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Mimétisme

Le mimétisme est un comportement d'imitation qui peut intervenir sur différents plans.

Sur le plan physique, il se manifeste par la capacité de certains êtres vivants à  ressembler (d'un point de vue morphologique), soit à  des éléments de leur milieu, soit à  d'autres êtres vivants. Le résultat (plus rarement l'objectif, quand cela est délibéré) étant d'améliorer la faculté à  échapper aux prédateurs, à  s'emparer des proies, ou à  faciliter les relations avec les congénères.

Sur le plan comportemental, c'est un mécanisme fondamental de l'apprentissage.

Enfin, sur le plan psychologique, c'est selon René Girard le mécanisme fondamental du comportement humain, dont dérive la totalité des éléments de culture, selon une logique implacable à  plusieurs degrés.

Sommaire
1 Le mimétisme physique dans le monde du vivant
2 Le mimétisme comportemental pour l'apprentissage
3 Le mimétisme comportemental en tant que facteur culturel
4 Le mimétisme et la psychanalyse
5 Mimétisme et psychologie sociale

Le mimétisme physique dans le monde du vivant

De nombreuses formes de vie exploitent une ressemblance morphologique avec un élément de leur milieu naturel pour s'y fondre. Par ses formes, couleurs, odeurs et saveurs, ou son, le mime ressemble le plus possible à  une cible qui présente :

Le mimétisme comportemental pour l'apprentissage

La reproduction d'un geste est à  la base de la mémorisation d'une technique.

C'est en voyant l'autre faire que l'on se représente l'utilité ou l'intérêt de la chose faite, en même temps que l'on découvre l'apparence que prend ce geste. Ensuite, c'est en reproduisant le geste que l'on découvre sa difficulté, et que l'on se forge un souvenir de l'enchaînement d'actions élémentaires (au niveau musculaire et conscient) nécessaire à  son accomplissement.

Le mimétisme intervient pour toutes sortes d'apprentissages :

Le mimétisme comportemental en tant que facteur culturel

Selon René Girard, le mimétisme est une relation ternaire,
" un triangle de vaudeville".
Dans l'évolution comportementale, cela la distingue de l'unité (prototype : mère / enfant à  naître), et de la relation binaire (prototype : bébé / mère=nourriture).

Il s'agit d'une recherche d'identité, non pas (ou plutà´t, non pas seulement...) par absorption de la substance du modèle, mais aussi de ses relations (son comportement, sa place, ...) avec le reste du monde : le sujet imite son modèle par rapport aux tiers, objets ou personnes. Cette relation ternaire est donc la suite logique de la relation binaire, et non une alternative qui l'exclurait.

Ces conséquences se déclinent en plusieurs degrés ou niveaux :

Le premier degré

Le second degré

Le processus qui vient d'être décrit, l'a été d'une façon neutre, c'est-à -dire en niant implicitement le caractère magique du résultat et la responsabilité de la victime. Il convient maintenant, exercice difficile, de se mettre à  la place de participants capables de réflexions, mais dont la culture chrétienne (avec son respect de la victime) et la culture matérialo-rationaliste (avec sa négation de toute action magique) sont nulles.

Pour de tels protagonistes, les seules conclusions évidentes sont

A ce stade, il apparaît donc les structures fondamentales de toute société, avec à  la fois, pour chaque comportement ou objet, une interdiction générale et un impératif particulier, par exemple :

Le troisième degré

L'efficacité du processus, c'est-à -dire sa capacité à  pacifier et reconstruire de l'unanimité, implique son ignorance et sa répétition. Tandis que sa répétition entraîne sa révélation progressive, le caractère réel des pouvoirs du sacrifice apparaissant de plus en plus douteux.

Les conséquences peuvent être diverses, certaines mettant fin à  la civilisation, les autres la complexifiant et la faisant avancer :

Le mimétisme et la psychanalyse

Le mimétisme tel que mis en lumière par René Girard contient la
psychanalyse freudienne et ses dérivés, en ce sens que toutes les structures mises en avant par Freud apparaissent comme un résultat des mécanismes mimétiques. Ainsi, et contrairement à  la thèse originale de Freud, ces structures ne sont ni primitives, ni universelles. Ainsi et par exemple,

Mimétisme et psychologie sociale

Le mimétisme comportemental peut aussi être examiné au niveau de ses conséquences sur la société, par le biais de la psychologie sociale. Il est en effet à  la source de phénomènes de groupe ou de foule pouvant conduire à  des travers comportementaux excessifs, voire des aveuglements dangereux (voir plus haut le "troisième degré"), allant du simple conformisme jusqu'à  l'hystérie collective. Par ailleurs le mimétisme peut résulter de manipulation mentale (propagande, gouroutisme)