Accueil |

Perception

La perception est le phénomène de conscience qui nous relie au monde sensible par l'intermédiaire de nos sens.

Sommaire
1 Mesure de la perception
2 Loi de Weber-Fechner
3 Bibliographie
4 Voir aussi

Mesure de la perception

Les phénomènes perceptifs ne possèdent pas d'échelle de mesure continue. Ce sont avant tout des phénomènes temporels, c'est-à -dire que leur mesure n'est pas constante pour tous les instants (t). L'ouà¯e et la vue sont les deux sens qui nous transmettent des informations les plus importantes sur le temps et sur l'espace ; mais l'inégalité entre les rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup à  l'origine d'une flagrante inégalité entre ces sens. Le seuil de perception d'un son par l'oreille est situé à  10-16 W, quand le seuil de perception d'un source lumineuse ponctuelle (à  l'Å“il nu) est situé à  10-18 W. La vue est donc un sens réservé à  l'immédiat. L'ouà¯e, en véhiculant des indications d'un autre ordre, nous renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l'émotion, des sentiments : par exemple, outre qu'elle peut porter plus d'informations, la voix au téléphone nous en dit plus sur l'état «psychologique» de l'interlocuteur qu'une photo.

Les quantités mesurables ne nous apprennent que peu de choses sur les phénomènes perçus. La psychochologie de la perception doit donc contribuer à  l'étude des relations entre paramètres physiques et attributs sensibles. Les théories physicalistes du XIXe ont tenté de relier, de façon bilatérale et univoque, sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait à  exprimer des grandeurs affectives en fonction de données empiriques (degrés de hiérarchie des perceptions, comparaison de leur somme et de leur différence Â…), des attributs sensibles en fonction de mesures physiques (définissables a priori).

Loi de Weber-Fechner

Ces expériences ont eu leur apogée quand le physicien E. H. Weber et le médecin G. T. Fechner unirent leurs efforts pour réussir à  énoncer leur célèbre loi selon laquelle «la sensation varie comme le logarithme de l'excitation». Cette distanciation de la somme des causes et des transformations linéaires et affines procurant le résultat, l'effet, n'a été rendue possible que lorsque Fechner eut introduit vers 1860 la notion de seuil de perception et précisé certaines méthodes d'investigation et d'observation qui permettaient de les repérer. Rappelons que l'on doit à  Bergson d'avoir dénoncé dans son «Essai sur les données immédiates de la conscience» ce qu'il appelle l' «illusion» consistant à  confondre «l'intensif et l'extensif». Des valeurs intensives, terme un peu désuet aujourd'hui, sont des valeurs qui augmentent par degrés, mais que l'on ne peut ni rattacher à  un nombre, ni rattacher à  une étendue ; par opposition, l'extensif se rapporte, lui, à  une étendue. Pour Bergson, nous associons inconsciemment ce que nous ressentons à  la cause de notre impression ; nous ressentons une certaine quantité, définie par le contraste, la nuance, et nous cherchons un peu abusivement à  la définir par une grandeur en objectivant une donnée qui appartient en propre à  la conscience subjective. Or, «la sensation est un fait psychologique qui échappe à  toute mesure.» Bergson ne nie pas la mesure des seuils différentiels de Weber qui juge de l'excitation, donc de la cause. Mais il critique l'amalgame de Fechner qui met la cause dans l'effet. Il prà´ne donc une radicalisation de la pensée qui mette plus en valeur les états subjectifs. Il faut, nous apprend-il, rétablir la vérité des «données immédiates de la conscience» . On le sait aujourd'hui, la pseudo-loi de Weber-Fechner reste très approximative : elle n'est à  peu près exacte que dans la zone des valeurs moyennes d'intensité acoustique et pour des fréquences moyennes. Ces théories physicalistes opéraient en fait une appréciation psychophysique trop radicale du lien qui unit le monde subjectif du perçu et une ou plusieurs grandeurs mesurables.

Bibliographie

Voir aussi

Conscience | Jugement | Connaissance