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Modes de scrutin

Le mode de scrutin est la manière dont est organisée une élection, il définit les modalités techniques de celui-ci.

= Le scrutin majoritaire =

Le scrutin majoritaire est sans aucuns doutes le mode de scrutin le plus ancien. Il fut revendiqué par des juristes comme par exemple Raymond Carré de Malberg ou Adhémar Esmein. Il signifie que le candidat ou la liste qui emporte le plus grand nombre de voix gagne tout les sièges en jeu.

Ce mode de scrutin est très utilisé dans les pays anglo-saxons. Il a pour but principal de dégager une majorité claire, plus confortable pour gouverner.

Une dimension importante est à  apporter au scrutin majoritaire, c'est l'existence d'une division du pays en circonscriptions très nombreuses. La notion de circonscription est important, car celles-ci peuvent fortement influencer le résultat des élections. Par exemple, très longtemps, les circonscriptions rurales ont été surreprésentées par rapport aux circonscriptions urbaines (une circonscription avec un élu représentant un nombre extrêmement variable de votants).

Le scrutin uninominal

à€ un tour

Dans ce mode de scrutin, il n'y a qu'un seul siège à  pourvoir dans chaque circonscription. Le candidat arrivé en tête à  l'issue du scrutin, même s'il n'y a pas majorité absolue, remporte l'élection. Ce type d'élection est en vigueur en Grande-Bretagne et au Canada. Il y a une forte propension à  un augmentation en sièges du résultat en voix du parti vainqueur.

Pour gagner l'élection, il vaut ici mieux avoir une représentation relativement homogène que d'être très fort dans une seule région. Une courte avance suffit pour l'emporter, c'est pour cela que l'écart entre les deux premiers partis est généralement très important. à€ l'inverse, il peut arriver qu'un parti ayant une majorité en voix ne l'ait pas en sièges (comme par exemple lors des élections législatives en Grande-Bretagne en 1951). Le scrutin majoritaire conduit au bipartisme

à€ deux tours

Dans ce mode de scrutin, il n'y a toujours qu'un seul élu par circonscription, mais au terme du premier tour, si aucun des candidats n'a emporté la majorité absolue, suivant les modalités organisant l'élection, les premiers candidats en terme de voix (le plus souvant les deux ou trois voire quatre premiers) se départagent dans un second tour (ballottage). Durant ce second tour, une majorité relative suffit pour être élu. Ce système est par exemple appliqué en Pologne et en France. Pour pouvoir participer au second tour, les conditions varient selon le pays, en France, il faut avoir obtenu au moins 12,5% de votes sur le total des électeurs inscrits. Le résultat à  obtenir varie donc suivant le taux de participation à  l'élection.

Lors du second tour, des candidats peuvent choisir de se désister et d'appeler à  voter pour un autre candidat, cette pratique fait appel à  des alliances préélectorales entre partis. En France, cette pratique est appelée "désistement républicain", et résulte souvent d'une alliance au sein de la droite démocratique et au sein de la gauche. Les partis n'ayant pas créé d'alliances sont le plus souvent sous-représentés en terme de sièges.

Ce mode de scrutin tend à  bipolariser le champ politique, le plus souvent un pà´le de droite et un pà´le de gauche.

Le scrutin plurinominal

à€ un tour

Dans une circonscription électorale précise, il y a plusieurs sièges à  pourvoir, chaque électeur dispose alors d'autant de voix qu'il y a de candidats. Le candidat ou la liste qui arrive en tête dans la circonscription gagne tout les sièges. L'amplification en sièges est ici encore plus forte que dans le scrutin uninominal.

Ce type de scrutin est utilisé par les États-Unis pour les élections présidentielles, mais via un scrutin indirect (méthode des grands électeurs), on a pu voir durant les élections de 2000 que le candidat remportant le plus grand nombre de voix ne devenait pas systématiquement président (Gore : 50 140 140 voix contre 49 792 288 voix pour Bush mais 267 grands électeurs pour Gore et 271 pour Bush). Néanmoins, la plupart du temps, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix emporte l'élection avec un grande avance en terme de grands électeurs.

à€ deux tours

Organisé comme le scrutin uninominal à  deux tours à  la différence que plusieurs sièges sont à  pourvoir.

Avantages et inconvénients du scrutin majoritaire

L'avantage indéniable du scrutin majoritaire est de dégager une majorité claire, en effet, dans la plupart des cas, la parti ayant récolté une majorité en terme de voix voit cette majorité amplifiée en terme de sièges. Si c'est un avantage pour une gouvernance plus aisée (la majorité absolue en sièges est presque automatiquement acquise), cela peut par contre poser de sérieux problèmes démocratiques. En effet, si dans la plupart des cas le parti arrivant en seconde position peut tout de même conserver une présence au sein de l'assemblée, il n'en va pas de même des "tiers partis" (partis venant après les deux premiers) qui sont fortement sous représentés.

Un autre inconvénient de ce mode de scrutin est la forte dépendance dont il est tributaire vis-à -vis de la répartition géographique du vote. Le confection des circonscriptions n'est dès lors pas à  prendre à  la légère, elle peut fortement influencer le résultat des élections. En Angleterre par exemple, une commission spéciale et apolitique a été mise en place pour réorganiser régulièrement ces circonscriptions en fonction des changements démographiques.

Autre conséquence du scrutin majoritaire, les partis régionaux sont bien souvent surreprésentés, de par leur influence locale, ils arrivent facilement en tête dans certaines régions et arrivent par ce biais à  avoir une bonne représentation nationale. On peut voir ce phénomène très nettement au Canada avec le Bloc québecois et en Grande-Bretagne avec le Scottish National Party.

= Le scrutin proportionnel =

Le scrutin proportionnel est né au XIXe siècle avec l'apparition des partis politiques. Il semble que l'inventeur de la représentation proportionnelle soit Victor Considérant dans un ouvrage paru en 1892. Les premiers systèmes pour le mettre en place ont d'abord été proposés par des mathématiciens et portent souvent le nom de leurs auteurs. La Belgique fut la première à  avoir adopté le scrutin proportionel pour ses députés en 1899 (Méthode d'Hondt élaborée par Victor d'Hondt).

Ce mode de scrutin se base sur des listes électorales, la possibilité est donnée de voter soit pour la liste dans son entièreté, soit pour un candidat particulier dans une liste.

Il permet à  chaque parti politique d'obtenir un nombre de sièges proportionnel au nombre de voix. C'est pourquoi il peut sembler plus juste que le système majoritaire, car il rend impossible la prédominance exclusive d'une formation politique qui n'aurait pas le soutien d'une majorité dans le pays. Un des désavantages certains du scrutin proportionnel est qu'il morcèle le paysage politique, un autre est qu'il favorise la création de coalitions gouvernementales, ne permettant pas à  un courant politique précis de mener à  terme son programme.

Le mode de scrutin proportionnel est actuellement le système électoral le plus utilisé en Europe, ce qui n'est pas le cas des pays anglo-saxons. Dans le système proportionnel, il existe aussi des circonscriptions électorales (à  part dans les pays o๠la circonscription est nationale comme par exemple aux Pays-Bas pour les élections nationales et en Israà«l), elles élisent souvent au moins 4 ou 5 députés. Les systèmes pour attribuer les sièges reposent sur des méthodes mathématiques, on peut citer : le quotient électoral, le nombre uniforme ou le quotient national. Dans certains pays, un seuil électoral a été mis en place pour pouvoir limiter l'éparpillement, il se situe de manière très variée entre 1% et 8%.

= Les modes de scrutin mixtes =

Certains scrutins peuvent être mixtes, c'est à  dire que l'on allie un scrutin majoritaire avec un scrutin proportionnel. Souvent dans de tels types de scrutins, une tendance, majoritaire ou proportionnelle, prend le pas sur l'autre suivant l'effet voulu.

=Voir aussi=