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Loterie

La première loterie connue qui ait été tirée en France le fut en 1505 avec l'autorisation de François Ier, sous l'impulsion d'un immigré italien du nom de Tonti, nom qui dévia ultérieurement en tontine.

Après cette première loterie (d'état) et durant deux siècles les loteries furent interdites en France, ou simplement tolérées dans le meilleur des cas.
Le grand retour des loteries date de la fin du 17e siècle avec Les loteries permirent à  des très nombreux ordres réguliers de survivre au XVIIIe siècle, elles permirent également de réparer, rebà¢tir, voire bà¢tir des nombreuses églises en particulier à  Paris (St Sulpice ou ce qui est actuellement le Panthéon pour ne citer que certaines des plus connues).

Le total des sommes généré par les loteries devint cependant tellement important que durant toute la seconde moitié du XVIIIe siècle le pouvoir royal tenta (avec succès, mais non sans difficultés) de les récupérer à  son seul profit.
La monarchie commenca par interdire ou récupérer pour elle certaines loteries (versant aux ordres religieusx des indémnités souvent bien inférieures aux revenus précédement générés).
Elle renforca également son arsenal juridique contre les tricheurs, les faussaires, etc. La gradation des peines est d'ailleurs très intéressante, celles-ci étant modérées dans le cas d'une tricherie à  une loterie religieuse, plus sévère dans le cas d'une loterie semi publique (Loterie de l'Hotel de Ville par exemple) jusqu'aux galères dans le cas des loteries d'état. Note : le terme "galères" était conservé au XVIIIe siècledans le jargon judiciaire même si plus aucun condamné n'était effectivement envoyé sur des galères, cela revenait à  une condamnation au bagne.

En 1774, à  l'initiative de Mme de Pompadour fut crée la Loterie de l'Ecole Militaire, première vraie tentative de loterie nationale, même si le pouvoir monarchique tolérait encore quelques loteries religieuses mineures à  cette date. La Loterie de l'Ecole Militaire servirt à  financer l'achat du Champ de Mars et à  construire L'Ecole Militaire (toujours debout) ou quelques années plus tard Napoleon vint faire ses études.
La Loterie de l'Ecole Militaire fut transformée en Loterie Royale de France quelques années après sa création et fut dès lors la seule loterie autorisée en France... La monarchie venait de gagner un combat qui, à  la veille de la Révolution Française, lui permettait d'encaisser entre 5 et 7% des ses revenus (estimation réalisée d'après les documents disponibles aux Archives Nationales).

Les loteries sucitèrent de nombreux débats et de violentes querelles tout au long du siècle entre d'un part moralistes, philosophes des Lumières et certains théologiens qui considéraient les loteries comme de véritables arnaques, générant accoutumance, vice, crime et pauvreté parmi les joueurs, et d'autre part les bénéficiaires du produit des loteries.
Il est a noter qu'on trouve aux Archives Nationales un pamphlet d'une virulence extrême contre les loteries, mais également d'une grande finesse et qui résume bien le débat moral qui agîta le siècel, dont l'auteur n'est autre que l'évêque d'Autun, à  savoir Talleyrand, ce qui est assez ironique vu la moralité du personnage.

La loterie fut supprimée en 1791 ou 1792 par les députés révolutionnaires et ne réapparut que dans les années 1930 sous le nom de Loterie nationale... notre actuel Loto.