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Tabac

    

Les tabacs sont des plantes annuelles aux fleurs hermaphroditess de la famille des solanacées, originaires d'Amérique du Nord. Il existe une soixantaine d'espèces du Genre Nicotiana, réparties dans trois sous-groupes. Les plants, pouvant atteindre 2 m de hauteur, comportent des feuilles isolées mesurant de 85 cm à  100 cm de longueur. On distingue le tabac d'ornement de celui utilisé pour la production de cigares ou de cigarettes.

Tabac
classification scientifique
Règne: Plantae
Division: Magnoliophyta
Classe: Magnoliopsida
Ordre: Solanales
Famille: Solanaceae
Genre: Nicotiana
Espèces
N. acuminata
N. alata
N. attenuata
N. clevelandii
N. excelsior
N. forgetiana
N. glauca
N. glutinosa
N. langsdorffii
N. longiflora
N. obtusifolia
N. paniculata
N. plumbagifolia
N. quadrivalvis
N. repanda
N. rustica
N. * sanderae
N. suaveolens
N. sylvestris
N. tabacum
N. tomentosa
Ref: ITIS 30562

Sommaire
1 La chaîne de production
2 Consommation
3 Législation française
4 Évolution de la consommation
5 Circuit économique
6 Conséquences sanitaires
7 Voir aussi
8 Lien externe

La chaîne de production

Production

Les nicotiana sont des plantes néotropicales nitrophiles, originaires des régions chaudes et nécessitant un sol riche en
humus. La température et la nature des sols jouent un rà´le prépondérant sur les propriétés du tabac : la culture ne peut s'effectuer qu'entre des températures allant de 15 °C à  35 °C, 27 °C constituant un idéal pour l'épanouissement des plants. On estime la surface cultivée mondiale à  5 millions d'hectares, essentiellement en Asie et en Amérique, bien que sa relative plasticité lui permette d'être cultivée entre le 60e degré de latitude nord et le 40e degré de latitude sud. Le degré de maturation et la méthode de récolte des feuilles constitue un élément essentiel et déterminant pour leur destination. Sous-maturées, les feuilles sont destinées aux capes pour cigares (l'enveloppe extérieure). La récolte en feuilles peut durer plus d'un mois, les feuilles étant récoltées une par une selon la maturation, tandis que la récolte par tige est beaucoup plus rapide car mécanisée, mais au détriment de la qualité.

Ennemis

Maladies

Ravageurs

Taupes, courtillières, limaces, noctuelles, pucerons, hépiale, noctuelles (vers gris), thrips, punaises, etc.

Carences

Autres ennemis

Traitement

Les feuilles de tabac récoltées, elles sont séchées pour éliminer plus de 90 % de leur eau. Les tabacs en feuilles sont classés selon leur variété ou leur mode de séchage :

S'ensuit soit un stockage pour les tabacs fire-cured ou certains light air-cured, soit une fermentation pour favoriser la volatilisation de la nicotine et de l'ammoniac.

Consommation

Historique

Le tabac a été fumé en premier lieu par les
Amérindiens pendant des siècles. En 1560, le tabac arriva en Europe et en France, d'une part introduit par un moine qui le rapporta du Brésil, mais aussi par un diplomate français au Portugal, Jean Nicot.

Appelé nicotiane en l'honneur de son découvreur, le tabac rencontra un grand succès à  la cour de France o๠on lui prêta des vertus thérapeutiques. Toutefois, le tabac fut interdit en Angleterre, dans les pays musulmans, et en Russie o๠l'on risquait la peine de mort.

Le Cardinal de Richelieu instaura une taxe sur le tabac, et Jean-Baptiste Colbert établit un monopole d'état des ventes en 1674. L'usage du tabac se popularisa, et devint la marque du raffinement bourgeois. La cigarette est introduite en France en 1825.

Formes

Le tabac est consommé de plusieurs manières :

Législation française

Le tabac est considéré en France comme une drogue licite. Sa production et sa vente font l'objet d'une réglementation, mais ne sont plus depuis
1995 un monopole d'état. La distribution, assurée par les débitants de tabac, reste le monopole de la SEITA regroupée avec le fabricant national espagnol dans la société Altadis. Elle fait l'objet d'une taxation particulière.

La loi prévoit :

Les lois Veil (1976) et Evin (1991) interdisent :

Évolution de la consommation

Depuis l'introduction en France de la cigarette en
1825, et son industrialisation en 1840, la consommation de tabac n'a cessé de croître jusque dans les années 1980.La seconde moitié des années 1990 a été marquée par une diminution notable du nombre de consommateurs quotidiens : il est actuellement évalué à  25 % de la population française, soit 19 millions de personnes (source : OCDE).

Cette baisse est imputable aux dispositifs des lois Evin et de ses nombreuses modifications : alors que la tabac était retiré de l'indice des prix de l'INSEE, le coà»t pour le consommateur augmentait périodiquement. Ainsi le prix des cigarettes a crà» de 40 % sur la période octobre 2003 - janvier 2004, tandis que de nombreuses mesures d'aide à  l'arrêt du tabac furent promues, comme la médicalisation des substituts nicotiniques.

Circuit économique

La production de tabac, estimée à  plus de 8 millions de tonnes, est dominée par la Chine, les États-Unis, l'Inde, le Brésil, et certains pays de l'ex-URSS. La très grande majorité des pays achètent des tabacs, même lorsqu'ils sont eux-mêmes producteurs : dans ce cas, les importations visent à  suppléer les lacunes en terme de diversité.

La manufacture du tabac est dominée par la Chine, les États-Unis, les pays de l'ex-URSS et le Japon. La cigarette représente l'essentiel de la production, estimée à  plus de 5 000 milliards d'unités en 1993. Les quatre cinquièmes du marché sont dominés par six multinationales aux diverses marques : ce sont, dans l'ordre décroissant de production, l'américain Philip Morris, le britannique British American Tobacco, le japonais Japan Tobacco, les britanniques Imperial Tobacco et Gallaher et le franco-espagnol Altadis.

Conséquences sanitaires

Nicotine et manque

Le tabac est considéré comme une drogue licite dans de nombreux pays. Son principal
alcaloà¯de, la nicotine, possède un effet psychoactif d'excitation ou de calme. L'accoutumance du corps à  la nicotine est très rapide : une consommation modérée de 4 à  5 cigarettes par jour peut suffire à  entraîner une dépendance psychique et physique. De nombreux additifs sont soupçonnés d'être ajoutés par les fabricants dans le but d'accroître la dépendance des consommateurs. C'est le cas de l'ammoniac, qui permet l'inhalation de la fumée sans provoquer de toux et facilite l'absorption de la nicotine. Le sevrage se traduit par des symptà´mes corporels de manque, au réveil notamment, ce manque pouvant conduire à  des troubles de la concentration, une irritabilité, voire des malaises. Le fumeur en manque ressent également psychiquement le réflexe d'allumer une cigarette, le plus souvent dans des circonstances particulières.

Substances toxiques

La fumée résultant de la combustion du tabac comporte plus de 4 000 substances toxiques, dont 50 reconnues cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer : du benzène, du monoxyde de carbone, du formaldéhyde, de la N-nitrosodiméthylamine et de la N-nitrosopyrrolidine durant la phase vapeur de la fumée, alors qu'on a trouvé du goudron, du benzo[a]pyrène, du cadmium, du nickel, de la N-nitrosonornicotine (NNN )et de la 4-(methylnitrosamino)-1-(3-pyridyl-1-butanone) (NNK) durant la phase solide (particules) de la fumée.Certains produits, comme par exemple le polonium 210 sont radioactifs

Risques cardio-vasculaires et respiratoires

La nicotine provoque une accélération du rythme cardiaque et comporte un effet vasoconstricteur, induisant une sous-alimentation des tissus. Les dépà´ts de goudron irritent les voies respiratoires et favorisent l'apparition d'infections respiratoires, puis de la bronchite du fumeur, provoquant une hypoventilation des tissus et une diminution de la résistance aux exercices physiques. Le monoxyde de carbone, quant à  lui, se substitue à  l'oxygène sur l'hémoglobine, et par conséquent diminue l'oxygénation du sang. Il provoque en outre une augmentation du taux de graisse dans le sang, favorisant ainsi les risques d'artériosclérose.

Le tabac est la drogue la plus mortelle, avec plus de quatre millions de morts par an (un mort toutes les huit secondes) et soixante millions de morts pour la seule seconde moitié du XXe siècle, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé. Le tabac se situe bien loin devant l'alcool, qui comptabilise un peu moins d'un million de morts par an. Cette drogue est aussi la cause d'au moins vingt-cinq maladies connues. Le tabagisme passif est une cause croissante de décès en France, malgré les nombreuses interdictions de fumer dans les lieux destinés au public. On estime à  près de 75 % les cas de cancers liés directement ou non au tabagisme.

Voir aussi

Lien externe

Rapport de l'OMS sur le tabac et la santé