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Théories de l'évolution

L'évolution peut être décrite comme le processus par lequel les espèces se modifient par transformations successives à  partir d'autres organismes, et non pas par génération spontanée. L'idée de l'évolution s'est développée au cours des XVIIIe et XIXe siècles.

Le but des théories de l'évolution est une tentative pour expliquer comment les espèces se sont transformés au cours du temps. Ces théories ont commencé par décrire l'évolution en tant qu'aspect de l'existence des êtres vivants (Lamarck et Darwin). Au cours du XXe siècle, la notion d'évolution a été étendue à  la totalité de l'univers, donc à  tous les organismes, depuis les particules sub-atomiques jusqu'à  la société humaine par des universitaires tels que Pierre Teilhard de Chardin, Julian Huxley, James Lovelock (hypothèse Gaà¯a) et David Deutsch, avec une fécondité inégale.

Sommaire
1 L'évolution, faits et théorie
2 La théorie de l'évolution
3 Quelques idées fausses sur la théorie de l'évolution
4 Une très belle image donnée par Richard Dawkins
5 Liens externes
6 Ouvrages sur le sujet

L'évolution, faits et théorie

L'évolution se fonde sur une observation  : beaucoup d'êtres vivants différents ont des points communs. Ce constat est appuyé par plusieurs témoignages :

Si l'on peut constater objectivement ces observations, il faut également expliquer l'origine des espèces. La théorie de l'évolution est, comme son nom l'indique, une construction intellectuelle. Elle est comme telle susceptible d'être renouvelée et est en permanence soumise à  des controverses.

Elle a aujourd'hui fort peu de chance d'être inexacte; en revanche, on ne peut encore la considérer comme complète, et chaque décennie apporte des éléments permettant de la raffiner : ADN mitochondial, gènes architectes, rà´le des prions... Des controverses existent sur tel ou tel point de détail, comme l'existence ou non d'équilibre ponctués (voir Stephen Jay Gould, Richard Dawkins...).

Comme toute théorie scientifique, elle est susceptible elle-même... d'évolution.

La théorie de l'évolution

Historique

La première théorie de l'évolution authentique est due à  Jean-Baptiste de Lamarck, qui publie en 1809 sa Philosophie zoologique. En résumé, il soumettait l'idée de l'hérédité des caractères acquis. S'il ne reste plus grand-chose de cette théorie actuellement, on peut reconnaître à  Lamarck le mérite d'avoir fondé l'évolutionnisme moderne. En 1859, Charles Darwin, un naturaliste anglais, publie De l'origine des espèces. Il y reprend les idées de Lamarck tout en les critiquant et en les modifiant. Darwin ajoute surtout une foule de preuves en faveur de l'idée d'évolution et propose pour la première fois le mécanisme de sélection naturelle; mais il ne remet pas en cause, en tout cas lors des premières éditions, l'idée de conservation héréditaire des caractères acquis.

à€ la fin du XIXe siècle, le moine autrichien Gregor Mendel découvre les lois de la génétique avec ses célèbres expériences des petits pois (dont des tests statistiques de chi2 suggèreront au XXème siècle que l'auteur leur a donné un petit coup de pouce). En 1910, le biologiste DeVries découvre les mutations et les propose en tant que mécanismes de l'évolution. Dans les années 1930, des biologistes comme Thomas Hunt Morgan font beaucoup progresser la génétique, notamment grà¢ce à  l'étude des chromosomes de la drosophile (Drosophila melanogaster ou mouche du vinaigre) qui portent les gènes.

Dans les années 1940, quelques pionniers (Theodosius Dobzhansky, Ernst Mayr, George Simpson et Julian Huxley) fondent la TSE, ou Théorie Synthétique de l'Evolution. Comme son nom l'indique, celle-ci est destinée à  synthétiser et à  englober dans une vision d'ensemble les données accumulées séparément par la génétique, la biologie et la paléontologie. Simultanément, un embryologiste autrichien, Richard Goldschmidt, propose sa théorie du monstre prometteur.

Au cours des années suivantes, la TSE s'imposera plus ou moins sérieusement dans le monde scientifique. Elle subira d'importantes modifications dans les années 1970 ; le généticien japonais Motoo Kimura propose en 1970 la théorie neutraliste de l'évolution moléculaire, o๠il affirme que l'évolution, au niveau des gènes, doit au moins autant sinon plus au hasard qu'à  la sélection naturelle. En 1972, S. J. Gould et N. Eldredge publient leur théorie des équilibres ponctués, qui affirme combler une faille de la TSE : les paléontologues (comme Simpson) affirmaient en effet voir les espèces se transformer toujours très graduellement, et qu'on devrait trouver des fossiles correspondant à  toutes les étapes d'une spéciation. On peut représenter cette idée sur une graphique sous forme de courbe ou de droite. Le problème majeur est de définir sur quel point du graphique se situe les nouvelles espèces. Des biologistes (comme Mayr) pensaient que les apparitions de nouvelles espèces correspondaient à  des événements rares et ponctuels, que l'on peut représenter sous forme d'une escalier, les paliers étant pour les périodes o๠une population ne subit aucun changement. Pour Gould et Eldredge, ce sont les biologistes qui ont raison ; les paléontologues auraient en fait mal interprété les fossiles.

Enfin, dans les années 1980 et jusqu'à  nos jours, les travaux visant à  relier la génétique et l'embryologie réhabiliteront certains aspects de la théorie du monstre prometteur de Goldschmidt.

La théorie moderne de l'évolution

Quelques idées fausses sur la théorie de l'évolution

La théorie de l'évolution est un ensemble théorique complexe, qui ne cesse de donner lieu à  des débats et à  des modifications de nos jours. Si la théorie moderne permet d'expliquer la plupart des observations, il n'en reste pas moins qu'elle sera sans doute amenée à  être retouchée et perfectionnée dans l'avenir.

Une très belle image donnée par Richard Dawkins

Pour se trouver mille ancêtres différents, il faut remonter en arrière de quelques siècles (le calcul est un peu compliqué du fait des fréquents mariages entre parents éloignés). On estime aussi que la moitié au moins des enfants mouraient en bas-à¢ge avant le XIXème siècle.

Il est donc intéressant de se demander combien de ces mille derniers ancêtres sont morts en bas-à¢ge, et la réponse est bien entendu aucun, par définition. Nous ne sommes donc nullement représentatifs de l'humanité passée, car descendants d'une longue lignée de gens qui ont tous eu de la chance pour survivre, trouver un partenaire, et amener une progéniture à  l'à¢ge de la procréation. Une génération peut avoir de la chance. Quand une dizaine en a coup sur coup, on peut supposer qu'elle doit sa chance à  une série de facteurs qui se retrouvent de l'une à  l'autre. Cette considération à  elle seule montre que même à  notre échelle, nous avons participé un tout petit peu, sur les quelques derniers siècles à  l'évolution.

(Il convient de se rappeler aussi que dans le cas de l'homme les facteurs de survie ne sont pas seulement génétiques, mais également culturels)

Liens externes

Ouvrages sur le sujet