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Psychologie clinique

La psychologie clinique est née en France dans les années 50 des apports de la psychanalyse qui lui a donné un de ses modèles de compréhension tant du fonctionnement psychique, en termes d'instances, topiques etc. que de ce qui s'y joue (transfert, identification, projection, clivage etc.). La visée en est la compréhension, en termes d'équilibre, des forces en présence (pulsions et defenses) et de signification insconsciente, des symptà´mes, traits de caractères ou comportements qui ont amené la consultation.. Deux méthodes, non exclusives, peuvent etre utilisées : l'entretien clinique et les tests (projectifs et de niveau).

brefs rappels historique

La psychologie clinique, telle qu'elle se pratique en France, est attachée aux noms de Daniel Lagache et Juliette Favez-Boutonnier, tous deux medecins psychanalystes et philosophes. Ce triple ancrage lui donne son caractère particulier, fait d'une tension entre un pole "objectif" qui serait représenté par l'utilisation de tests et un pole "subjectif" représenté par la situation d'examen. Dans les deux cas, il s'agit d'une situation clinique, c'est a dire la saisie singulière d'un individu "en situation" par un autre individu. Ce trépied, on peut le détailler rapidement. 1. De la médecine, elle hérite une méthode - la clinique - et un objectif - diagnostiquer et guérir (D. Lagache). Mais la ou le médecin palpait, auscultait, percutait et écoutait, le psychologue conduit un entretien et utilise, si besoin, des tests. 2. De la philosophie, elle tire une conception de l'homme, principalement phénoménologique : chaque sujet est unique et aucun vécu n'est réductible à  un autre. 3. De la psychanalyse, une conception du fonctionnement psychique en termes de forces et de conflits se déroulant en des lieux et pouvant se traduire en symptomes. Le terme clinique est hérité de la medecine : si le psychologue est dit clinicien, c'est autant parce qu'il sort de son laboratoire pour rencontrer l'autre dans des situations "naturelles" que parce qu'il rencontre des personnes présentant des troubles ou des difficultés psychiques. Est donc clinicien le psychologue qui rencontre des personnes en situation totale et concrete, contrairement à  la situation de laboratoire o๠ce sont des variables qui sont manipulées. Il y a eu, au cours de l'histoire de la discipline, un déplacement de son centre de gravité. La psychanalyse, qui était a ses frontieres comme une "ultra-clinique" est petit à  petit devenu son noyau dur, la confrontant au risque de n'etre plus qu'une sorte de cytoplasme mou. (1) Mouvement du à  l'histoire de la psychanalyse en France, comme le montre bien XX in La psychologie clinique, Que sais je. Les choses sont aujourd'hui plus diversifiées, et la psychanalyse est redevenue un modèle théorique, parmis d'autres, de la psychologie clinique. La psychanalyse avait été appelée a cette place du fait d'une série d'oppositions qui étaient vécues comme des impasses : des points de vue (naturaliste vs humaniste), des champs (psychologie expérimentale vs médecine), des poles de la personnalité (le comportement vs la sphere affective). Cela a eu pour effet immediat un enrichissement de la discipline, tant du point de vue de la technique (l'entretien, les tests) que du point de vue doctrinal.

L'unité de la psychologie qu'appellait de ses voeux D. LAGACHE ne peut donc etre optenue qu'en maintenant un equiblibre entre des forces qui sont parfois opposées. Mais y a t il une autre solution ? Ce que l'on apelle une personnalité, n'est ce pas non plus un équilibre entre des forces internes et externes ? Ce que cette personnalité peut avoir d'unique, de singulier, d'irrééductible à  l'autre, sera exploré aussi complètement que possible à  l'aide d'entretiens ou de tests. Il ne s'agit pas d'exclure la subjectivité, ni meme de la réduire mais de la mettre au cÅ“ur du projet de la psychologie clinique, c'en faire son objet d'étude : un sujet, le psychologue, tente de comprendre un autre sujet, le consultant, et il e fait avec les techniques et les methodes de sa discipline, mais également avec ce qu'il est comme sujet. C'est la, au cÅ“ur de la subjectivité, de l'individuel, que la psychologie clinique rencontre l'universel, et partant, fonde sa scientificité.

Elle a pour objet "l'etude de la conduite humaine individuelle et de ses conditions (heredité, maturation, conditions psychologique et pathologiques, histoire de la vie) en un mot l'etude de la personne totale "en situation ". (LAGACHE) Elle utilise comme technique l'entretien et les tests.

L'individu pris dans sa concrétude, tel est l'objet de la psychologie clinique : "La psychologie clinique est caractérisée par l'investigation systématique et aussi complète que possible des cas individuels". D. LAGACHE, L'unité de la psychologie, p. 70, Quadrige / P.U.F.

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