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Interopérabilité

Sommaire
1 Définition
2 Le Yin et le Yang de l'interopérabilité
3 Organismes de normalisation

Définition

L'interopérabilité est le fait que plusieurs systèmes, qu'ils soient identiques ou radicalement différents, puissent communiquer sans ambiguà¯té. C'est une notion absolument cruciale pour le réseau téléphonique mondial et Internet, qui par essence sont des réseaux hétérogènes, o๠se croisent des matériels divers et variés, faisant tourner une panoplie encore plus vaste de logiciels.

L'interopérabilité nécessite que les communications obéissent à  des normes, clairement établies et univoques. Ces documents techniques définissent souvent des exigences, parfois accompagnées de recommandations plus ou moins optionnelles. Si la norme est correctement écrite, deux systèmes qui satisfont aux exigences doivent dialoguer ensemble sans souci... Ils peuvent ainsi évoluer librement tant qu'ils respectent la norme définissant leurs interfaces (voir ).

Par exemple, la norme peut définir quels sont les voltages ou les puissances électriques qu'il faut utiliser dans certains types de cà¢bles, les séquences d'informations ou de commandes qu'un système doit envoyer, et comment son correspondant doit y répondre.

Il ne faut pas faire la confusion entre norme et un standard qui désigne ce qui est produit habituellement par un producteur et ne dépend que de lui. Cette confusion vient de l'anglais qui n'a qu'un seul mot et pour qui standard signifie aussi norme. La norme est établie par un organisme indépendant qui empêche les modifications unilatérales. On comprend donc qu'il est très dangereux de définir l'interopérabilité à  partir de standards.

Le Yin et le Yang de l'interopérabilité

Le Yang : les normes ouvertes et communautaires

Certains groupes (souvent des consortiums ou des associations) ont un processus de rédaction des normes qui est collaboratif : sous certaines conditions, des individus ou des entreprises peuvent adhérer et participer à  des groupes de travail qui élaborent la documentation technique qui constituera la norme.

Cette norme est ensuite publiée, parfois d'abord à  l'état de brouillon, dont les essais d'implémentation permettront d'en trouver les failles et d'en corriger les défauts, puis de candidat à  la publication et enfin de recommandation officielle ou de document d'information.

Cette publication est ouverte, tout un chacun a la possibilité d'étudier ces documents et de tenter de développer un système conforme à  ces normes. De plus, le fait que la rédaction soit relativement ouverte à  la communauté évite de voir des normes publiées qui ne satisfont qu'une minorité qui détiendrait un pouvoir de décision sur leur contenu.

Exemples d'organismes : IETF, W3C, ISOC, OASIS

Exemples de normes ouvertes : XML, XHTML, PNG, Ogg Vorbis

Le Yin : les formats opaques et propriétaires

à€ l'opposé, le frein majeur à  une interopérabilité optimale est la présence parmi les matériels et les logiciels de l'utilisation de formats dont seuls leurs concepteurs auraient les clefs. Seule une poignée de privilégiés peut donc développer les outils pour utiliser ces formats, sauf à  les étudier de près, par ce qu'on appelle de l'ingéniérie inverse, pour en deviner le fonctionnement. Malheureusement, certains pays interdisent cette pratique (DMCA aux USA, EUCD en Europe).

Exemple : la suite Microsoft Office 95, XP, etc. (formats de documents)

Entre les deux : les normes à  distribution restreinte

Entre ces deux mondes, il existe également un grand nombre d'organismes plus ou moins ouverts dans la sélection de leurs membres, souvent orientés vers les entreprises et ayant des cotisations ou des droits d'entrées conséquents, dont les publications ne sont pas librement accessibles, mais payantes. C'est le cas de la majorité des organismes d'État, notamment.

Exemple : ISO, ANSI, AFNOR, UIT

Parfois, c'est une très petite assemblée de personnes, voire une seule, qui décide d'une norme. Elle peut être plus ou moins à  l'écoute des suggestions, bien sà»r, de ses utilisateurs.

Exemple : RAR (algorithme de compression), PDF (format de document pour l'impression), Java (langage de programmation), Flash (format d'animation pour le Web)

Dans certains pays (les USA et le Japon, c'est à  l'étude actuellement par le Parlement européen), il est également possible de devoir reverser des dividendes pour utiliser des normes, lorsques celles-ci sont brevetables.

Exemple : GIF (format d'image), MP3 (format de son)

Organismes de normalisation

Les organismes majeurs publiant des normes

; ISO: International Organization for Standardization ; ANSI: American National Standards Institute ; AFNOR: Association française de normalisation ; ITU: International Telecommunication Union

Pour l'Internet en particulier

; IETF: Internet Engineering Task Force ; ISOC: Internet Society ; W3C: World Wide Web Consortium ; OASIS: Organization for the Advancement of Structured Information Standards