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Religion romaine

La religion romaine est une religion polythéiste (en opposition au monothéisme), apparentée à  la religion grecque. Les Romains croient en un certain nombre de puissances divines (= puissances surhumaines), les dieux. Ces dieux sont « spécialisés Â» : ils peuvent avoir une puissance topique (par rapport à  un lieu) comme Jupiter Capitolin (de la colline Capitole) ou le dieu grec Zeus Olympien. Mais ils peuvent avoir également une spécialité dite fonctionnelle, comme Mars qui est le « dieu de la Défense Â» (défense aussi bien militaire que défense des récoltes contre les insectes). Pour les Romains, les dieux sont dans le monde (le Cosmos), ils sont avec eux : ils sont soit aériens, dans l'air, soit ils sont certains astres (aux yeux des Romains, le mouvement circulaire (des astres) est éternel et donc divin. Ce qui explique aussi la forte importance de l'astrologie à  l'époque antique).

La puissance des dieux inquiète, il faut donc vivre en bonne entente avec eux, en reconnaissant leur supériorité, et donc en leur rendant un culte par les rites. La religion est simplement de la « diplomatie Â» avec les dieux : on recherche la paix des dieux. La finalité du culte est ni personnelle, ni dans un au-delà , mais elle est collective et terrestre. La religio est l'ensemble des pratiques rituelles civiques qui ne vise que le bien-être de la Cité.

Sommaire
1 La pax deorum, fondement de la religion romaine
2 La religion romaine (religio)
3 Le fonctionnement de la religion civique romaine
4 Superstitio et pietas
5 Dieux gréco-romains
6 Voir aussi

La pax deorum, fondement de la religion romaine

L'élément fondamental de l'ensemble des cultes évoqués sur cette page est la pax deorum, la paix des dieux.

En effet, lors de la fondation de la cité par Romulus, les dieux sont censés avoir donné leur accord lors de la prise d'augures par Romulus. Cet accord va plus loin qu'une simple non-opposition : il signifie que les dieux sont favorables à  Rome, donc que les Romains sont en paix avec les dieux, qui leur assurent leur soutien indéfectible. Cette faveur des dieux est bien sur essentielle, et il importe donc de la maintenir. Comme les dieux sont favorables à  Rome, ils aident constamment les Romains. Ainsi, tout événement défavorable subi par Rome est la suite d'une offense faite aux dieux, qu'il convient donc de réparer (voir Vestale).

La religion romaine (religio)

Tous les aspects mystiques, théologiques ou d'adoration ne sont que des superstitions aux yeux des Romains.

La religion officielle de la Cité

La religio est ce qui concerne les Romains et leurs dieux. Cicéron disait « chaque cité à  ses dieux, et nous, les nà´tres Â».
Il s'agit d'un culte officiel : la pratique cultuelle dépend du statut juridique et seule la cité peut autoriser ou interdire un dieu (les Romains ont repris comme dieux civiques un certain nombre de dieux grecs ou orientaux).
« La religio c'est la justice envers les dieux et envers les morts Â» : par ces mots, Cicéron comprend le mot justice (du latin jus, devoir moral) comme un devoir moral pour que la paix des dieux soit maintenue.
Jupiter Capitolin fait partie de la triade romaine avec Junon et Minerve : ce sont eux auxquels on rend le plus de cultes. Mais un nombre conséquent d'autres dieux se voient voués un culte, à  tel point que parfois les Romains ne connaissent plus le sexe de certaines divinités, ou encore, ils continuent parfois à  pratiquer des rites dont ils ne souviennent plus les significations. La pratique des rites vise avant tout l'efficacité recherchée.

Les cultes des autres religions

Les Romains ne s'imaginent pas leurs dieux supérieurs, mais ils s'enorgueillissaient d'être les meilleurs pour les rites. La pietas c'est réussir le rite (ou sacrifice) parfait : pour cela il faut souvent recommencer le rite pour qu'il soit « administré Â» de manière parfaite pour ne pas froisser le dieu (il existe des exemples de rites recommencés un trentaine de fois de suite par des magistrats de grande pietas).

Le fonctionnement de la religion civique romaine

Le temps des dieux

Le calendrier romain est divisé en jours fastes et jours néfastes:

Jusqu'en 45 av. J.-C. la qualité des jours était annoncée seulement un mois avant, car le calendrier était compliqué (calendrier de 355 jours/an donc, tous les 2 ans était rajouté un mois de 20-22 jours. Jules César simplifie ce calendrier en 45 av. J.-C. en adoptant le calendrier égyptien, c'est le calendrier julien).

L'espace des dieux

Les rites pour les dieux

L'avis des dieux

Les collèges de prêtres

Tous les prêtres sont cooptés et font partie de l'élite patricio-plébéienne (chevaliers et souvent sénateurs et donc magistrats). Comme on considère qu'ils remplissent une mission d'utilité publique, ils sont organisés en collèges permanents, afin d'assurer la continuité du culte.

Superstitio et pietas

Superstitio

Le contraire de religio (qui concerne le domaine public) est superstitio (qui concerne le domaine privé) : l'athéisme n'existe pas. Les citoyens n'ont pas le droit de rendre sans convocation un culte à  un dieu public. Crainte et Amour des dieux n'est que pure superstitio : ce n'est pas un comportement civique. « La religio est un mérite, la superstitio est une faiblesse Â», Cicéron.

Les Bacchanales (186 av. J.-C.) est une grave affaire religieuse : un culte secret est rendu à  Bacchus (le vin coule à  flots) par plusieurs personnes. C'est un crime ce « contre-Cité Â» de « Cité à  l'intérieur de la Cité Â» par une vénération privée à  un dieu, car la Cité est un « corpus Â» de dieux et ces dieux sont la Cité (le culte privé est impossible). Les « criminels Â» ont été durement réprimés.

Pietas

La Pietas est le respect scupuleux des rites.

Les Romains se croient les plus pieux des humains et c'est pourquoi ils sont aidés par les dieux. Ils invitent également les dieux des adversaires vaincus à  venir à  Rome pour être bien honorés. Ainsi, les dieux des vaincus quittent ces derniers qui sont encore moins bien protégés et aidés. La pietas signifie aussi le respect dà» aux parents (pietas erga parentes), le respect de la patrie (pietas erga patriam). Dans ces deux cas elle a un sens religieux aussi : le Romain voue un culte aux dieux Manes (de ses ancêtres), au lar familiaris, il participe au culte civique.

Dieux gréco-romains

Voir aussi