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Mécanismes de défense

Pour la psychanalyse, les mécanismes de défense désignent les processus utilisés par le Moi dans une perspective adaptative. Le plus souvent, leur utilisation est banale et souple. On voit alors leur contribution aux traits de caractère. Pourtant, lorsque le conflit entre les différentes instances psychiques (Ca, Moi, Idéal du Moi, Surmoi) ou entre certaines de ces instances et la réalité s'intensifie, ou si les mécanismes sont trop rigides ou mal adaptés, le fonctionnement psychique perd de sa souplesse et les mécanismes de défense s'expriment alors sous forme de comportements psychopathologiques.

Les différents mécanismes de défense :

Le sujet n'assume pas certaines représentations apparentes lors d'actes ou de pensées. Il va alors tout mettre en Å“uvre pour considérer que ces actes ou pensées n'ont jamais existé. C'est un mécanisme de défense très régressif car il porte non pas sur une représentation mais sur un acte même, c'est-à -dire sur la réalité. On trouve des exemples d'annulation dans certains rites animistes et dans beaucoup d'activités obsessionnelles : les actes de l'obsessionnel, répétés inlassablement ont pour objectif l'annulation d'autres actes ou pensées.

Le travail de la condensation est particulièrement apparent lors du rêve. Une seule représentation va en remplacer plusieurs autres. C'est ce qui nous fait dire au réveil, par exemple : "J'étais dans mon appartement, mais ce n'était pas vraiment mon appartement". Elle est également à  l'Å“uvre dans les actes manqués, les jeux de mots...

La représentation d'un désir frappé d'interdit se trouve refoulé dans l'inconscient. Du seul point de vue du principe de plaisir, il existe donc un manque que le Moi va essayer de compenser, ce qu'il va faire en substituant à  cette représentation initiale d'un désir, une autre représentation qui va discrètement (par le truchement des associations d'idées) évoquer le désir initial. Ce mécanisme est par exemple à  l'Å“uvre lors de transe mystique : en apparence, il n'y a rien de sexuel dans cette manifestation mais se trouve pourtant préservé un affect lié au plaisir sexuel. C'est un des modes de retour du refoulé (voir plus bas "Refoulement").

La formation de compromis constitue elle aussi un mode de retour du refoulé mais ce dernier sera suffisamment déformé pour ne pas être reconnu. Il y aura compromission entre les désirs inconscients (interdits) et les interdictions. Ce mécanisme est particulièrement apparent dans les rêves, dans certains symptà´mes (le besoin systématique d'un objet contra-phobique), ainsi que dans certaines Å“uvres artistiques.

Mécanisme décrit par Sandor Ferenczi et Anna Freud. Son expression la plus banale se retrouve dans les jeux enfantins : jouer au loup, au docteur... Devenir celui qui fait peur permet de le supprimer. Il s'agit dans le cas évoqué d'une "simple" inversion des rà´les. Ce mécanisme peut être plus radical et consister en une véritable introjection de l'objet dangereux.

Mécanisme de défense identifié et décrit par Mélanie Klein et qui est à  l'Å“uvre au cours de la phase schizoparanoà¯de. L'enfant se projette fantasmatiquement à  l'intérieur de la mère pour y exercer sa toute-puissance (elle aussi fantasmée) : possession voire destruction du corps de la mère, contrà´le des objets précédemment projetés dans la mère (pénis du père, autres enfants...). Il est nécessaire que la mère, à  un niveau inconscient, puisse accepter ce type de fantasme. Si un interdit rigide est posé par la mère à  l'encontre de ces fantasmes, il y aura réintrojection chez l'enfant d'objets partiels et menaçants (sein inquiétant, vagin avide) - autant d'objets qui vont appauvrir le Moi.

C'est Sigmund Freud qui en 1894 décrit pour la première fois le fonctionnement de ce mécanisme de défense. L'isolation permet de séparer complètement la représentation de l'affect. La représentation privée de toute association peut alors rester dans le conscient. L'isolation, ainsi que d'autres mécanismes, est à  l'Å“uvre après l'échec d'un refoulement.

C'est le premier mécanisme décrit par Sigmund Freud, en 1895. Il s'agit d'un processus actif qui maintient hors de la conscience les représentations inacceptables. Il s'organise sur trois niveaux :

- le refoulement primaire : à  une époque archaà¯que de l'histoire du sujet, refoulement inaugural portant sur une représentation particulièrement gênante (séduction par un adulte, images de la scène primitive...) sans que cette représentation ne devienne conscience. Ce refoulement primaire détermine en quelque sorte l'orientation future des autres refoulements.

- le refoulement proprement dit : il consiste en un double mouvement. D'une part, le refoulement primaire attire les représentations qui lui sont proches et d'autre part, les instances interdictrices (le Surmoi allié au Moi) repoussent ces représentations dans l'inconscient.

- le retour du refoulé : les représentations qui ont été refoulées dans l'inconscient peuvent se lier entre elles. A l'occasion, certaines représentations - altérées, déguisées - peuvent réapparaître dans le conscient sous la forme de rêves ou de fantasmes (un retour classique et salutaire du refoulé rendu possible par la nécessité d'une soupape), sous la forme de lapsus ou d'actes manqués, et enfin, sous la forme de symptà´mes signalant alors l'échec du processus de refoulement.

Voir aussi sublimation