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Secte

        

Sommaire
1 Définitions
2 Attitudes vis-à -vis des sectes
3 Lutte gouvernementale contre les sectes
4 Cas des grandes religions
5 Annexes

Définitions

Étymologique

à€ l'origine, une secte (du latin secta, dérivé du verbe sequi, « suivre Â», ou, selon certains étymologistes, du latin sectare, « couper Â», par opposition à  religion, qui pourrait venir du latin religare, « relier Â») désignait soit une sous-branche d'une religion reconnue et bien établie, soit un groupe de personnes qui se regroupe autour d'un maître de pensée. C'est dans ce sens que l'on peut parler de secte pour les groupements issus du bouddhisme, de l'hindouisme, du shinto ou du taoà¯sme. Mais autant ces religions ont toujours été plus ou moins ouvertes à  la dissidence, autant le christianisme, lui, l'a longtemps combattue : dans les pays catholiques, le terme de secte a donc toujours eu une connotation négative.

Certaines grandes religions actuelles furent à  l'origine des sectes de religions plus anciennes et déjà  bien implantées. Ainsi, le christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du judaà¯sme, dont il a repris une partie des enseignements. Néanmoins, ces religions ont acquis au fil du temps un grand nombre d'adeptes et dès lors une reconnaissance officielle importante.

L'équivalent grec de la secta latine est hairesis (choix, préférence pour une doctrine). Une hérésie est d'abord une école de pensée. Le jardin d'Épicure était une telle hairesis. L'Antiquité n'attache pas de valeur péjorative à  ces termes. Par la suite, l'association de certaines de ces doctrines au pouvoir politique (avec Constantin Ier par exemple) va faire naître la notion d'orthodoxie et, par voie de conséquence, d'hétérodoxie. La religion ne serait-elle que la secte du roi ? C'est ce qu'affirment certains auteurs.

Sociologique

Au XIXe siècle, les sociologues Max Weber et Ernst Troeltsch définissent la secte comme un groupement religieux extrémiste, intransigeant et en rupture avec la société. L'Église est alors l'alternative sociale de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes.

Certains considèrent que cette définition, qui perdura jusqu'à  la fin du XXe siècle, est aujourd'hui inadaptée aux changements modernes de sens qu'a pris le mot secte. Les polémiques sur le sujet ne facilitent pas l'accord sur le sens du mot et donc sa définition. Dans ces conditions, la définition sociologique est encore considérée par certains intellectuels comme la meilleure.

Dans cette définition sociologique, la rupture entre la secte et la société est fondamentale. Cette rupture est pratiquement toujours considérée comme un dommage, qui selon les points de vue sera imputée aux membres de la secte ou au contraire à  la société. Qui dit dommage dit rétribution, avec là  encore des interprétations variables : prévention et juste punition pour les uns, persécution pour les autres. L'affaire peut dégénérer en conflit ouvert et guerre civile.

C'est ainsi que le protestantisme a longtemps été considéré comme une hérésie par l'Église catholique et a entraîné une grande répression de ses membres à  la Renaissance, qui débouchera sur de longues guerres en Europe (guerres civiles en France et Allemagne, guerre entre pays de religion différente) et des massacres, notamment lors de la nuit qui suivit la Saint-Barthélemy, le 24 aoà»t 1572 ou lors de la prise de Magdebourg. Quelques siècles plus tà´t, les persécutions de l'Inquisition catholique avaient été encore plus fortes contre ce qui était appelé l'hérésie cathare.

Moderne

Dans les années 80 et suite à  de nombreux scandales (suicides collectifs, affaires politico-financières), le terme de secte a pris une forte connotation péjorative, devenant synonyme de groupe totalitaire et dangereux.

Les mouvements de lutte contre les sectes comme l'Association de défense des familles et de l'individu (ADFI) et le Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales, ou Centre Roger Ikor (CCMM) ont essayé avec plus ou moins de succès, de définir des critères d'organisation et des pratiques qui permettraient de ranger selon eux des groupements dans la catégorie moderne des sectes.
Voici quelques critères :

En outre, certains y ajoutent d'autres critères, peut-être moins répandus :

Ces critères ne font pas l'unanimité et ne s'appliquent pas dans leur totalité à  tous les mouvements considérés comme sectaires. En outre, ce ne sont pas les seuls critères permettant de qualifier une organisation de secte. Il apparaît en effet que la relative nouveauté d'un groupement religieux, sa petite taille et son décalage par rapport aux normes établies ne sont pas étrangers à  la dénomination de secte d'une organisation.

On étudie aujourd'hui plus le comportement du groupe vis-à -vis de ses membres que les préceptes du groupe en lui-même. On en vient ainsi à  parler de secte pour des groupuscules qui ne se réclament pas d'une religion.

En anglais, l'emploi indépendant de deux mots différents permet de lever une partie de l'ambiguà¯té du terme français. ' tend à  correspondre à  la définition étymologique (comme pour les sectes protestantes qui n'a alors guère de portée négative), alors que ' tend à  correspondre à  la définition sociologique du terme français secte (comme pour cargo cult ou cultes du cargo qui décrivent péjorativement une secte illuminée).

Attitudes vis-à -vis des sectes

Polémique

Le mouvement anti-sectes perçoit dans les sectes un énorme danger, pour les individus et la société. Il cherche à  le conjurer par l'information et l'action légale sur ces groupements et en portant plainte en justice au besoin. Selon ce point de vue visant à  protéger le citoyen « une secte est un groupe totalitaire qui se sépare de la société et s'y oppose Â» [1]. Il considère que la manipulation mentale inhérente à  de tels groupes entraine une destruction de la personne sur les plans physique, psychique, intellectuel, relationnel, religieux, philosophique, pédagogique, associatif, politique et social.

Par ailleurs ce mouvement s'inquiète de la menace de totalitarisme sur la société que les sectes font peser, estimant que qui croit détenir la vérité ne renoncera à  aucun moyen pour l'imposer, d'autant que certaines sectes se sont dotées de puissants moyens financiers qu'ils auraient obtenus en pressurant leurs adeptes, et ne se priveraient pas d'infiltrer des centres du pouvoir économique, politique et judiciaire.

Il estime que de nos jours, la sécurité mondiale elle-même en est affectée, comme au temps des guerres de religion, et que le combat entre sectes a atteint le niveau planétaire, sous la férule de Oussama Ben Laden (Al-Qaida) et Georges W. Bush (Born again). Il note aussi que le gouvernement américain s'est permis plusieurs fois d'intervenir dans les affaires de pays européens qui se défendent juridiquement contre l'emprise des sectes, alors que celles-ci bénéficient aux états-unis d'appuis bienveillants.

Les défenseurs des sectes passent très rapidement sur ces aspects considérés dévastateurs par leurs opposants et cherchent à  présenter les sectes en victimes de persécutions. Elles affirment avec autorité que la campagne menée par leurs adversaires est une « chasse aux sorcières Â», une inquisition moderne contre la spiritualité et la liberté de penser. Selon eux, la pensée anti-sectes est la rationalisation d'une intolérance sous-jacente qui manipulerait l'opinion publique sur la base de témoignages d'ex-membres dans le but de susciter un climat de peur.

En outre, ils soutiennent que les critères avancés pour détecter les sectes (manipulation mentale, centralisation du pouvoir, etc.) sont trop flous, qu'ils s'appliquent à  la quasi totalité des groupes organisés, y compris les religions les plus reconnues mais également des groupes considérés comme non religieux : entreprise, club sportifs, etc. et que dès lors la dénomination de secte est purement arbitraire.

Selon eux, les attaques des anti-sectes reposent sur la mise à  l'index des mouvements pris pour cible. Des campagnes diffamatoires sont souvent entreprises pour tenter de discréditer ces mouvements sans aucun respect pour la vérité. L'UNADFI relaye volontiers les erreurs les plus gravissimes sur les sectes. Elle a un goà»t particulier pour les fausses rumeurs de pédophilie, les faux témoignages, les articles diffamatoires (voir exemples sur Aumisme, Mouvement Raà«lien).
En raison de la péjoration qui a été adjointe au mot secte, les défenseurs des sectes ainsi que les organisations concernées (fédérées pour certaines) lui préfèrent l'appellation, plus neutre et respectueuse selon eux, de « nouveau mouvement religieux Â».

Les associations anti-sectes soutiennent que certains scientifiques et sociologues minimisent de façon délibérée la dangerosité de sectes telles que l'Église de Scientologie, la Famille (ex Enfants de Dieu), l'Église de L'unification (Moon), Aum vérité suprême au moyen d'études complaisantes dont il a été démontré pour certaines d'entre elles qu'elles avaient été financées par les mouvements qu'elles prétendaient étudier. Aussi dénoncent elles leur manque d'objectivité et présentent ces sociologues comme autant d'apologistes de la cause sectaire.

Scandales autour des sectes

Le climat général de méfiance vis-à -vis des sectes est en grande partie du à  la série de décès massifs liés à  certaines sectes qui ont défrayé la chronique entre 1978 et 1997. Les présumés suicides collectifs de membres de certains groupes sectaires ont profondément choqué l'opinion publique, d'autant plus que certaines des victimes étaient des enfants. Les thèses de suicides collectifs ont cependant été remise en cause par des enquêtes indépendantes qui ont mis à  jour les mensonges de la CIA (Wako et Guyana) et d'experts (OTS).

  
18 novembre 1978 : 914 adeptes du Temple du Peuple (People's Temple), dont 260 enfants, meurent par absorption de poison lors d'un suicide collectif dans leur temple de Jonestown au Guyana ;
  • 19 septembre 1985 : 60 adeptes de Datu Mangayanon se suicident à  Mindanao au Philippines ;
  • 1er septembre 1986 : 7 adeptes de l'Église des amis de la vérité se suicident à  Wokayama au Japon ;
  • 28 aoà»t 1987 : 32 adeptes de Park Soon Ja se suicident à  Séoul en Corée du Sud ;
  • 1993 : 72 adeptes davidiens décèdent dans l'incendie de leur ferme de Waco au Texas alors que la police les assiégeait depuis plusieurs semaines. Bien que la version officielle explique cet évènement par un suicide collectif, un certain flou persiste sur ces faits: l'incendie s'est déclaré durant l'assaut de la police, et le FBI a admis avoir utilisé des grenades explosives ;
  • 4 octobre 1994 : 53 adeptes de l'Ordre du Temple solaire (dont 16 enfants) sont retrouvés morts, suicidés ou assassinés, en Suisse ;
  • 1995 : le chef spirituel des Chevaliers du Lotus d'or, Gilbert Bourdin, est mis en examen suite à  des accusations de « viols et agressions sexuelles Â» sur une ex-adepte ;
  • 20 mars 1995 : l'attentat au gaz sarin perpétré par des membres de Aum Shinrikyo dans le métro de Tokyo fait 12 morts et plus de 5000 blessés ;
  • 23 décembre 1995 : 16 adeptes de l'Ordre du Temple solaire, parmi lesquels 3 enfants, sont retrouvés carbonisés dans le Vercors en France. L'hésitation entre suicide et assassinat persiste. Le député anti-sectes Jean-Pierre Brard affirme : « c'est clair, il n'y a pas eu suicide, mais assassinat Â» [1] ;
  • 24 mars 1997 : 5 adeptes de l'Ordre du Temple solaire sont trouvés morts au Québec.

  • Critique des sectes par des médias et des associations

    La multiplication des scandales liés à  certaines sectes en particulier des affaires de suicides collectifs ou d'agressions sexuelles, a entraîné une importante médiatisation du phénomène, interprété par les défenseurs des sectes comme un certain sensationnalisme afin de mieux imprégner une opinion publique.

    La forte médiatisation du « phénomène sectaire Â» a pu conduire à  amalgamer entre elles des organisations aux aspirations pourtant très différentes. Ainsi, par le même terme générique de « secte Â», on a désigné autant des groupes criminels, dangereux, pédophiles, totalitaires que des nouveaux groupements religieux, ésotériques ou simplement excentriques (en décalage avec la société) qui n'ont jamais été coupables de tels crimes.
    Cela s'explique selon les détracteurs des sectes, par le contenu de la définition moderne. Si cette médiatisation a eu pour effet de mettre en lumière des abus au sein de certains groupements, elles ont parfois été très préjudiciables à  des personnes ou des organisations. Ainsi, la liberté de culte pourtant garantie par la Déclaration universelle des droits de l'homme, a parfois été bafouée.
    Selon les défenseurs des sectes, suite à  leur appartenance à  des groupements considérés comme sectaires, certaines personnes ont été licenciées, se sont vues refuser la garde d'un enfant ou ont vu leurs contrats commerciaux être rompus [1]. L'exemple de la chanteuse française Sylvie Mestre dite Nayah, est assez représentatif du poids des médias et du climat de méfiance vis-à -vis des sectes qui régnait a l'époque. Alors que cette chanteuse connaissait une ascension qui la fit désigner en 1999 comme représentante de la France au concours de l'Eurovision, ses liens avec l'organisation raà«lienne mirent un terme prématuré a sa carrière. Les pressions sur ses producteurs exercées par des associations de lutte contre les sectes essentiellement, furent telles que'après l'annulation de passages télévisés et de concerts, ses contrats furent finalement rompus.

    Lutte gouvernementale contre les sectes

    En fonction de leur propre définition du terme secte et des organisations classées comme sectes dans leur pays, les gouvernements ont mis en place des procédés de lutte contre certaines pratiques et certaines organisations.

    En Europe

    La France, la Belgique et l'Allemagne ont réunis des commissions dont le travail a entre autres permis de constituer plusieurs liste de sectes. Le gouvernement français a chargé une Commission de l'Assemblée nationale d'enquêter sur le phénomène sectaire.

    Le 7 février 2000, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) a publié son premier rapport (qui n'a aucune valeur juridique) et conclut qu'il faut « renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales Â». Suite à  ce rapport qui établissait une Liste de sectes et malgré des protestations, la loi About-Picard sur les mouvements sectaires a été adoptée en 2001. Entre autres, un « délit de manipulation mentale Â» a été créé.

    La France dispose d'un réseau très efficace et spécialisé dans la lutte anti-sectes, chargé de diffuser une information auprès de tous les ministères (police, justice, éducation nationale, jeunesse et sports, etc.). Des correspondants MILS sont présents dans chaque ministère, chargés de centraliser l'information, d'informer, de former et de lutter contre l'infiltration tant redoutée des sectes au sein des organes de commandement de la République. Leur travail consiste à  apprendre à  Â« identifier les tentatives de prosélytisme Â» et sanctionner toute déviance.

    En Belgique un tel essai fut soumis à  une violente controverse au Parlement qui dà»t renoncer à  publier une telle liste mais qui publia un rapport détaillé [1].

    En Suisse le Conseil Fédéral se garde de tout amalgame entre des groupes « sans lien entre eux Â» et se prévaut que « la liberté de conscience et de croyance ainsi que le droit d'association sont des droits ancrés dans la Constitution fédérale Â» qu'il convient de respecter [1].

    Les actions judiciaires

    Le 6 septembre 2001, la statue géante du chef spirituel des Chevaliers du Lotus d'or, Gilbert Bourdin, a été abattue sur ordre de la justice au motif de l'absence d'un permis de construire, mais en dehors des délais légaux.

    Afin de dénoncer la discrimination dont il fait l'objet en France, le Mouvement raà«lien, victime d'une lutte anti-secte digne des pays les plus totalitaires selon lui, a décidé sa propre dissolution. Avant de disparaître, il a incité les français à  voter pour Jean-Marie Le Pen afin que la France ait « un régime en harmonie avec sa politique liberticide Â», mais aussi « parce que, en cas de succès de Le Pen, une révolution est envisageable qui pourrait amener à  la Géniocratie Â» [1]. (Les traces de la dissolution du Mouvement raà«lien sont disponibles dans les archives du Journal officiel en indiquant "Association raà«lienne" comme dénomination et "Dissolution" comme type d'annonce.)

    La justice s'est aussi attaquée à  l'Église de Scientologie qui a perdu un procès suite à  l'utilisation abusive de noms d'ex-membres dans un fichier informatique. Elle a également subi une mise en examen en tant que personne morale pour « escroquerie en bande organisée Â».

    La lutte gouvernementale contre les sectes passe aussi par l'information et la publication de rapports décrivant les pratiques de certaines sectes.

    En Chine

    Le gouvernement chinois est entré en conflit avec une organisation connue sous le nom de Falun Gong. Il a été perçu par les autorités chinoises comme une menace contre la suprématie politique du parti communiste chinois. Les autorités ont donc rapidement interdit cette organisation en la dénonçant comme une secte. Le Falun Gong a répliqué sous l'impulsion de son leader aujourd'hui réfugié au États-Unis, par des manifestations d'opposition massives et pacifiques de désobéissance civile. La répression féroce qui s'en est suivie a conduit à  l'arrestation de nombreux membres du Falun Gong, à  des procès sommaires aux jugements arbitraires qui se sont soldés par l'internement dans des camps de travail voire à  des condamnations à  mort pour certains d'entre eux. Pour justifier leur position, les autorités chinoises prétendent que le Falun Gong ferait courir des risques graves à  la santé de ses adeptes et qu'il inciterait même ses membres à  se suicider par immolation par le feu. Le Falun Gong a toujours nié avoir, sous quelque forme que ce soit, poussé ses adeptes au suicide et déclare condamner de telles actions. Des organisations de défense des droits de l'homme ont observé qu'il n'était pas démontré que les "suicides" en question n'étaient pas en fait des mises en scènes meurtrières montées par les services de sécurité chinois dans le but de discréditer le Falun Gong aux yeux de l'opinion publique mondiale. Elles soulignent enfin que de nombreux cas de tortures infligés aux adeptes lors de leur incarcération ont été porté à  leur connaissance.

    En France, la position des associations reste prudente et elles observent qu'elles n'ont jamais reçu de plaintes significatives relatives à  cette organisation. Toutefois certaines personnalités ont pris des initiatives contestées par les défenseurs des sectes et qui ont été interprétées comme donnant une forme de caution à  la politique de répression du gouvernement chinois contre le Falun Gong. C'est notamment le cas de visite d'Alain Vivien en Chine -sur invitation officielle du gouvernement chinois et alors qu'il était président de la MILS - rapportée dans ces termes par le Bulletin du CCMM de décembre 2000 :

    « La France est souvent citée en exemple en raison de l'ampleur et de la cohérence des mesures prises pour répondre à  la menace sectaire. Les représentants français, parmi lesquels Alain Vivien, invités au symposium ont reçu un accueil chaleureux et fait l'objet d'une écoute particulièrement attentive. Â»

    Remises en question

    Un débat oppose depuis longtemps ceux qui pensent que, face aux mouvements considérés comme sectaires et dangereux, l'autorité se doit d'intervenir pour protéger les citoyens et, de l'autre cà´té, ceux qui estiment que l'État n'a pas le droit d'enfreindre les libertés de religion et d'association des citoyens. C'est l'opinion qu'exprime le sociologue canadien Daniel G. Hill :

    « La société qui apprécie ses libertés doit accepter de ne pas pouvoir toujours protéger ceux qui renoncent volontairement à  leur indépendance, consacrent leur biens à  des causes vaines ou s'engagent dans des pratiques qui leur sont nuisibles. Là  o๠les questions de foi et d'association sont en cause, l'individu qui est vraiment libre n'est pas seulement libre de jouir de ses choix mais aussi d'en souffrir. Â» (Cité par J.F. Mayer dans Sectes nouvelles, un regard neuf, Cerf, Paris, 1985.)

    La France a établi une liste de sectes dans les rapports des commissions parlementaires sur les sectes. Cette option n'a pas été sans susciter de nombreuses critiques parfois virulentes. C'est avec prudence que certains spécialistes l'ont accueillie. Ainsi Mgr Vernette s'inquiétait que certaines organisations par ailleurs reconnues par l'Église, tel l'Opus Dei, puissent être classées comme sectes par les parlementaires, notamment en Belgique. Aussi déclarait-il au sujet de la liste établie par le Rapport de la Commission parlementaire de 1996, qu'il qualifiait « d'utile par ailleurs Â», qu'elle « comportait de semblables qualifications abusives pour certains groupes épinglés faussement comme sectes avec toutes les conséquences désastreuses pour leurs membres et leurs activités, la liste étant largement publiée dans les médias. Or aucun n'avait été entendu. Aucun n'a pu obtenir réhabilitation ou nouveau jugement, car aucune instance ne se reconnaît qualifiée pour reprendre le dossier. La chose est grave dans un état de droit et l'on s'inquiète qu'elle risque de se renouveler par un autre biais Â» (L'Église catholique et les sectes). Mgr Vernette est aussi l'auteur d'un dictionnaire des nouveaux mouvements religieux et des sectes qui comporte 400 entrées là  o๠le rapport de l'Assemblée nationale n'en mentionne que 172. L'inquiétude de certains responsables catholiques et la prudence de leur réaction sur le sujet s'expliquent en grande partie par la crainte de voir classer parmi les sectes des mouvements le plus souvent charismatiques qui présentent pourtant d'évidentes dérives sectaires en leur sein.

    Cas des grandes religions

    Certains pensent que les « grandes religions Â» présentent suffisamment de critères d'éligibilité des sectes pour être classées parmi elles. Ils évoquent notamment les affaires de pédophilies autour de prêtres catholiques et les cas de fanatisme islamique et judaà¯que comme éléments appuyant cette thèse. D'autres insistent sur la présence de sectes au sein des « grandes religions Â» comme l'Opus Dei au sein de l'Église catholique ou le mouvement Loubavitch au sein du judaà¯sme ; ce qui ne rend pas les « grandes religions Â» des sectes pour autant.

    Cependant, d'autres considèrent que les « grandes religions Â» ne peuvent pas être assimilées aux sectes, en tout ou en partie, parce qu'elles sont reconnues, admises et intégrées à  la société. En quelque sorte, l'estime dans laquelle les tient le gouvernement du pays qui les héberge est garant de leur qualification en secte ou non et interdit toute enquête sur les parties qui pourraient être sectaires sauf à  être diligentée par l'institution religieuse elle-même.

    Selon certains de leurs détracteurs, ces religions (l'Église catholique étant souvent la plus visée, selon les catholiques) profiteraient du climat de méfiance qui existe à  l'encontre des sectes pour essayer de marginaliser les groupements réputés non orthodoxes et pointer du doigt les « dérives Â» de la foi.

    Selon certains défenseurs des sectes, l'Église catholique a même largement favorisé l'essor du mouvement anti-sectes en transmettant à  l'ADFI son idéologie, ses connaissances et ses techniques. Selon Joà«l Labruyère (président de OMNIUM, réputé proche de la scientologie) dans L'État inquisiteur, « c'est grà¢ce à  leur connaissance de l'hérésie sous toutes ses formes et parce qu'ils bénéficient d'un réseau d'informations international que des prêtres catholiques ont pu lancer l'affaire et mettre le pied à  l'étrier à  des laà¯cs, en leur livrant, clé en main, une petite machine de guerre contre les nouveaux hérétiques. Il suffisait simplement de recycler le mécanisme des persécutions sous une forme assimilable par la culture moderne. Le CCMM a ensuite laà¯cisé ces concepts, leur permettant d'intégrer très naturellement les domaines politique et médiatique. Il ne reste, de l'inimaginable cruauté de la Sainte Inquisition, que les techniques "douces" qui consistent à  pointer du doigt les "hérétiques" afin de les marginaliser, ce qu'on appelle bien encore communément "la chasse aux sorcières" [voir diabolisation]. Les démons ont été remplacés par les "gourous" qui sont censés laver le cerveau de leurs "adeptes", préalablement lobotomisés. Â»

    André Comte-Sponville écrivait dans son Dictionnaire de philosophie : « La secte, c'est l'Église de l'autre. Â»

    François Cavanna, dans un article de Charlie-Hebdo du 28 juin 2000, réplique : « Une religion est une secte qui a réussi. Â»

    Annexes

    Articles connexes

    Ressources externes

    Observatoires des religions :

    Points de vue de défenseurs des sectes :

    (Ces trois organismes sont accusés par les anti-sectes d'être controlés par des sectes.)

    Points de vue de détracteurs des sectes :

    Rapports d'enquête officiels :

    Bibliographie

    Livres défendant les sectes

    Livres opposés aux sectes