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Jiu jitsu

   

Le jiu jitsu (柔術), signifiant littéralement "art doux" ou "art souple", regroupe des systèmes de combat qui furent développés durant l'ère féodale du Japon et qui font appel aux prises, étranglements, clés et projections afin de maîtriser un adversaire. Plus tard, cet art fut adopté par différents groupes de personnes qui en développèrent plus particulièrement certains aspects. Ainsi naquirent différentes disciplines telles que le karaté, développant la frappe, l'aà¯kido, les clés et les déplacements, le judo, les projections et le combat au sol. De par ce fait, le jiu jitsu est souvent qualifié d'"art-mère".

Sommaire
1 Les origines du jiu jitsu
2 La légende du docteur Akiyama
3 Période Edo
4 Restauration Meiji
5 Période expansioniste
6 Période contemporaine
7 Voir aussi

Les origines du jiu jitsu

Le jiu jitsu, encore appelé jujutsu et ju jitsu ou yawara, est une méthode de combat faisant appel aux prises, clés et projections afin de maîtriser un adversaire et pouvant utiliser certaines armes. Le concept principal de cette technique est le jiu, éviter l'attaque et la contrà´ler, sans besoin de force. Par cette technique, Ju yoku go o sei suru : le doux vainc le dur.

Les méthodes de combats connues comme jitsu datent d'au moins 1500 ans. Les débuts du jitsu peuvent être situé dans la période turbulente au Japon qui s'étalait entre le VIIIe et le XVIe siècle. Cette période connu au Japon d'incessantes guerres civiles et les systèmes d'armement classiques furent développés et éprouvés sur les champs de bataille. Les techniques de combats rapprochés faisaient partie intégrante de ces systèmes afin de combattre efficacement des adversaires portant armes et armure.

La naissance du jitsu coà¯ncide probablement avec l'origine de la classe des samouraà¯s datée à  792. L'armée était constituée à  cette époque de soldats se déplacant à  pied et armés de javelots. Les officiers étaient recrutés parmi les jeunes fils des grandes familles et étaient formés au maniement de l'arc, au commandement des troupes et également au combat sans armes. L'empereur Kammu construisit le Butokuden, une école formelle pour ces officiers que l'on connaît sous le nom de samouraà¯s. Ce terme provient du mot japonais service (saburaui). Pour être samouraà¯, il fallait être né dans une famille de samouraà¯. Les samourais travaillaient pour leur maître, le shogun. Le shogun domina la vie politique du Japon entre 1185 et 1868. Les samourais médiévaux étaient généralement illettrés, propriétaires terriens ruraux et s'occupaient de leur domaine entre les batailles. Le terme de samoura௠substitua celui de fermier avec le besoin et l'engouement sans cesse grandissant à  défendre les classes dirigeantes. Le mot samoura௠signifie "celui qui sert" et entra dans le langage en cette fin du VIIIe siècle.

A la fin du XIIIe siècle, les Mongols envahissent le Japon et les samouraà¯s se défendent durant des années dans de terribles combats. Les samouraà¯s développèrent un style de combat qui dépendait de l'épée comme première arme à  la bataille. Au XVe siècle, le maîtres d'armes établirent des écoles afin d'enseigner leur style du ken jutsu, l'art de l'épee. Entre 1467 et 1477, la Guerre d'à”nin se déroule, celle-ci voit le déclin du pouvoir des Shoguns et le début du sengoku jidai, l'à‚ge du Pays en Guerre, qui va durer 150 ans.

Le premier jitsu ryu reconnu fut formé par Takenouchie Hisamori en 1532 et consistait aussi bien en des techniques usant de l'épée, du bà¢ton et de la dague que en le combat à  mains nues. Les sauts et les coups de pieds n'étaient pas enseignés dans le jitsu puisque les techniques étaient destinées à  des combattants portant une armure. Le terme jiu jitsu commença à  être utilisé vers 1600.

La légende du docteur Akiyama

Il y a très longtemps vivait au Japon un certain docteur Akiyama. Lors d'un voyage en Chine, il fît la connaissance, en Mandchourie, d'une secte religieuse qui pratiquait une sorte de self-défense basée sur la connaissance du corps humain. Le docteur ne pà»t prendre part aux entraînements mais fà»t autorisé à  regarder les exercices. La discipline, qui s'appelait hakuda, permettait de se défaire d'un adversaire armé et visiblement plus fort. De retour au Japon, il essaya d'enseigner ces techniques à  sa famille. Mais comme il n'avait pas pratiqué, il ne comprît pas le principe de base du hakuda. Ce principe, il le trouva d'une manière très naturelle. Il constata que durant l'hiver, les grosses branches du chêne se cassent sous le poids de la neige, alors que les fines branches du saule se plient et rejettent la neige. Voilà  ce qu'était l'esprit du hakuda : employer la violence et le poids de l'adversaire pour le terrasser. Il nomma cette nouvelle méthode de combat le jiu jitsu, l'art doux.

Période Edo

En 1603, Tokugawa Ieyasu forme un gouvernement militaire et ramène la paix et la stabilité économique et politique dans le pays. Ceci marqua le début de la période Edo (1603-1868). Sous la direction de Tokugawa Ieyasu, la société était divisée en 4 classes : les samouraà¯s, les paysans, les artisans et les marchands. Seuls les samouraà¯s étaient autorisés à  porter 2 épées, le wakizashi (épée courte) à  tout moment et le katana uniquement en extérieur. Cette période de paix présenta un problème pour les samouraà¯s qui faute de batailles n'avaient plus de revenus. Faire autre chose les aurait fait perdre leur statut pour les rabaisser à  un rang inférieur. Les samouraà¯s sans maître devinrent des ronins. Le gouvernement essaya de les aider en leur attribuant des subsides et en les poussant vers l'éducation. Beaucoup de samouraà¯s devinrent des professeurs d'arts martiaux, mais apprenant alors des styles sans armes. Ces styles sans armes furent développés à  partir des styles de combats armés et furent collectivement appelés jiu jitsu. Durant l'apogée de la période Edo, il y avait 725 styles officiellement reconnus. Ces styles différaient selon qu'ils s'axaient plus sur les coups de pieds, coups de poing, les projections ou les clés.

Restauration Meiji

Une grande partie de la population commença à  se sentir opprimée par le régime de Tokugawa Ieyasu et plus particulièrement la classe grandissante des marchants qui voulait accroître ses contacts avec l'Amérique et l'Europe. En 1868, le régime de Tokugawa Ieyasu s'écroule lors d'une guerre civile connue comme la restauration Meiji. Ceci marqua la fin de la période Edo, le pouvoir quitta le shogun pour revenir à  l'empereur. Comme une grande partie de la classe des samouraà¯s supportait le shogun, celle-ci fut démantelée par l'empereur Meiji qui introduisit le Serment Impérial des Cinq Articles. La classe des samourais perdit donc sa position privilégiée lorsque le féodalisme fut aboli en 1871. En 1876, Meiji déclare une loi interdisant le port des épées, le symbole ultime du guerrier. Les samourais mécontents fomentèrent de nombreuses rebellions durant les années 1870, la plus célèbre fut menée par le héros de la restauration Saigo Takamori. Et elles furent réprimées avec grandes difficultés par une armée nationale nouvellement formée. Les samourais avaient définitivement perdu leur profession et leur droit de porter les épées. Leur plus haute position sociale était abrogée après plus de 1000 ans d'existence.

Le Japon mena sa totale reconstruction en quelques décénnies. Rétrospectivement, elle semble avoir été aussi rapide que radicale. Or, les changements ne s'opèrent pas du jour au lendemain, mais par remaniements successifs et modérés des systèmes en place. La réhabilitation du tennà´, qui n'avait plus guère d'impérial que le nom, en fut le principal vecteur. La première réforme consista à  refondre les structures administratives et sociales. Dès 1870, les daimyo (daimyà´) furent dépossédés des leurs fiefs, remplacés par des préfectures, et les paysans purent acheter des terres. Les samouraà¯s durent renoncer au port du daisho. Réduits au rang de simples citoyens, ils perdirent du même coups tout privilège économique. Mais si les rentes des seigneurs diminuèrent, elles étaient encore suffisamment élevées pour que ces réformes modernistes ne s'accompagnent pas, comme ailleurs, de violents soubresauts.

Période expansioniste

Un édit impérial déclara criminelle la pratique des vieux styles d'arts martiaux. Cependant, certains maîtres continuèrent de pratiquer leur art en secret ou s'expatrièrent pour permettre à  leur style de se perpétrer. Ce n'est que plus tard, suite à  la fin de l'occupation américaine en 1951 que le ban sur le jitsu fut levé, permettant une libre pratique de l'art.

Période contemporaine

Durant l'occupation américaine, les différents styles de jitsu furent bannis parce qu'on pensait qu'ils pouvaient contribuer au militarisme japonais. A partir de ce moment, un style de do, plus axé sur la maîtrise de soi et de son agressivité (dans une optique de paix que les autres pratiques sportives partagent), et découlant du jiu jitsu gagna en popularité (judo, karate do, aà¯kido). Le jiu jitsu ne s'est pas imposé comme sport aussi facilement, de ce fait la compétition n'y joue qu'un rà´le mineur.

Voir aussi