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Protagoras

      

Protagoras (en grec Πρωταγόρας Prà´tagà³ras) est né à  Abdère en Thrace vers 485 et mourut vers 420 av. J.-C. Il fut un philosophe présocratique et l'un des enseignants professionnels grecs appelés sophistes par Socrate. Il enseigna une pensée proche de Démocrite qui lui succéda probablement, si l'on se fie à  l'à¢ge de ce dernier. Par son ami Périclès, il influença la pensée politique contemporaine d’Athènes. Ses idées sur la rhétorique et le droit ont amené le système adversaire dans lequel on amène un étudiant à  débattre pour les deux partis en guise d'entraînement en droit.

Parmi ses nombreuses œuvres (Traité des Dieux, Sur l'àŠtre, Contradictions, Réfutations, De la Vérité, etc.), nous n'avons plus que quelques fragments dont deux sont déterminants dans la définition de sa pensée.

Dans le premier, il affirme : « de toutes les choses, la mesure est l’homme : de celles qui sont, du fait qu’elles sont; de celles qui ne sont pas du fait qu’elles ne sont pas.» On attribua de nombreuses interprétations à  cet énoncé. Ainsi, c'est par l'homme et du point de vue de l'homme que le bien et le mal, le vrai et le faux prennent leur définition. La justice absolue ne peut donc exister car elle est relative. L'énoncé peut aussi signifier que c'est l'homme qui crée les différences en ce qui concerne le langage, le savoir, la sensibilité ou les perceptions. Alors toute affirmation faite par un homme n'aurait de signification absolue que pour cet homme. Par exemple, s'il détermine qu'un fruit est vert, son voisin peut conclure que le fruit n'est pas mà»r alors qu'il s'agit d'un kiwi, pourtant mà»r, évalué sur son intérieur. Dans ces conditions, selon Protagoras, il n'est pas si absurde de prétendre que tout est vrai. Bien que le sens de cet énoncé soit mal compris, il est souvent interprété comme une forme de relativisme.

Dans l'autre fragment, il nous montre son scepticisme religieux : « Pour ce qui est des dieux, je ne peux savoir ni qu’ils sont ni qu’ils ne sont pas, ni quel est leur aspect. Beaucoup de choses empêchent de le savoir : d’abord l’absence d’indications à  ce propos, ensuite la brièveté de la vie humaine Â». Si l'on accepte de croire en un Dieu sans l'avoir vu, il devient absurde de refuser aux autres dieux leur existence. En ce qui concerne les croyances, l'opinion change selon les gens et les sociétés.

Dans Protagoras, Platon lui consacre un dialogue qui décrit une discussion imaginaire entre lui et Socrate o๠ils débattent sur l'origine de la vertu.

Bibliographie

PLATON, Protagoras, Flammarion, Paris, 1997


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