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Pauvreté

 

C'est du premier sens qu'il est question ici

Sommaire
1 définition et mesure
2 Lutte contre la pauvreté
3 pauvreté et politique
4 Pays
5 Le cercle vicieux de la pauvreté
6 Voir aussi

définition et mesure

Par défaut, la pauvreté sans précision désigne le manque de d'argent, puisque c'est le principal élément de comparaison. Mais les pauvres (ceux qui vivent dans la pauvreté) cumulent souvent d'autres manques dans leurs conditions de vie : habitat dégradé, travail précaire, alimentation insuffisante, mauvaise santé, peu d'accès à  l'eau, à  l'éducation, aux services etc.

L'évaluation de la pauvreté est difficile, non seulement en terme de mesure, mais déjà  en terme de définition. On utilise deux types de critères :

On peut aussi construire des indicateurs synthétiques qui tiennent compte à  la fois de critères absolus et de critères relatifs (notamment pour faire des comparaisons internationales, le même dollar pouvant acheter bien plus de services dans un pays pauvre qu'aux USA).

De nombreux organismes tentent d'évaluer le nombre de pauvres, en fonction de leur champ d'action. Très naturellement, les estimations divergeront faute de parler vraiment de la même chose. Par exemple, en 2003 la Banque mondiale définissait comme pauvres les ménages qui disposent de moins de deux dollars par jour, dont extrêmement pauvres ceux qui ont moins d'un dollar par jour. Selon cet indicateur, se sont respectivement 2,8 dont 1,2 milliards de personnes qui sont concernés. Mais si on s'interesse à  la situation française, cet indicateur réduit à  presque rien le nombre de pauvres et semble inadapté, et on préfère généralement utiliser comme seuil de pauvreté la moitié du revenu médian (c'est-à -dire celui de la moitié des français), ce qui a pour conséquence que le nombre de pauvres ne peut que rester élevé, quelque soit l'enrichissement général.

Lutte contre la pauvreté

De tous temps, les sociétés ont cherché à  lutter contre cette situation. Ainsi, on retrouve trace au IIIe siècle de distributions de soupe aux pauvres en Asie Mineure.

Cette action empruntera plusieurs canaux, selon les lieux et les époques

De même la forme de l'action est très variable, et parfois même répressive Enfin, les pauvres aidés varient également

intervention étatique

Depuis le XIXe siècle, certains pays occidentaux ont tenté de remédier à  la pauvreté en instituant des garanties de ressources minimales. Pour les enfants, toujours dans l'idée de leur assurer un bon départ, les principe de gratuité des études primaires, d'interdiction de travail, et les "allocations familiales" se sont rapidement développés.

Pour les adultes, les aides au logement sont apparus massivement au milieu du XXe siècle. Les aides au revenu sans conditions d'utilisation sont plus récente. l'Allemagne fut l'une des premières à  l'établir. En France, le Revenu Minimum d'Insertion (RMI) fait partie de ce filet de sécurité supposé empêcher des personnes de tomber dans la pauvreté.

Mais au début du XXIe siècle, la mondialisation, la fin de l'état-providence, la désindustrialisation et la révolution numérique ne permettent plus à  ces filets de sécurité de jouer leur rà´le, qui au demeurant sont contestés en raison d'effet pervers lorsqu'ils s'appliquent à  des adultes supposés capables d'être responsables de leur vie.

intervention mondiale

La lutte contre la pauvreté fait partie des Objectifs de développement de l'ONU pour le millénaire. C'est devenu une priorité mondiale.

voir le lien externe :

La Banque mondiale a pour mission de lutter contre la pauvreté en finançant des projets pouvant réduire la misère. Certaines organisations non gouvernementales comme Oxfam encouragent le commerce équitable pour que les producteurs puissent vivre dans de meilleurs conditions. D'autres comme ATD Quart Monde, s'attachent à  ce que les personnes, familles et groupes en situation d'extrême pauvreté puissent reconquérir leurs droits, réassumer leurs responsabilités et contribuer à  la société par eux-mêmes. Ils sont alors acteurs centraux de la lutte contre la pauvreté.

pauvreté et politique

Les appréciation divergent sur l'évolution de la pauvreté. En général, les interventionistes étatiques ont tendance à  la voir gravement croitre (et à  préférer les indicateurs relatifs) alors qu'au contraire les libéraux ont tendance à  trouver que la pauvreté est plutà´t en régression (et à  préférer les indicateurs absolus).

De même, le clivage est similaire sur les causes et les remèdes : les uns pensant que la pauvreté résulte d'un manque d'intervention des pouvoirs publics, les autres estimant au contraire que la meilleure façon de lutter contre la pauvreté est de laisser les institutions caritatives et les à¢mes charitables agir.

Durant la Révolution Française est apparu un moment le "Quatrième Ordre", celui des pauvres journaliers, des Infirmes, des Indigens... à  cà´té des trois "ordres" (Noblesse, Clergé, Tiers État) convoqués aux États généraux.

voir lien externe

En 1987, le Conseil Economique et Social français publiait un rapport intitulé " Grande pauvreté et précarité économique et sociale ". Il est toujours consultable à  l'adresse : http://www.atd-quartmonde.org/intern/fondam/WRES_JO87.pdf (site d'ATD Quart Monde, édité avec l'autorisation du Journal Officiel français).

Le rapporteur, Joseph Wresinski, y avait proposé une définition qui fait le lien entre plusieurs réalités : « La précarité est l'absence d'une ou de plusieurs sécurités, notamment celle de l'emploi, permettant aux personnes et familles d'assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales et de jouir de leurs droits fondamentaux. L'insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à  la grande pauvreté, quand elle affecte plusieurs domaines de l'existence, qu'elle devient persistante, qu'elle compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible. Â» (page 6 du document pdf).

Termes proches : misère, exclusion sociale, sous-prolétariat

Pays

Le terme "pauvreté" s'appliquant à  des pays a peu à  peu disparu pour faire place à  d'autres notions comme "les Pays_les_moins_avancés" plus liées à  des questions de développement.

Alors que dans les siècles passés on opposait "pays pauvres" et "pays riches", l'opinion publique a petit à  petit pris conscience que la pauvreté et la misère, même si elles étaient réparties différemment selon les pays, les concernait tous.

Même si, dans les enceintes internationales, quand on parle de lutte contre la pauvreté, on continue de regarder vers des pays du Tiers Monde (à  cause du nombre de personnes concernées), plusieurs organismes internationaux, comme l'UNICEF ont aussi engagé une réflexion et une action de lutte contre la pauvreté dans les pays occidentaux.

Le cercle vicieux de la pauvreté

La pauvreté résulte généralement de conditions de départ défavorables (mauvais accès à  la formation, santé déficiente, ...), et parfois d'accidents (destruction de biens, accident de santé, perte d'emploi, etc.).

Mais cela engendre souvent un cercle vicieux. La pauvreté oblige à  se loger à  bas prix, donc dans des quartiers ayant mauvaise réputation, o๠il y a peu de travail et une offre éducative dégradée, une criminalité sinon plus élevée du moins plus violente, une prévention médicale moins active, etc. Les chances de trouver un revenu par le travail sont moindres, la tentation plus forte de faire appel à  des sources de revenu illusoires (loteries, paris) ou dangereuses (crime), les risques d'accidents sont plus importants. Ce phénomène touche évidemment les enfants, qui dans un tel contexte commencent leur vie avec un handicap, même si le pire n'est nullement certain pour eux.

Dans les pays en développement, o๠les ressources sont rares, les conséquences sont encore plus marquées (famines, catastrophes sanitaires,...)

Voir aussi