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Régression et dégradation des sols

En écologie la régression et la dégradation sont des processus d'évolution associés à  une perte d'équilibre d'un sol stable.

La régression est essentiellement due à  l'érosion et correspond à  un phénomène de rajeunissement d'un sol (retour vers l'état initial).

La dégradation est une évolution différente de l'évolution naturelle liée au climat et à  la végétation locale. Elle est provoquée par le remplacement de la végétation primitive (dite climax) par une végétation secondaire, qui modifie l'humus et la formation du sol. Elle est directement liée à  l'action de l'homme.

Sommaire
1 Cycle d'évolution
2 Facteurs écologiques influant sur la formation des sols
3 Perturbations de l'équilibre d'un sol
4 Théorie de la bio-rhéxistasie / rhéxistasie
5 Influence de l'action de l'homme
6 Les conséquences de la régression et de la dégradation des sols
7 Mesures de lutte

Cycle d'évolution

Le sol représente la couche superficielle, meuble, de la croà»te terrestre, résultant de la transformation de la roche mère, enrichie par des apports organiques.

Au début de la formation d'un sol, seule la roche affleure. Puis, elle est progressivement colonisée par la végétation herbacée dans un premier temps, puis arbustive et finalement forestière. En parallèle, il se forme un premier horizon humifère (l'horizon A), puis des horizons minéraux (horizons B). Chaque étape successive est caractérisée par une certaine association sol/végétation et milieu : on parle d'Écosystème.

Après un certain temps d'évolution parallèle entre le sol et la végétation, un état d'équilibre stable est atteint ; cet écosystème stable est appelé climax. On parle de progression lorsque le sol évolue vers le climax.

Les cycles d'évolution des sols ont des durées très variables, entre un millénaire pour les sols à  développement rapide (sol à  horizon A uniquement) à  plus d'un million d'années pour les sols à  développement lent.

A compléter par des info sur les cycles longs et les cycles courts, ainsi que sur les méthodes de mesure de l'à¢ge des sols.

Facteurs écologiques influant sur la formation des sols

On considère qu'il existe deux grand types de facteurs écologiques influant sur l'évolution d'un sol (par altération et humification). Ces deux facteurs sont extrêmement important pour expliquer l'évolution des sols à  développement court.

Perturbations de l'équilibre d'un sol

Lorsque l'état d'équilibre, caractérisé par l'écosystème climax est atteint, il tend à  se maintenir stable au cours du temps. La végétation installée sur le sol fournit l'humus et assure la circulation ascendante des matières. Elle protège le sol de l'érosion en jouant le rà´le de barrière (par exemple, protection vis à  vis de l'eau et du vent). Les plantes peuvent aussi réduire l'érosion en liant les particules du sol aux racines. Ainsi, toute modification légère est rapidement corrigée et l'équilibre rétabli.

Toutefois, lors d'une destruction importante de la végétation (d'origine naturelle telle qu'une avalanche ou d'origine humaine), la perturbation subie par l'écosystème est trop importante.

Dans ce cas, l'érosion est responsable de la destruction des horizons supérieurs du sol, et est à  l'origine d'un phénomène de rajeunissement du sol (ie l'évolution retourne en arrière, vers l'état initial). On parle de régression.

La régression peut être partielle ou totale (dans ce cas, il ne subsiste plus que la roche-mère à  nu). Par exemple, le défrichement d'un sol en pente, soumis à  des pluies violentes, peut amener à  la destruction complète du sol.

L'homme peut modifier profondément l'évolution des sols par action directe et brutale, telle que le défrichement, coupes abusives, pà¢turage en forêt, ratissage des litières.

Progressivement, la forêt climax est remplacée et le sol modifié (exemple : remplacement des forêts de feuillus par des landes ou des plantations de pins). La régression est souvent liée à  des pratiques très anciennes.

La dégradation est une évolution différente de l'évolution naturelle liée au climat et à  la végétation locale. Elle est provoquée par le remplacement de la végétation primitive (climax) par une végétation secondaire, qui modifie l'humus et la formation du sol. Elle est directement liée à  l'action de l'homme (exemple : agriculture).

Théorie de la bio-rhéxistasie / rhéxistasie

La destruction de la végétation entraîne celle des sols évolués, ou évolution régressive du sol. Les cycles évolution-régression des sols se succèdent à  intervalles de temps courts (actions de l'homme) ou longs (variations climatiques).

Le rà´le déterminant du climat dans l'altération des roches et la formation des sols a donné lieu à  la formulation de la théorie de la bio-rhéxistasie (Erhart).

En climat humide, les conditions sont favorables à  l'altération des roches, au développement de la végétation et à  la formation des sols; la destruction des roches est limitée aux phénomènes chimiques : cette période favorable à  la vie est la biostasie.

En période sèche, les roches mises à  nu sont soumises à  la désagrégation mécanique qui produit des matériaux détritiques grossiers: c'est la rhéxistasie.

Influence de l'action de l'homme

L'érosion est le principal facteur de la dégradation des sols, et est due à  plusieurs mécanismes : érosion par l'eau et le vent, dégradation chimique et physique.

L'érosion est fortement liée à  l'activité humaine.

Par exemple, les aménagements routiers et urbains qui augmentent les surfaces imperméables favorisent le ruissellement et donc l'entraînement du sol.

Mais ce sont les transformations récentes de l'agriculture dans nos régions qui ont accéléré l'érosion des sols.

L'agriculture augmente les risques d'érosion en perturbant la végétation locale. Parmi les pratiques accélérant l'érosion du sol :

Ainsi, le remembrement des années 60 a aboutit à  l'augmentation de la taille des parcelles et corrélativement à  la suppression des haies, des talus et des fossés. Les prairies sont en régression au profit des terres labourées. Les surfaces en cultures de printemps, encouragées par les subventions, augmentent (tournesol, maà¯s, betterave) et laissent la terre à  nu en hiver. Les terrains pentus sont progressivement colonisés par le vigne. Enfin, la destruction des plantes adventices par les herbicides laisse le sol à  nu entre les plants cultivés.

La modification des méthodes de travail du sol par la mécanisation augmente également les risques d'érosion.

La fertilisation par engrais minéraux au dépend de fumure organique augmente le rendement immédiat mais déstructure peu à  peu le sol. On observe également une diminution progressive de la teneur du sol en matière organique, ainsi qu'une diminution de l'activité biologique du sol (en particulier relative à  l'augmentation de l'utilisation de produits phytosanitaires).

Enfin, la déforestation en particulier est à  l'origine de la dégradation des sols forestiers.

Les conséquences de la régression et de la dégradation des sols

Mesures de lutte

L'érosion des sol peut être combattue, et certaines techniques permettent d'améliorer et de corriger les situations de dégradation. Bien que simples, les méthodes utilisables pour réduire l'érosion ne sont souvent pas pratiquées, car leurs bénéfices à  court terme ne semblent pas évidents. La reconstruction d'un sol est en particulier possible par le biais de techniques d'amélioration de la structure du sol, l'apport de matière organique et la limitation du ruissellement (telle qu'une couverture végétale permanente).

Toutefois, ces techniques ne pourront jamais intégralement restaurer un sol (ainsi que la faune et la flore qui lui sont associées) nécessitant plus de 1000 ans pour atteindre son état de stabilité.