Accueil |

Morale

 

La morale est un ensemble de régles de conduite, de relations sociales qu'une société se donne et qui varient selon la culture, les croyances, les conditions de vie et les besoins de la société.

En un sens philosophique, la morale est la théorie normative des actions humaines. Elle porte principalement sur la finalité de l'action et cherche à  résoudre les questions qui peuvent se poser dans la délibération et la prise de décision :

Les philosophes divisent la morale en trois domaines dont les limites ne sont pas toujours parfaitement fixées :

Sommaire
1 Les conceptions fondamentales de la philosophie morale
2 Le problème du fondement de la morale
3 Citations
4 Débats contemporains
5 Bibliographie indicative
6 Voir aussi

Les conceptions fondamentales de la philosophie morale

Morale de la perfection

Cette morale définit le bien désirable comme perfection ; cette perfection n'est pas subjective, mais peut se décrire objectivement. Par exemple le savoir, la réussite, etc. Ce bien est conçu comme le fondement du bonheur, mais sans impliquer la satisfaction subjective. Ce bien représente souvent la réalisation optimale de la nature humaine, et se trouve être de ce fait inégalitaire. Il définit en effet une hiérarchie des perfections à  atteindre, hiérarchie d'o๠découle le mérite des individus.
"Toutes les actions de notre à¢me qui nous acquièrent quelque perfection sont vertueuses, et tout notre contentement ne consiste qu'au témoignage intérieur que nous avons d'avoir quelque perfection." (Descartes, Lettre à  Elisabeth).

Morale de la vertu

Ce type de morale insiste moins sur les règles à  suivre en matière de morale, que sur les bonnes habitudes que nous devons prendre pour nous perfectionner et aquérir un bon caractère (dont les traits sont par exemple : générosité, bienveillance, etc.). C'est sans doute la morale philosophique la plus anciennne de notre civilisation. Ainsi, pour Platon, notre perfection consiste en l'acquisition de quatre vertus cardinales: la sagesse, le courage, la tempérance et la justice. Pour Aristote, la vertu est une bonne habitude acquise dans le but de réguler les émotions (par exemple, ne pas fuire face au danger), et consiste en un juste milieu qui nous fait éviter les extrêmes qui sont des vices, par exemple : là¢cheté <-- courage --> témérité.

La détermination de ce juste milieu (ou médiété) n'est pas une chose facile, et demande un examen de la raison. A ces vertus, les théologiens ajoutèrent la foi, l'éspérance et l'amour.

Cette conception de la vertu implique également que l'on évite les mauvaises habitudes, i.e. les vices, telles que la là¢cheté, l'injustice et la vanité. Ce genre de morale exige une éducation morale développée dès le plus jeune à¢ge, ce qui rend les adultes responsables de la conduite morale des enfants et du développement de leurs vertus.

Le concept de vertu a joué un grand rà´le jusqu'au milieu du XIXèmes siècle, puis déclina face à  de nouvelles morales (évolutionnisem, utilitarisme, etc.). Mais, au milieu du XXème siècle, cette idée a retrouvé une nouvelle jeunesse avec des philosophes comme Anscombe et MacIntyre estimant que les philosophes avaient trop négligé le développement du caractère huamin et que la vertu joue un rà´le fondamentale dans la vie sociale.

Morale du devoir

Les morales du devoir fondent le caractère moral de nos actions par le concept d'obligation. Ce type de morale se conçoit indépendemment de toute conséquence qui pourrait résulter de nos actions. Par exemple, selon Kant, on ne doit pas mentir pour éviter un meurtre, car l'obligation de dire la vérité est absolue et ne tolère aucune condition particulière.

Il existe plusieurs théories des devoirs :

Il faut souligner que tous droit appelle un devoir.

Les théories du devoir n'exposent pas seulement le ou les principes qui rendent morale une action, mais s'efforcent également de résoudre les conflits qui résultent de nos devoirs eux-mêmes.

Morales conséquentialistes

Dans nos actions, nous prenons souvent en compte les conséquences de nos actes. Ces conséquences peuvent donc être considérées comme des critères possibles de notre comportement, ce qui fait de ce type de morale, un type normatif. Pour une morale de ce genre, une conduite est morale si les conséquences d'un acte sont plutà´t bénéfiques que défavorables. L'évaluation de la moralité d'une conduite se fait donc sur la base de ce qui est observable, plutà´t que sur l'intention qui a un caractère privé et difficile à  appréhender.

Plusieurs types de conséquentialisme peuvent être distingués, selon le critère que l'on choisit pour déterminer ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible :

Morale féministe

Les féministes ont souligné le caractère masculin des morales occidentales et se sont efforcés de définir certains types de morale plus appropriés au genre féminin.

Le problème du fondement de la morale

D'une manière très générale, il existe deux types de conception des fondements de la morale :

Dans la conception objectiviste (ou réaliste), les valeurs morales sont éternelles et universelles, ou, au moins, absolues ; on ne peut donc les changer ni les détruire. Au contraire, dans la seconde conception, les valeurs morales sont variables d'une société, d'un groupe ou d'un individu à  l'autre. Cette seconde conception est souvent présentée de manière descriptive, alors que la première est normative. Dans le premier, il est difficile de condamner des pratiques qui appartiennent à  d'autres sociétés (peine de mort, soumission des femmes, etc.), alors que la morale du premier type prétend s'imposer à  tout être raisonnable, dans tous les temps et dans tous les lieux.

Citations

Clément Rosset donne cette définition de la morale : "J'appelle morale toute forme de pensée qui sacrifie à  la tentation de mettre entre elle et le réel le rempart d'une représentation quelconque d'idée ou de mots dont Marcel Aymé dit qu'ils ont l'étrange pouvoir "de tenir à  distance les vérités les plus éclatantes". (Clément Rosset - Le monde et ses remèdes éditions PUF) Quand Proudhon définit la morale, il écrit : « La Justice est le respect, spontanément éprouvé et réciproquement garanti de la dignité humaine en quelque personne et dans quelque circonstance qu'elle se trouve compromise et à  quelque risque que nous expose sa défense. Â»

Débats contemporains

Bibliographie indicative

Voir aussi

Ethique |
Bien | Mal | Responsabilité | Droit | Justice | Utilitarisme | Féminisme