu évêque de Liège. Il réorganise les écoles liégeoises.

En 962, le roi de Germanie, Otton, se fait couronner empereur par le pape Jean XII. Le Saint Empire romain de la nation germanique est né.

En 971, Eracle, proche de Otton Ier, décède. Il est enterré dans le chÅ“ur de la collégiale Saint-Martin, dont il voulait faire la nouvelle cathédrale. En effet, il estimait que le centre de Liège et sa cathédrale étaient indéfendables.

Notger et la naissance d'une principauté épiscopale

Depuis la mort de saint Lambert, Liège a bien changé. Du modeste village qu'elle était, elle est devenue une cité florissante. Ses écoles sont renommées dans toute l'Europe.

Le territoire de l'évêque s'est considérablement accru outre Liège, Amay Ville-en-Hesbaye et Lustin, l'Eglise possède biens et droits à  Tongres, Maastricht, Huy, Namur et Dinant. L'évêque possède aussi d'importants domaines : Pont-de-Loup, Marchienne-au-Pont, Arches (Charleville), Theux ; ainsi que de nombreuses abbayes et leurs dépendances : Saint-Hubert, Lobbes, Fosses, Hastière, Malines et Aldeneick.

Notger naît en Souabe vers 930. Il est issu de la noblesse et a effectué ses études à  saint-Gall, dont il aurait été prévà´t. En 972, il est appelé sur le siège épiscopal de Liège. Il punit les agitateurs qui avaient sévi sous le règne d'Eracle.

Otton II succède à  son père en 973.

L'évêque reçoit de l'empereur certains droits en 974 : celui de tonlieu, de marché et celui de gruits (faire de la matière à  cervoise). En 978, Notger fait ériger une nouvelle cathédrale. Dédiée à  Notre-Dame et à  saint Lambert, elle remplace la basilique édifiée par saint Hubert. Sa construction s'étend jusqu'en 1015

L'empereur confirme les droits et les possession de l'évêque de Liège en 980. L'empereur lui accorde la souveraineté sur Tongres, une partie deHuy, Fosses et Malines. Il obtient aussi un privilège d'immunité générale, sous la protection d'Otton II. Un véritable état liégeois est né.

Le 7 juillet 985, Otton III, à  la demande de sa mère, concède à  Notger le Comté de Huy. Il s'étendait de part et d'autre de la Meuse et comprenait la Hesbaye, le Condroz, et la Famenne. C'est la première fois qu'un comté entier est donné à  un évêque. L'évêque devient comte et prince d'Empire. Liège devient donc une principauté écclésiastique dirigée par un prince-évêque. La Principauté de Liège est née.

Notger recevra un second comté én 987 : le Brugeron (Tirlemont).

En 987, le prince-évêque, en compagnie de l'impératice Théophano, mère d'Otton II et régente, prend et détruit le chà¢teau de Chêvremont.

Vers l'an 1000, Liège est un centre culturel de l'Europe occidentale, une Athènes du Nord, place que lui prend Paris deux siècles plus tard. Elle possède les écoles les plus renommées du monde chrétien.

Notger décède le 10 avril 1008. Il laisse une marque indélébile dans la ville de Liège : fondation de plusieurs collégiales et abbayes, ses fortifications, le palais épiscopal, la construction du quartier de l'Isle. On a coutume de dire « Liège doit tout à  Notger et Notger à  Dieu Â».

De Baldéric II à  Otbert

En 1008, Baldéric II devient prince-évêque de Liège. C'est un aristocrate originaire du diocèse. Avant d'être appelé à  Liège, il fut chapelain d'Otton III et de Henri II. La même année, il agrandit les terres de la principauté de terres condrusiennes situées sur les hauteurs de Huy. Henri II lui fit aussi don du village de Jupille et ses dépendances à  l'évêque de Verdun

En 1012, le prince fait fortifier le village de Hoegaarden, sur la Gette, non loin de Louvain, ce qui déclenche les hostilité du comte Lambert de Louvain. Les forces liégeoises sont écrasées à  Hoegaarden le 10 octobre 1013. Le Brugeron passe sous suzeraineté de Louvain, ainsi que l'avouerie de Gembloux.

En 1014, la principauté reçoit le marquisat de Franchimont.

Le 12 avril 1015, les troupes du duc de Basse-Lotharingie, Godefoid III d'Eenam (ou de Verdun) et ses alliés liégeois écrasent celles de Lambert de Louvain et de son allié Robert II de Lomme, comte de Namur lors de la bataille de Florennes.

Les troupes du duc de Basse-Lotharingie et celles du prince-évêque de Liège sont écrasées par les troupes de Thierry III de Frise, lord de la bataille de Vlaardingen. Baldéric II décède la même journée.

Le territoire de l'Eglise de Liège s'agrandit encore en 1040, quand le prince-évêque Nithard reçoit le comté de Haspinga (la Hesbaye liégeoise, comprise entre la Meuse et le Geer, à  l'Ouest de Liège).

De Frédéric de Namur à  Albert de Cuyck

En 1119, éclate une querelle lors de l'élection d'Otbert. Deux candidats sont en lice : Frédéric de Namur, archidiacre de Brabant et grand-prévà´t de Saint-Lambert, partisan du pape et Alexandre, partisan de Henri IV, l'empereur excommunié.

L'empereur Henri V attribue l'évêché à  Alexandre, aidé par le duc de Basse-Lotharingie, Godefroid Ier de Louvain. L'archevêque de Cologne, Frédéric de Schwarzenbourg (1100-1131), partisan de Frédéric de Namur, excommunie Alexandre. Le 23 avril de l'année 1119, on élit, à  Cologne, Frédéric de Namur. En cette même année, à  Mouzon, une tentative de réconciliation écoue entre le pape Calixte II et l'empereur.

Le 26 octobre 1119, lors du concile de Reims, le pape consacre Frédéric de Namur. Henri V et Alexandre sont de nouveau excommuniés. Le même jour, celui-ci, aidé par Godefroid de Louvain, s'empare du chà¢teau de Huy . Le nouveau prince-évêque reprennent le chà¢teau et repoussent les armées du duc. Alexandre se soumet.

Le 27 mai 1121, Frédéric de Namur meurt, peut-être empoisonné. Alexandre réussit à  se faire élire. Le 2 septembre, l'archevêque de Cologne convoque les deux camps en assemblée. Il force aussi Alexandre à  renoncer à  l'évêché de Liège.

Le 23 septembre 1122, on promulgue le Concordat de Worms, qui met fin à  la Querelle des Investitures : Le pape et l'empereur se sont réconciliés. L'empereur renonce à  l'investiture des évêques par la crosse et par l'anneau, donc au pouvoir spirituel. Il laisse à  l'Église le choix des évêques et des abbés. Le pape, lui, reconnaît à  l'empereur le droit de présider les élections et de donner au nouveau prélat une investiture par le sceptre, c'est à  dire le pouvoir temporel.

Le 1er janvier 1223, après deux ans de vacance, le trà´ne de Liège retrouve un prince-évêque : Albéron Ier, frère de Godefroid Ier de Louvain, duc de Basse-Lotharingie et comte de Louvain. Il n'est pas liégeois, vu l'implication du clergé local dans la querelle, mais provient de Metz Il abolit le doit de main-morte sur tout son domaine.

En 1124, Albéron instaure le culte de Marie-Madeleine. La même année apparaît l'avoué de Hesbaye, porte-étendard de l'armée épiscopale.

Albéron Ier décèdera le 1er janvier 1128.

En 1128, Alexandre Ier est élu. Il est issu de la noblesse hesbignonnene. Après ses différents échecs (cf. supra), il est enfin élu canoniquement.

En 1128, le roi Lothaire II dépose le duc Godefroid Ier de Louvain. Il nomme son successeur : le comte Waleran II de Limbourg.

Le 7 aoà»t 1129, l'évêque, aidé par Waleran II de Limbourg, remporte à  Wilderen la victoire sur Godefroid Ier de Louvain, son ancien allié et protecteur.

Le prince-évêque Alexandre Ier est accusé de simonie par le pape Innocent II en 1135, il sera déposé au concile de Pise

Le 22 mars 1135, Albéron II, originaire de Metz monte sur le siège épiscopal de Liège.

En 1139, Albéron II participe au deuxième concile de Latran

Entre 1140 et 1142, Renaud de Bar et Henri l'Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur, prennent, brà»lent et pillent la ville liégeoise de Fosses (Fosses-la-Ville).

En 1141, le prince-évêque récupère Bouillon, perdue en 1134.

Albéron II décède à  Orte, en Italie le 22 mars 1145.

La Principauté en mutation : l'essor des communes et des métiers

Les principautés laà¯ques se développent : les nobles du comté de Hainaut et du duché de Brabant deviennent puissants. Auparavant, l'ancienne voie romaine menant de Cologne à  Boulogne-sur-Mer constituait la principale route de la région. Elle est maintenant supplantée par une nouvelle voie qui de Maastricht, rejoint Gand et Bruges en passant par Tirlemont, Louvain et Gand, donnant ainsi au duc de Brabant une importance croissante.

La Principauté de Liège contrà´le une grande partie de cette route, bloquant le développement du Brabant vers l'est.

Le 5 mars 1200, Hugue de Pierrepont, originaire de Laon est nommé prince-évêque.

En 1204, le duc Henri Ier de Brabant reçoit l'avouerie de Eersen : Maastricht devient ainsi une co-seigneurerie (Brabant-Liège).

La même année, la principauté reçoit le comté de Moha, qui ne sera réellement uni à  Liège qu'en 1225.

Phillipe de Souabe confirme la grande charte d'Albert de Cuyck le 3juin 1208 : l'inviolabilité du domicile est garantie.

En 1209, l'empereur Otton IV de Brunswick renonce à  toute intervention dans les élections épiscopales.

En 1210, le pape Innocent III excommunie l'empereur, et menace de le déposer. Il sera remplacé par Frédéric II de Hohenstaufen. Le duc de Brabant s'agite, il réclame le comté de Moha, et veut faire payer les Liégeois.

Du 3 au 7 mai 1212, Henri Ier de Brabant, profitant de l'absence de la noblesse, saccage Liège et la Hesbaye. Il recommencera l'année suivante, brà»lant Tourinnes, Waremme, Waleffe, et Tongres.

En 1213, le 13 octobre, Hugues de Pierrepont, aidé par les milices de Liège, Huy, Dinant, Fosses et Thuin, remporte la bataille de Steppes. Les Liégeois et leurs alliés du comté de Looz vainquent les Brabançons. Le prince évêque fait brà»ler Léau, Landen et Hannut, ainsi que les villages du territoire de Tirlemont.

La même année, l'empereur Frédéric II renonce à  intervenir dans les élections des évêques : c'est la fin du système de l'Eglise impériale.

Le 2février 1214, Le duc Henri Ier de Brabant et le prince-évêque signent un traité de paix.

En 1227, Hugues de Pierrepont refuse l'archevêché de Reims. Il rachète à  l'archevêque de Reims les droits que celui-ci possédait en propre à  Saint-Trond.

Le 29 aoà»t 1229, Le duc de Brabant se rend à  Waremme o๠il reconnaît la validité des doits de l'Eglise de Liège sur le comté de Moha. Le 12 avril, Hugues de Pierrepont meurt à  Huy. Il sera inhumé dans la cathédrale. Le 24 mai 1229 Jean d'Eppes (ou d'Aps) lui succède.

Lien externe :

Une très bonne Histoire de la principauté de Liège