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Philosophe

   

Un philosophe est une personne pratiquant la philosophie, et puisqu'il y a certainement autant de manières de la pratiquer qu'il y a de philosophes, il n'est pas facile de décrire brièvement ce que peut être un philosophe ; néanmoins, l'idée la plus générale que l'on peut s'en faire est sans doute celle d'un homme qui dispose sa vie et sa pratique (ses valeurs et ses actions), suivant des considérations théoriques, i.e suivant des principes.

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Sommaire
1 Quelques manières de pratiquer la philosophie
2 Quelques aspects du philosophe
3 Vocation de philosophe
4 Le philosophe dans la société
5 Bibliographie
6 Citations
7 Lien
8 Lien Externe

Quelques manières de pratiquer la philosophie

Cette pratique de la philosophie peut être décrite de plusieurs points de vue qui n'ont sans doute pas tous la même valeur.

Le philosophe n'est peut-être pas à  rechercher de ce cà´té. Par exemple, dans son Vocabulaire critique,
Lalande dit que l'emploie de "philosophe" dans les sens ci-dessus est ironique.

Quelques aspects du philosophe

Vocation de base

Un des traits les plus caractéristiques est certainement que le philosophe fait de la philosophie une activité libre (non rémunérée) à  laquelle il consacre sa vie, i.e. qu'il s'agit d'une vocation. Mais cette vocation s'entend elle aussi de plusieurs manières : par exemple, la philosophie suppose un certain genre de vie, ce que l'on appelle une sagesse, ou un art de vivre. L'idée de vocation sera développée plus bas dans l'article.

De plus, la plupart des grands philosophes étaient aussi des scientifiques pratiquant plusieurs disciplines. L'ensemble de ces disciplines leur permettait de se construire une représentation de l'univers comportant plusieurs perspectives plus ou moins solidaires (biologique, physique, philosophique, etc).

Le philosophe dans la culture occidentale

La valorisation de la connaissance dans la culture occidentale fait que le philosophe est largement considéré, à  tort ou à  raison, comme le sommet du prestige intellectuelle. Mais ce statut est aussi souvent remis en cause, et cela pour des raisons qui apparaissent depuis l'Antiquité, comme par exemple l'utilisation de la philosophie par des opportunistes, ou parce qu'il arrive qu'il y ait des malentendus sur ce que l'on peut attendre de la philosophie. Ce prestige de la philosophie a aussi souffert du développement du monde moderne et de la professionalisation de cette discipline.

Dans le monde moderne, la philosophie peut en effet paraître inutile, d'une part face aux sciences qui prétendent parfois être la source unique de la connaissance, d'autres part face au idéaux de confort et de bien-être des sociétés démocratiques, idéaux soutenus par la science (mais au bénéfice d'une partie de la population mondiale). L'esprit moderne n'est donc peut-être pas compatible avec la discipline de l'esprit et de la vie exigée par une pratique de la philosophie qui ne semble pas rentable. Bien plus, au yeux du philosophe, la culture moderne comporte bien des aspects pour le moins douteux.

Le philosophe peut donc apparaître soit comme un vestige archaà¯que de temps révolus, soit au contraire comme un défenseur d'une vie authentique menacée par la rationalisation outrancière des sociétés marchandes et par la dévalorisation que fait subir de tels systèmes de consommation aux individus. Ainsi, si la place des philosophes dans la société est un problème soulévé depuis Platon, ce problème est remarquable aujourd'hui par la force avec laquelle il se pose : il remet en cause la légitimité même de la philosophie.

Vocation de philosophe

Pourquoi certaines personnes se passionnent-elles pour la philosophie, alors que d'autres semblent la mépriser ? Les philosophes en donnent plusieurs explications, qui se retrouvent de Héraclite à  Bertrand Russell en passant par Descartes. On peut retenir les points communs suivants :

A. Vivre sans philosopher, i. e. sans reflexion sur nos actes et sur le sens de nos valeurs, c'est ne pas vivre réellement ; l'idée de sommeil est fréquente, par exemple, pour Héraclite :

Les autres hommes ignorent ce qu'ils ont fait en état de veille, comme ils oublient ce qu'ils font pendant leur sommeil.

Et pour Descartes :

C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tà¢cher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher.

Le refus ou l'absence de la philosophie entraîne donc une vie d'ignorance,, une vie que l'on passe sans en prendre conscience. C'est un point important car le reproche de passer à  cà´té se retourne parfois contre le philosophe. Ainsi Platon note-t-il que le philosophe est un être maladroit, car ses préoccupations ne concernent pas la vie quotidienne ; il est donc sans expérience, ignorant ce que les autres croient important. Il passe alors pour un homme peu sà»r de lui, et pratiquement pour un imbécile, ou au moins pour quelqu'un qui cherche à  fuir ce monde par la recherche de vérités eternelles (cf. Théétète).

Mais pour le philosophe, vivre sans la pensée, ce n'est pas vivre.

B. Le point de départ de la vocation de philosophe est souvent décrit comme procédant de l'étonnement. De cet étonnement, plusieurs interprétations sont possibles :

"C'est en effet l'étonnement qui poussa comme aujourd'hui les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à  l'esprit ; puis, s'avançant ainsi peu à  peu, ils étendirent leur exploration à  des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse de l'Univers. Or apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance (c'est pourquoi même l'amour des mythes est, en quelque manière amour de la sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à  l'ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à  la philosophie, c'est qu'évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour des fins utilitaires." (Aristote, Métaphyique, Livre A).

Le philosophe dans la société

Conditions matérielles

Comme on le voit, le philosophe est loin de naître grà¢ce à  un système démocratique tel que nous le concevons aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que la démocratie antique est esclavagiste.

Rà´le social et politique

Bien que l'on croit souvent que le travail du philosophe puisse servir à  répondre à  des questions touchant les hommes en général, ou les hommes d'une société en quête de valeurs, il n'est pas certain que cela soit sa tà¢che première. En particulier, on peut se demander si un philosophe a vocation à  intervenir dans des débats d'actualité, comme si son statut réel ou non de penseur lui donnait une supériorité intellectuelle sur les autres hommes. Par exemple, sur un débat concernant la société, en quoi un philosophe est-il mieux placé que n'importe quel citoyen ?

Il est plus probable qu'en réalité un philosophe use de son prestige pour intervenir dans un débat. Or, ceci non seulement paraît fort peu philosophique, mais peut nuire à  la philosophie surtout lorsque ce pouvoir médiatique met en lumière l'opportunisme de certains intellectuels. Cette dernière attitude est surtout une tradition continentale.

Il semble donc que dans une société un philosophe n'ait pas particulièrement vocation à  penser le quotidien, l'actualité, et toute la cacophonie internationale. S'il agit, c'est plutà´t comme un autre, i. e. comme citoyen ou comme être humain. Pourtant, s'il est vrai que la philosophie est aussi un art de vivre, il parait naturel que les autres hommes viennent le consulter notamment lorsque les valeurs se perdent, et que personne ne sait plus ce qu'il en est de la valeur des actions humaines. Cela arrive en effet lorsqu'il y a de grands bouleversements politiques. On explique ainsi le succès de l'éthique pendant la période hellénistique, à  un moment o๠les cadres de la cité s'effondrent. La philosophie serait alors la planche de salut.

Mais cette conception qui demande à  la philosophie des solutions contre le chaos extérieur et intérieur (angoisse, malheurs, souffrances morales, etc.) suppose sans doute un oubli de la perspective propre de celui qui vit pour la pensée. En effet, si l'art de vivre du philosophe est une sagesse, alors cette sagesse est au moins idéalement indépendante des contingences historiques. Ce n'est donc que par accident que le philosophe se trouve dans la position du "thérapeute" de la culture. Mais le problème, au moins dans cette perspective, reste le même : ou bien le philosophe aspire à  la sagesse, et son sentiment est qu'il n'appartient à  aucune société (il est cosmopolite comme les Stoà¯ciens) ; ou bien il aspire à  réformer les hommes et la société, et dans ce cas il risque de se voir réduit au rà´le de moraliste.

En revanche, à  certaines périodes de l'histoire, le philosophe semble avoir pu jouer un rà´le à  sa mesure, et en particulier un rà´le politique plus ou moins important. C'est le cas de certains Présocratiques, qui chercherent à  favoriser une union des cités grecques que des conflits incessants menaient à  leur perte.

Bibliographie

Citations

Lien

Lien Externe