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Humour

     

L'humour est une notion très difficile à  définir ; de plus, elle varie énormément d'une culture à  l'autre, à  tel point que l'on peut parler spécifiquement d'humour anglais ou d'humour juif, par exemple. On pourrait le définir rapidement comme une forme d'esprit permettant de dégager certains aspects cocasses ou insolites de la réalité. L'humour peut se révéler important dans la vie de l'homme : il lui permet en effet de prendre du recul sur ce qu'il vit ; en ce sens, la définition qu'en donne Joseph Klatzmann dans son ouvrage L'humour juif (aux PUF, collection « Que sais-je ? Â» n° 3370), c'est-à -dire « rire pour ne pas pleurer Â», trouve toute sa pertinence. L'humour, en première analyse, est censé faire naître le rire. Dans les faits, il existe plusieurs degrés, du sourire plaisant à  la franche hilarité. L'on nomme humour noir une forme d'humour qui s'appuie sur des éléments tristes ou désagréables et les tourne en dérision (l'humour juif, à  cet égard, est souvent noir) et rire jaune un rire forcé et amer. De fait, l'humour n'est pas nécessairement lié à  la joie.

Les origines et les fonctions du rire engendré par l'humour sont difficiles à  cerner ; l'adage populaire « un bon rire vaut un bon biftek Â» montre qu'il possède en tout cas une fonction cathartique : l'on se sent bien après avoir ri ; c'est en ce sens que les Anciens le concevaient dans leurs comédies ; il permet, de plus, de dénoncer de manière plus ou moins cachée ce qu'indique la formule consacrée castigat ridendo mores (« elle corrige les mÅ“urs par le rire Â») appliquée à  la comédie. Pour certains éthologues, le rire, que l'on semble constater chez certaines races de singes, est avant tout le rictus, c'est-à -dire un soulèvement des lèvres afin de montrer les dents ; il pourrait donc être une forme de violence détournée, une inclination à  l'agression résumée en une mimique. Vu sous cet angle, l'humour permettrait d'évacuer cette violence, née de la frustration et de la souffrance (surtout dans l'humour noir) ; l'on rejoint là  la fonction cathartique. Le lien avec une sensation de malaise peut facilement se vérifier si l'on considère la gêne ressentie et par l'auditoire et l'auditeur lorsque celui-ci rate un trait d'esprit et ne parvient pas à  faire sourire

Il faut noter que le terme même d'humour est récent ; il nous vient des Anglais, sous la forme humour, qui désigne à  la fois les dispositions du tempérament et les fluides corporels, dont on pensait qu'ils régissaient le comportement et la santé. Le mot anglais est un emprunt antérieur au français humeur, qui possédait à  l'époque les deux sens décrits plus haut. Le mot humour est attesté pour la première fois en français au XVIIIe siècle, entré en France grà¢ce aux liens qu'entretenaient les penseurs des Lumières avec les philosophes anglais. Auparavant, l'on utilisait dans le domaine littéraire le mot esprit, que l'on retrouve dans des expressions comme « avoir de l'esprit Â» ou « trait d'esprit Â». L'esprit se définissait plus comme une forme d'ironie acide et pince-sans-rire, que l'on constate facilement chez des auteurs du siècle des Lumières comme Voltaire, Diderot ou Crébillon fils. Sigmund Freud a étudié le trait d'esprit (Witz) dans Le trait d'esprit et sa relation à  l'inconscient (1905). L'humour tel que pratiqué par les Anglais se révélait cependant plus proche d'une forme de regard absurde et détaché sur les événements, sans forcément conduire à  la malveillance vers laquelle tendait souvent l'esprit français.

Les apparitions les plus fréquentes de l'humour sont les histoires amusantes, ou encore drà´les, désignée fréquemment sous le vocable de blagues. Il se manifeste cependant de manières très diverses et n'est pas toujours explicite (c'est le cas de l'ironie, de la pointe, de la remarque pince-sans-rire). Des gestes même peuvent être comiques ; enfin, si l'humour est toujours volontaire, l'on peut être comique sans le vouloir. L'humour, cependant, est indissociable du comique, c'est-à -dire de « ce qui est propre à  faire rire Â» ; le comique est, parmi les tonalités littéraires, ce qui permet l'humour ; on en distingue principalement six formes :

En sorte, l'humour utilise nécessairement une forme de comique, mais toute manifestation comique n'est pas forcément humoristique.

Enfin, si l'humour permet à  l'homme, par le décalage et l'absurde, de prendre conscience de lui-même, de ses dérèglements ou de ceux de la société, il ne faut pas s'étonner que les sujets choisis par l'humour dit noir puissent être macabres ou choquants : la mort, la blessure, le désespoir et l'angoisse font bel et bien partie de la vie humaine. On ne doit cependant pas oublier, pour paraphraser Pierre Desproges que si l'on peut rire de tout, on ne peut le faire avec tout le monde.

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