Accueil |

Histoire de la Tunisie

   
Cet article fait partie de la
série Histoire de la Tunisie
Carthage
Époque arabe
La Tunisie des Beys
Protectorat français
La Tunisie indépendante

Sommaire
1 Préhistoire
2 Carthage et Rome
3 Vandales et Byzantins
4 àˆre arabo-musulmane
5 Période ottomane
6 Protectorat français
7 La Tunisie moderne

Préhistoire

On a retrouvé des traces de présence humaine en Tunisie datant du paléolithique. Le peuplement de la Tunisie par les Berbères, issus de la migration des populations libyques venues du Sud, est attesté au moins 4000 ans avant J.-C.

Carthage et Rome

Voir aussi l'article détaillé : Carthage

Fondation de Carthage

En 814 av. J.-C, des colons phéniciens venus de Tyr fondèrent la ville de Carthage. D'aprés la légende, ce serait la reine Élyssa (Didon pour les Romains), sÅ“ur du roi de Tyr Pygmalion, qui fonda la cité. Certains historiens rejettent cependant la tradition littéraire et datent la fondation de la cité du milieu du VIIIe siècle.

Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois s'installent aux Baléares, puis, alliéS aux Étrusques, ils dominent la Sicile, prennent pied en Sardaigne, et repoussent les Grecs de Corse.

Les guerres contre les Grecs

Les guerres puniques

La première guerre punique couvre les années 264-241 av. J.-C. Il s'agit d'un conflit essentiellement naval, ayant pour origine des luttes d'influence en Sicile, une terre située à  mi-chemin entre Rome et Carthage.

Les Carthaginois prennent la ville de Messine. Ceci provoque l'inquiétude des Romains en raison de la position de Messine proche des villes grecques d'Italie qui venait de tomber sous leur protection. Le sénat ne souhaitait pas ouvrir les hostilités avec Carthage, mais le peuple demanda d'intervenir. Ainsi Appius Clodius Caudex traversa et prit par surprise la garnison punique de Messine declenchant le début de la première guerre punique. Suite à  ce revers la gouvernement de Carthage commence à  regrouper ses troupes à  Agrigente, mais les Romains mené par Claudius et Marcus Valerius Messalla prennent les villes de Segeste et d'Agrigente après un siège de 7 mois.

L'expansion rapide des Carthaginois dans le Sud de l'Hispanie, s'effectue sous la conduites des Barcides (famille des Barca, dont Hannibal). Ils y fondent la ville de Nouvelle Carthage (Carthagène) et y exploitent des mines, redonnant à  Carthage sa puissance économique et commerciale.

La Deuxième guerre punique dans les années 218-202 av. J.-C a pour point d'orgue la campagne d'Italie : Hannibal traverse les Alpes (avec ses éléphants) mais renonce à  entrer dans Rome. Le prétexte de la guerre avait été le siège de Sagonte par les Puniques, qui selon le traité de 241 était au delà  de la rivière (Ebre) délimitant les zones d'influence respectives des deux puissances rivales.

Sous la conduite d'Hannibal, les troupes carthaginoises, parties d'Hispanie, traversent les Pyrénées et les Alpes et envahit l'Italie. Se contentant de sa victoire, il renonça à  entrer dans Rome. Ceci permit aux Romains de contre-attaquer et ils réussirent finalement à  retourner le cours de la guerre en leur faveur, prenant à  Carthage la totalité de leurs possessions hispaniques, détruisant leur flotte et leur interdisant toute remilitarisation sans l'aval de Rome.

Malgré la victoire finale, cette guerre marqua profondément les Romains, et poussés par la crainte d'avoir à  affronter à  nouveau les Puniques, ils décident, selon le fameux mot de Caton (Delenda est Carthago), que la destruction totale de Carthage était le seul moyen d'assurer la sécurité de la nation romaine. En effet, malgré toutes les représailles infligées à  Carthage, la cité punique retrouva vite sa puissance économique.

Saisissant le prétexte de la violation du traité de paix de 202 (Carthage dut lever une armée pour reposser les invasions numides), et profitant de la faiblesse militaire de son ennemi, le Sénat romain décida de lancer une grande offensive en Afrique, dans le but de détruire la ville rivale. La troisième guerre punique consista donc en une courte campagne destinée à  amener les troupes romaines à  pied d'Å“uvre pour le siège de Carthage, qui dura trois ans, et fut mené à  bien par Publius Cornelius Scipio, surnommé pour cela le second Africain. Le siège s'acheva en -146 par la destruction complète de la ville : elle fut rasée et du sel fut semé sur les terres pour les rendre infertiles, par crainte de la résurrection de la puissance de Carthage.

L'occupation romaine

La fin de la troisième guerre punique (-146) marque l'établissement de la colonie romaine d'Afrique.

Carthage est reconstruite par Jules César (Colonia Julia Karthago). Celle-ci devint la capitale de la nouvelle province d'Afrique et retrouve rapidement son rang et sa prospérité d'autrefois.

C'est une période de grande prospérité, l'Afrique est le « grenier à  blé Â» de Rome (cf. Colisée d'El Jem, antique Thysdrus, l'un des plus grands de l'empire).

Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage est au IVe siècle l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident.

cf. Tertullien, saint Cyprien, saint Augustin.

Vandales et Byzantins

Les invasions barbares

Carthage est conquise en
439 par les Vandales, menés par Genséric.

L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie.

La restauration byzantine

Carthage est reprise en 533 par les Byzantins (Empire romain d'Orient), menés par Justinien Ier.

Retour de la prospérité.

Justinien en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à  la suite de la crise monothéliste, les empereurs de Byzance, opposés à  l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage.

àˆre arabo-musulmane

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie à  l'époque arabe

Cette ère est marquée par le développement urbanistique du pays, et l'apparition de grands penseurs tels que Ibn Khaldoun, historien et père de la sociologie moderne.

Les invasions arabes

Les Aghlabides

~800 : établissement de la dynastie des Aghlabides.

Construction de la Mosquée Zitouna de Tunis.

Influence de Kairouan

Les Fatimides

909 : dynastie des fatimides

921 : fondation de Mahdia, qui devient la capitale du pays

Les Almohades

1159 : unification du Maghreb (occident arabe, de l'Andalousie à  la Tunisie) par les Almohades

Les Hafsides

1236 : indépendance des Hafsides (vassaux des Almohades) ; fondation d'une nouvelle dynastie à  Tunis

XVe et XVIe siècles : arrivée des mauresques musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la Reconquista

Période ottomane

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie des Beys

L'annexion ottomane

1574 : La Tunisie est annexée à  l'Empire Ottoman.

Les Husseinites

1705 : fondation de la dynastie des Husseinites

Quoique toujours officiellement une province de l'Empire Ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle. à€ cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l'abolition de l'esclavage et l'adoption en 1861 d'une constitution — la première du monde arabe —, et manqua même de devenir une république indépendante.

Malheureusement, en raison d'une part des la politique ruineuse des Beys, et d'autre part d'interférences étrangères dans l'économie, le pays connut de graves difficultés financières qui contraignirent à  déclarer la banqueroute en 1869. Ce fut l'occasion pour les grandes puissances européennes de mettre pied dans le pays, qui fit l'objet de rivalités entre la France, l'Italie et le Royaume-Uni.

La Tunisie avait à  peine amorcé son virage vers l'indépendance qu'elle retombait sous le joug d'une autre puissance étrangère. Ce fut la France qui réussit à  imposer au Bey un protectorat, à  la grande colère de l'Italie qui voyait la Tunisie comme son domaine réservé.

Protectorat français

Voir aussi l'article détaillé : Protectorat français en Tunisie

Le traité du Bardo

Le 12 mai 1881, le protectorat français fut officialisé par la signature du traité du Bardo. La France ne tarda pas à  abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le Bey à  abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au Résident Général de France, qui représentait à  Tunis les intérêts de la République française protectrice.

L'occupation française

modernisation du pays (ex : réseau ferré, agriculture moderne, industrialisation, etc.)

Le réveil du nationalisme tunisien

Le Mouvement Réformiste Tunisien est né autour de Kheireddine Pacha au milieu du XIXe siècle.

Grà¢ce à  Béchir Sfar et malgré l'occupation française, le Mouvement Réformiste s'est mà» en mouvement de résistance à  l'occupation française et donna naissance en 1906 au Mouvement des Jeunes Tunisiens. Ce mouvement fut durement réprimé par l'occupant français (événements tragiques du Jellaz en novembre 1911 et du Tramway en février 1912), mais le Mouvement des Jeunes Tunisiens renaîtra de ses cendres en 1919 pour donner naissance, au Parti Libéral Constitutionnel Tunisien (Parti du Destour).

Entré en conflit avec le régime du Protectorat, le Destour a, dès la proclamation officielle de sa création le 3 juin 1920, exposé son fameux programme en 8 points.

En 1932, Bourguiba fonde avec d'autres le journal L'Action Tunisienne, qui, outre l'indépendance, prà´ne la laà¯cité. Cette position originale au sein du Destour conduisit en 1934 plus tard à  sa scission en deux branches, l'une islamisante qui conserva le nom Destour, et l'autre moderniste, le Néo-Destour. Ce nouveau parti fut dirigé par un bureau composé du Dr Mahmoud Materi (Président), de M. Habib Bourguiba (Secrétaire Général), et de MM. Tahar Sfar, Bahri Guiga et M'hammed Bourguiba (membres).

Au milieu des années 30, la répression coloniale se fait plus violente et Habib Bourguiba est éloigné avec d'autres militants dans le Sud tunisien o๠il est assigné à  rédidence. En 1936, l'accession au pouvoir du Front Populaire permet la libération des leaders indépendantistes. Ce répit ne dura pas et en 1938, Habib Bourguiba est emprisonné en France pour conspiration contre la sà»reté de l'État.

La deuxième guerre mondiale

En 1940, le régime de Vichy le livra à  l'Italie à  la demande de Mussolini, qui espérait l'utiliser pour affaiblir la résistance française en Afrique du Nord. Cependant Bourguiba ne voulut pas cautionner des régimes fascistes et lança le 8 aoà»t 1942 un appel pour le soutien aux troupes alliées, position qui lui valut d'être aussità´t arrêté par les nazis, mais qui allait être à  l'origine de sa remise en liberté en avril 1944.

En marche vers l'indépendance

Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef menèrent des négociations avec le gouvernement français, mais leur échec provoqua en janvier 1952 le début de la révolution armée et un durcissement des positions de chaque camp.

Cette situation difficile fut apaisée par les réformes de Pierre Mendès-France un peu plus d'un mois après son accession au pouvoir en juin 1954. En effet, le 31 juillet 1954, il annonce unilatéralement la reconnaissance de l'autonomie interne de la Tunisie, et la formation d'un gouvernement intérimaire, auquel participèrent trois membres du Néo-Destour. Le traité de l'autonomie interne fut signé le 3 juin 1955 malgré l'opposition de Salah Ben Youssef pour qui ces accords constituaient un pas en arrière. En effet, contrairement à  Bourguiba qui prà´ne une indépendance obtenue pacifiquement, « à  travers des étapes, avec l'aide de la France et sous son égide Â», Salah Ben Youssef soutient le panarabisme et souhaite l'indépendance totale et immédiate. Le différend entre les deux leaders du Neo-Destour finit par être tranché en faveur de Bourguiba quelques mois plus tard, évitant ainsi au pays le bain de sang que promettait une guerre frontale avec la France.

Le 20 mars 1956, la France finit par concéder à  la Tunisie l'indépendance totale (à  l'exception du port stratégique de Bizerte) et moins d'un mois plus tard fut élue l'Assemblée Nationale Constituante, dont Habib Bourguiba fut le premier président.

La Tunisie moderne

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie depuis 1956

La construction d'un état moderne

à€ l'indépendance, le pouvoir n'est pas restitué au Bey mais donné au peuple tunisien, représenté par le mouvement du Néo-Destour du leader Habib Bourguiba. Celui-ci est nommé président du Conseil par l'Assemblée Nationale. Les réformes se succèdent alors pour mettre en place un État moderne, parachever la souveraineté nationale et moderniser la société.

Bien que l'Islam reste la religion d'état (le président de la République doit par exemple être de religion musulmane), le pouvoir des chefs religieux fut grandement réduit. Dès le 13 aoà»t 1956, dans la foulée de l'indépendance, Bourguiba fait promulguer le code du statut personnel, qui donne aux femmes, encore aujourd'hui, un statut inou௠dans le monde musulman, dépassant même celui des Françaises dans certains domaines :

Cependant, malgré quelques tentatives, il ne put imposer l'égalité des deux sexes dans l'héritage en raison d'une trop forte réticence des chefs religieux ; il se contenta donc d'encadrer ces pratiques pour éviter les abus.

Le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie et la Tunisie devient une République, dont Habib Bourguiba est élu président le 8 novembre 1957. La Constitution est définitivement ratifiée le 1er juin 1959.

Le Bourguibisme

Nommé président à  vie

Émeutes de Gafsa

Crise des années 1980. Au milieu des années 1980, la Tunisie connut une crise politique et sociale étouffante, avec le développement du clientélisme et de la corruption, la paralysie de l'État devant la dégradation de la santé de Bourguiba et les luttes de succession, et le durcissement du régime. Cette situation favorisa la montée de l'Islamisme, ce qui mena le pays au bord de la guerre civile, avec des émeutes de plus en plus vives. Commencé dans une atmopshère de libéralisme et de laà¯cisation de la société tunisienne, le long règne de Bourguiba s'achève ainsi dans une atmosphère de crépuscule alimentée par une une grave crise économique et une véritable paranoà¯a du chef de l'État, engagé dans une lutte sans merci contre la montée de l'islamisme menée par le général Ben Ali, ministre de l'Intérieur puis Premier ministre.

Relations avec la France

Relations avec l'Algérie

Relations avec la Libye

La tentative d'union entre la Tunisie et la Libye

Voir aussi : union tuniso-libyenne

Crise avec la Libye

L'ère nouvelle

Le 7 novembre 1987, Zine el-Abidine Ben Ali, Premier Ministre, déposa le président Bourguiba pour sénilité, et prit en main les destinées du pays à  l'issue d'un "coup d'état médical", unique dans les annales du monde arabe. La succession au pouvoir s'est opérée dans le cadre de la légalité constitutionnelle et de façon pacifique.

Élu président de la République en 1989, il poursuivit la politique de Bourguiba dont il se positionna comme le fils spirituel.

La démocratisation du pays se fait lentement mais sà»rement au fil des suffrages :


Note : certains passages de cet article, ou d'une version antérieure de cet article, proviennent d'un texte portant la notice de copyright suivante : « L'auteur autorise la reproduction et la modification de copies du texte de cette page, à  condition qu'il soit clairement indiqué que le texte original provient de http://www.tunisie.online.fr  Â»