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Tolérance

Note : cet article ne remporte pas l'adhésion de tous. Vous pouvez comparer avec un autre plan possible.

La tolérance, du latin tolerare (soutenir, supporter), est une notion qui définit le degré d'acceptation face a un élément contraire à  une règle morale, civile ou physique. Plus généralement, elle défini la capacité d'un individu à  accepter une chose avec laquelle il n'est pas en accord. Et par extension moderne, l'attitude d'un individu face a ce qui est différent de ses valeurs.

La notion de tolérance s'applique à  de nombreux domaines :

Sommaire
1 Tolérance sociale
2 Tolérance civile
3 La tolérance selon Locke
4 Tolérance religieuse
5 Tolérance technique
6 Articles connexes
7 liens externes

Tolérance sociale

La tolérance sociale est la capacité d'acceptation d'une personne ou d'un groupe devant ce qui est contraire à  ses valeurs morales ou les normes établie par la société.

Ce que la tolérance n'est pas

On a souvent tendance à  assimiler la tolérance à  des notions, qui bien que proches sur certains points, se révèlent fondamentalement différentes.

L'indifférence

L'indifférence est de n'éprouver ni plaisir, ni douleur, face a ce que l'on perçoit. Il n'y a aucunement besoin de tolérance face aux choses pour laquelle on n'éprouve pas d'émotion. Par exemple, une personne pour qui les questions de religion ne sont pas une préoccupation, ne peut être qualifiée de tolérante en matière religieuse.

La soumission

La soumission est l'acceptation sous la contrainte. Pour qu'il y ait tolérance, il faut qu'il y ait choix délibéré. On ne peut être tolérant qu'avec ce qu'on a le pouvoir (d'essayer) d'empêcher.

L'indulgence

L'indulgence va plus loin que la tolérance, en cela qu'elle est une disposition à  la bonté, à  la clémence, une facilité à  pardonner, alors que la tolérance peut être condescendante.

Le respect

Le respect suppose que l'on comprenne et partage les valeurs d'une personne ou d'une idée dont l'autorité ou la valeur agit sur nous. Par le respect, nous jugeons favorablement quelque chose ou quelqu'un ; en revanche, par la tolérance, nous essayons de supporter quelque chose ou quelqu'un indépendemment du jugement que nous lui portons : nous pouvons haà¯r ce que nous tolérons.

Tolérance et idéal

La tolérance est généralement considérée comme une vertu, car elle tend à  éviter les conflits. Ainsi Kofi Anan disait-il que « La tolérance est une vertu qui rend la paix possible. Â»

Dans certaines philosophies, comme la philosophie bouddhique, la tolérance est le premier pas vers l'équanimité, c'est-à -dire l'acceptation sans effort. La tolérance envers ce qui nous agresse, est un exercice a pratiquer sur soi-même.

« La tolérance est un exercice et une conquête sur soi. Â», Exercice du bonheur, Albert Memmi

« L'esprit de tolérance est l'art d'être heureux en compagnie des autres. Â», Les poings sur les i, Pauline Vaillancourt

Tolérance et réprobation

Cependant, on considère généralement qu'il n'y a pas de tolérance sans agression, c'est-à -dire qu'on ne peut être tolérant que face à  ce qui nous dérange (c'est-à -dire ce avec quoi on n'est pas en accord) mais qu'on accepte par respect de l'individu (l'humanisme) ou pour la défense d'un idéal de liberté (le libéralisme).

La tolérance par respect de l'individu pourrait se formuler comme :

« Je ne suis pas d'accord avec toi, mais je te laisse faire par respect des différences Â»

La tolérance pour la défense d'un idéal de liberté, est parfaitement illustrée par une célèbre citation attribuée à  Voltaire 1:
« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire Â».

La tolérance est soit choix dicté par une conviction, soit un choix condescendant. Dans tout les cas, pour qu'il y ait tolérance, il faut qu'il y ait choix délibéré. On ne peut être tolérant qu'avec ce qu'on a le pouvoir d'essayer d'empêcher. L'acceptation sous la contrainte est la soumission.

Depuis les années 50, la tolérance est généralement définie comme un état d'esprit d'ouverture à  l'autre. Il s'agit d'admettre des manières de penser et d'agir différentes de celles que l'on a soi-même.

Il est d'autant plus difficile de comprendre un comportement (et éventuellement de l'accepter) qu'on n'en connaît pas les origines. C'est pourquoi l'éducation est souvent considérée comme un vecteur de tolérance.

Ainsi Helen Keller disait « Le meilleur aboutissement de l'éducation est la tolérance. Â»

Tolérance civile

Les mentalités évoluant, sur certains sujets, plus vite que les lois, il existe un décalage entre la morale sociale (celle qu'un groupe légitime) et les lois civiques. Ainsi, certaines dispositions de la loi peuvent, à  un moment donné, être reconnues inadaptées et, de ce fait, n'être appliquées que partiellement ou plus du tout, faute de moyens.

On peut citer en exemple :

Les modalités d'application de la loi qui devraient dépendre des décrets qui les promulguent, dépendent en fait souvent de la disponibilité du pouvoir à  les faire appliquer. Par exemple, les décrets Jean Zay (1936) prévoient l'interdiction du port de signes religieux et politique dans les écoles française, pourtant, la non application de ces décrets a conduits les autorités a soumettre une nouvelle loi sur le même sujet en 2004.

Ainsi Georges Clemenceau disait dans Au soir de la pensée, « Toute tolérance devient à  la longue un droit acquis. »

La tolérance selon Locke

Historiquement, la première notion de tolérance est celle défendue par John Locke, qui est définie par la formule « cessez de combattre ce qu'on ne peut changer Â».

D'un point de vue social, il s'agit de supporter ce qui est contraire à  la morale (ou à  l'éthique) du groupe posée comme un absolu. Il s'agit principalement de réaction face à  un comportement que l'on juge mauvais, mais que l'on accepte parce qu'on ne peut faire autrement. C'est donc à  partir d'une glorification de la souffrance que s'établit une conception éthique de la tolérance.

Le respect de l'individu et de ses idées n'intervient qu'à  partir du moment o๠l'on ne peut convoquer la puissance publique contre sa façon de faire et ce respect globalement n'apparaît dans le droit qu'à  partir de 1948 et de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Dans ce cadre, la tolérance n'est pas une valeur individuelle, mais un dynamisme évoluant entre la réception de la règle et l'aptitude du pouvoir à  la faire respecter.

Cette notion de tolérance dépend donc de la façon dont le pouvoir conçoit sa relation à  la vérité et des moyens qu'il est disposé à  investir pour faire valoir cette conception.

Exemple

Les débats contemporains sur l'homosexualité. Tant que la puissance publique considéra les pratiques de cette minorité comme un délit, il était facile de menacer un homosexuel de la perte de son travail ou d'organiser des chasses aux homosexuels qui demeuraient impunies. Depuis que le délit a disparu du Code civil de la plupart des pays démocratiques, on respecte les individus tout en manifestant contre les projets visant à  leur accorder la pleine jouissance des Droits de l'Homme

Tolérance religieuse

La tolérance religieuse est une attitude adoptée devant des confessions de foi différentes ou devant des manifestations publiques de religions différentes. Exemple, l'édit de Tolérance de 1786 (France) autorise la construction de lieux de cultes pour les protestants à  condition que leur clocher soit moins haut que celui des églises catholiques.

« La secte, c'est l'Église de l'autre. Â», André Comte-Sponville, Dictionnaire de philosophie.

Il faut différencier trois domaines de tolérance religieuse. Tout d'abord, la tolérance inscrite dans les textes sacrés auxquels se réfère la religion. Ensuite, l'interprétation qui en a été faite par les autorités religieuses. Enfin, la tolérance du fidèle, qui, bien que guidé par sa foi, n'en reste pas moins individuelle.

Bien que chaque religion ait évolué plus ou moins indépendamment, on constate trois grandes tendances liées à  trois grandes périodes de l'Histoire.

Le polythéisme antique

Dans le polythéisme antique (avant l'ère chrétienne), il est fréquent de constater des échanges de divinités d'un panthéon à  l'autre, notamment en Europe du Nord et au Proche-Orient. On peut citer par exemple le cas de la civilisation de l'Égypte antique, pour laquelle la tolérance religieuse était un pilier (sauf pendant la période d'Akhenaton) et dont le pays a abrité, à  de nombreuses époques, des temples de divinités étrangères (Baal, Astarté, etc.). De même pour Rome avec l'adoption de la déesse Isis.

On ne peut parler de tolérance dans le cas du panthéon romain dont le culte se confond avec celui de la ville, puis de l'empereur à  partir d'Auguste.

Ce n'est qu'en 311 qu'un édit de tolérance, l'édit de Milan décrète la liberté de tous les cultes.

Le monothéisme

Avec le développement du monothéisme (judaà¯que, chrétien, puis islamique) apparaît la notion d'exclusivité du divin.

On comprend donc que la tolérance n'est pas une vertu intrinsèque de telle ou telle religion mais dépend du choix de ses hommes et de ses hiérarchies comme de leur capacité à  s'associer à  un pouvoir.

Le dialogue interreligieux

La tolérance n'a donc pas de tout temps existé. Déjà  Platon, d'après une rumeur colportée par Diogène Laà«rce, aurait voulu brà»ler en place publique les Å“uvres de Démocrite. L'ouverture de la culture grecque aux cultures extérieures et le dialogue continuel des philosophes entre eux ont généré un climat intellectuel tendu mais propice aux echanges et à  la réflexion. C'est la philosophie des lumières qui transforme ce qui semblait une faiblesse chez Augustin d'Hippone, théoricien de la persécution légitime, tel que le présentait Bossuet.

Le symbole du tournant est cette phrase de Voltaire: je n'aime pas vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer. Il se constitue alors un mouvement intellectuel luttant contre les intolérances du christianisme : « De toutes les religions, la chrétienne est sans doute celle qui doit inspirer le plus de tolérance, quoique jusqu'ici les chrétiens aient été les plus intolérants de tous les hommes. Â» (Dictionnaire philosophique, article « Tolérance 7).

Le développement des Sciences religieuses dans la philosophie allemande du XIXe siècle a permis la mise en Å“uvre d'un savoir laà¯c sur le phénomène religieux qui est perçu comme une menace par les religions. Tel fut l'enjeu de la crise moderniste, tel est encore l'enjeu de bien des conflits ayant à  voir avec le phénomène religieux.

Les moyens de transport et de communication du XIXe et du XXe siècle ont permis des échanges culturels qui ne facilitent pas autant le dialogue interreligieux. La démocratisation du voyage se fait par la méthode du voyage organisé qui permet rarement la rencontre de l'autochtone. En revanche, les échanges d'étudiants, jusqu'ici réservés aux classes supérieures des pays développés, pourrait améliorer la situation par des financement européens, tel le programme ERASME.

Du fait de la vocation de la plupart des religions à  n'enseigner que ce qu'elles croient vrai désignant par toutes variantes du faux tout ce qu'elles n'ont pas exprimé elles-mêmes (méthode des épicycles coperniciens décrite pour la première fois dans le domaine religieux par John Hick dans God has many names (1988) et popularisé par depuis par Régis Debray dans Le Feu sacré : Fonction du religieux, Fayard, 2003), on ne peut dire que la culture religieuse de l'européen moyen ait grandement avancé.

La réflexion sur la vérité religieuse, pourtant bien amorcée par Michel de Certeau s.j. dans L'invention du quotidien, t. II : manières de croire n'a été reprise par aucune religion. Le croyant ignore donc le sacré des autres et exige des mêmes autres la révérence en ce que lui croit, révérence qu'il n'est pas prêt à  manifester à  l'égard de ses interlocuteurs.

Comment les religions actuelles conçoivent-elles la Tolérance ?

Voir article spécialisé : tolérance religieuse

Tolérance technique

La tolérance en technique est la marge d'erreur acceptable, ou la capacité de résistance à  une agression.

Dans les sciences appliquées, la tolérance est souvent synonyme de capacité de résistance à  un problème, une agression.

Génie mécanique

électronique

De part leurs techniques de fabrication très critiques,tout les composants électroniques, ont des plages de fonctionnement et des rendements assez irrégulier, ceux-ci peuvent varier du simple au double, voir plus pour les gains des transistors. L'industrie électronique à  donc mis en place tout un système de repérage et de marquage des tolérance sur les composants. Bien souvent, c'est seulement après certains tests de validation, que le marquage des composant est effectué avec les indications adéquates.

Informatique

En informatique les logiciels, vu leur complexité croissante, ne sont pas parfait et ont une plus ou moins grande capacitée à  tolérer les erreurs de toutes sortes: Erreur interne, erreurs humaine de saisie, erreurs du matériel, ou erreur de programme tiers. Lesquelles, si elle sont mal gérées peuvent induirent des défaillances et donc un comportement erratique du dit ordinateur, lequel est sencé ne jamais commettre d'erreur.

Une grande partie des problèmes de tolérance des logiciels vient du fait que les développeurs présupposent trop souvent de la plage de donnée que le programme va recevoir de la part des systèmes interagissant (utilisateur, système d'exploitation, etc.). En dehors des bugs provenant des erreurs de programmation, les disfonctionnements du programme sont souvent due à  des cas non prévu.

Voir aussi :

Immunologie

En immunologie, la tolérance est la capacité d'un organisme à  accepter la présence de corps étrangers dans son environnement. Cette tolérance a une importance capitale dans le processus de greffes d'organes.

Pour en savoir plus : tolérance immunologique.

Tolérance monétaire

Dans le vocabulaire monétaire la tolérance désigne l'écart maximum admis entre le titre ou le poids réels et l'équivalent légal d'une monnaie.

Articles connexes

liens externes


1. La seul version connue de cette citation est de l'écrivain anglaise Evelyn Beatrice Hall, « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it. Â», The Friends of Voltaire, 1906. Elle s'inspire de la lettre à  monsieur le Riche (6 février 1770) o๠Voltaire écrit « Monsieur l'abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à  écrire. Â»


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