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Race

      

1. Dans son sens premier, le n. fém. race désigne l'ensemble des individus appartenant aux différentes générations d'une famille, d'une dynastie. Exemples: la race d'Abraham, la race des Capétiens, etc. Au sens figuré, le n. fém. race désigne des groupes de personnes ayant des intérêts et des comportements communs.

2. Dans la classification des êtres vivants, l'espèce (c'est-à -dire un ensemble d'individus généralement interféconds) est la dernière subdivision (ou taxon) communément admise. Au delà , on parle de sous-espèce ou parfois de race, ou variété pour les végétaux, termes qui se fondent sur des critères de ressemblance morphologique, les individus de races différentes restant toujours interféconds. L'application du concept de race à  l'espèce humaine est plus arbitraire et sa définition ne fait pas l'unanimité.

Sommaire
1 Notion de races animales
2 Notion de « race Â» chez l'Homme

Notion de races animales

Pour les animaux, la notion de « race Â» s'applique à  des populations individualisées d'une même espèce ayant des caractères morphologiques et physiologiques héréditaires bien distinct des autres populations, c'est-à -dire ayant un génotype moyen individualisé. L'homme s'est d'abord surtout intéressé à  catégoriser les animaux d'élevage et les animaux domestiques sur des critères basés sur l'observation. C'est ainsi que depuis longtemps on parle de races pour :

Ces sous-ensembles d'espèce se fondent notamment sur : En règle générale; chaque race d'élevage est déinie par un standard, c'est-à -dire un ensemble de critère qui définissent l'individu idéal. La race se maintient uniquement grà¢ce la pression sélective exercée par l'homme.

Pour les animaux sauvages, des races peuvent exister s'il des populations sont isolées géographiquement. Dans ce cas, on parlera plutà´t de sous-espèces.

Notion de « race Â» chez l'Homme

C'est surtout à  partir de la découverte par les européens des peuples africains et américains à  la physionomie assez différente des peuples connus et aux us et coutumes considérés comme « primitifs Â», que la question de l'existence des races humaines s'est posée.

La biodiversité humaine

Le terme de race est d'usage courant dans certaines langues (et pour certaines personnes) et toujours d'actualité avec le racisme sévissant sur les cinq continents. Il correspond à  l'aspect qualitatif de la biodiversité humaine. Une des questions agitant les esprits est celle qui consiste à  définir s'il existe ou non des races humaines sur Terre.

à€ cette question, la réponse varie grandement, selon que celle-ci est donnée par un généticien, un anthropologue ou un ethnologue.

La définition de race selon les généticiens

Le berceau de l'humanité semble avoir été l'Afrique. A partir de ce point central, de petits groupements humains ont migré vers tous les continents. Ces groupes humains ont tous des gènes en commun qu'ils échangent, et de ce fait, pour les généticiens, ils appartiennent à  la même espèce. Selon la définition d'Albert Jacquard, la notion de race des généticiens ne peut être appliquée à  l'espèce humaine. André Langaney va même plus loin en indiquant que "la notion de race est dépourvue de fondements et de réalité scientifique". D'autant que les différences génétiques constatées entre individu peuvent être plus grandes au sein d'une même population qu'entre deux individus appartenant à  deux populations considérés comme de "races" différentes.

En effet, la notion de race se base sur la notion de "gènes communs et exclusif à  un groupe d'individus". Si les gènes ont des répercussions sur l'aspect visible de l'être, le fait que deux êtres soient différents ne signifie pas que leurs gènes soient si différents. Ainsi, la couleur de la peau est déterminée par le gène permettant la production de mélanine, or, tous les humains produisent de la mélanine (sauf ceux atteints d'albinisme), donc tous les humains ont ce gène, même s'il s'exprime plus ou moins. Selon Albert Jacquard (1), pour parler de race, il faudrait qu'un groupe reste isolé un nombre de générations égal au nombre d'individus qu'il comporte ; ainsi, un groupe de 200 personnes devrait rester isolé 4 000 ans (si l'on compte 20 ans par génération) pour devenir une race. Si les hommes ont isolé des troupeaux et ainsi créé des races chez les animaux domestiques, une telle situation n'a jamais eu lieu pour l'espèce humaine ; on peut toutefois citer l'exemple d'une île du pacifique, Pingelap (2), dont la population fà»t ravagée par un cyclone en 1775 et qui se repeupla à  partir d'une vingtaine d'individus, et qui pourrait constituer une exception.

Une des meilleures preuves de l'absence de la notion de race au sens génétique chez les humains est le fait que la compatibilité des tissus, pour les dons d'organe (cÅ“ur, rein...) ou de sang, ne dépend pas du groupe ethnique du donneur et du receveur ; ou alors à  l'extrême, le donneur doit être un membre proche de la famille du receveur (comme pour les dons de moà«lle), le nombre de donneurs compatibles se compte sur les doigts d'un main parmi les milliards d'individus, ce qui ne correspond pas non plus à  la notion de "race" communément admise.

Ainsi pour la plupart des généticiens européens, aucune sous-espèce ou race n'est scientifiquement acceptable. Les derniers êtres humains (du genre Homo) possédant des caractères génétiques impliquant une impossibilité de reproduction (ce qui définit néanmoins la notion d'espèce et non de race) et ayant coexisté sont les "homo sapiens sapiens" et les "homo sapiens neandertalensis", il y a plus de 30 000 ans.

Bibliographie

  1. La science à  l'usage des non-scientifiques, Albert Jacquard, 2003
  2. Le mythe aryen, Léon Poliakof (première partie sur l'histoire du racisme)
  3. Un destin en noir et blanc, Libération (quotidien français), 02/01/2004

La définition de races selon les anthropologues

Cependant, ces groupes humains ont évolué différemment, car séparés par des barrières géographiques importantes (montagnes, fleuves, océans...). Ils sont devenus morphologiquement, anatomiquement, physiologiquement différents (par exemple, couleur de la peau, pilosité, forme du nez). La couleur de la peau par exemple, est contrà´lée génétiquement par au moins quatre gènes dont le fonctionnement aboutit à  la synthèse de mélanine dans les mélanocytes (la pigmentation permettant de protéger des radiations solaires, en particulier l'ultraviolet). La quantité synthétisée est variable, 1 à  2 grammes pour un homme à  peau claire, 2 à  3 grammes pour un homme à  peau foncée... Les différences morphologiques sont souvent expliquées par des adaptations à  l'environnement. De même, les européens des pays nordiques auraient un nez plus long car il permettrait de mieux réchauffer l'air avant son arrivée dans les poumons. Le nez court et épaté des Africains permettrait au contraire de le rafraîchir et de l'humidifier. C'est pourquoi les anthropologues ont classé les races humaines en fonction de leurs caractéristiques physiques : pigmentation, forme du visage... Ainsi, Valois en 1968 précisait qu'"une race est une population naturelle définie par des caractères physiques, héréditaires, communs". Cette définition impliquerait l'existence d'une pureté raciale. Il y a autant de classifications que de caractères physiques différents. Certains considèrent cette définition de la race comme déficiente car elle ne tient pas compte des différences morphologiques qui existent au sein même d'une population.
Mais l'usage criminel de la notion de "race" au cours de la Seconde Guerre mondiale par le régime nazi et l'absence totale de fondement scientifique de cette notion, font que les anthropologues n'utilisent plus une telle classification.

La définition de races selon les ethnologues

Enfin, les ethnologues estiment qu'en plus des différences génétiques et phénotypiques, les populations humaines ont des us et coutumes qu'elles se transmettent de génération en génération. Les différences socioculturelles permettent de définir des ethnies extrêmement nombreuses. Pour R. Barbaud, la diversité culturelle peut donc être tenue pour une composante naturelle de la biodiversité, comme l'aboutissement ultime de notre propre évolution. Elle a bien, de ce point de vue, la même fonction que la biodiversité pour les autres espèces.

La biodiversité humaine est donc génétique, avec ses conséquences phénologiques, mais aussi culturelles. Ces dernières contribuent d'ailleurs à  modifier le phénotype (par exemple, le petit pied des chinoises, les femmes-girafe en Afrique...) et participent à  la dynamique du groupe.

Les aspects politiques à  la notion de race humaine

Terminologie en relation

La théorie visant à  séparer l'espèce humaine en groupes raciaux différents est parfois appelée le racialisme, pour la distinguer du racisme qui y ajoute l'idée qu'une race pourrait être supérieure à  une autre.

Notions liées principalement aux races humaines:

Voir aussi: